« Les AA ont été ma planche de salut »

Publié le par kreizker

in "Le Journal Saint-François" (Québec), 16 juillet 2015

Le mouvement des Alcooliques anonymes a été fonde par William Wilson (Bill W) et Robert Smith (Dr. Bob). Aujourd’hui, la fraternité compte des milliers de membres partout dans le monde.

Le mouvement des Alcooliques anonymes a été fonde par William Wilson (Bill W) et Robert Smith (Dr. Bob). Aujourd’hui, la fraternité compte des milliers de membres partout dans le monde.

Pascal (nom fictif) a fait son entrée chez les Alcooliques Anonymes (AA) en 2006. Maintenant abstinent, il ne changerait jamais sa pire journée alors qu’il est sobre, contre sa meilleure lorsqu’il consommait.

 

 

 

«En boisson, j’ai blessé plusieurs personnes, dont ma famille. L’alcool passait souvent en premier. J’appelais à la maison à l’heure du souper pour dire que je m’en venais. Pourtant, je ne rentrais qu’aux petites heures. Je ne suis pas fier de cela. Je l’ai fait et je l’assume, mais c’est difficile de regagner la confiance des gens à la suite de cela», raconte-t-il.

Ayant commencé à consommer de l’alcool au début de son adolescence, Pascal assure qu’il ne pourra jamais envisager de boire socialement. « C’est simple, dans mon cas une bière c’est trop, mais 24 ce n’est pas assez. À l’occasion, j’ai encore des images de mon passé qui remontent lorsque je vais dans des soirées. Cependant, je me souviens de comment j’étais et cela est exactement ce que je ne veux pas redevenir », mentionne celui qui après six ans de sobriété se présente encore comme étant alcoolique lorsqu’il va dans une réunion des AA.

Le chemin de la rémission

Différents événements ont poussé l’homme dans la quarantaine à demander de l’aide. Toutefois, il précise qu’il n’a jamais vécu de période d’itinérance. «C’est malheureusement une fausse croyance. Une personne n’a pas besoin de se retrouver couchée sur un banc de parc pour être un alcoolique. Je connais des médecins, des sportifs de haut niveau et même des hommes d’affaires prospères qui sont membres des AA.»

Conscient qu’il avait un problème avec l’alcool, il s’est rendu par lui-même dans une réunion des AA. «Je m’en rappelle comme si cela était hier, je n’étais pas capable de dire que j’étais alcoolique. Je croyais que j’étais simplement un bon vivant. Je connaissais plein de monde. Je me demandais pourquoi ils ne venaient plus au bar. Je l’ai su assez vite. J’étais tellement gêné. Pourtant, ces personnes étaient là pour les mêmes raisons que moi.»

L’accueil

Pascal raconte que jamais il n’avait été accueilli de cette façon peu importe l’endroit où il se trouvait. «Les gens sont venus me voir et m’ont salué avec le sourire et de la simplicité. J’ai alors réalisé que c’est là que je voulais être. Je regardais dans leurs yeux et je voyais de la sincérité. Cela faisait longtemps ce ne m’était pas arrivé. J’ai parlé et écouté. C’était spécial. Dans une salle des AA, tu peux parler de tout. Surtout de la façon que tu te sens et que tu vis tes émotions. »

Bien qu’il confesse avoir fait la fête à de nombreuses reprises, Pascal préfère parler d’abstinence. « J’ai été très chanceux. Je me suis senti bien dans une salle de réunion dès que j’y ai mis les pieds. J’aurais bien pu ne pas aimer. Je serais alors retourné consommer. Dans le mouvement, afin de m’aider à rester sobre, je me suis impliqué. J’ai fait plusieurs tâches. À titre d’exemple, je fais surement le meilleur café au monde pour les AA », dit-il, sourire en coin.

Celui qui dit être reconnaissant envers le mouvement AA, insiste pour dire que malgré les années d’abstinence ce n’est pas toujours facile. « Rien ne peut garantir que je ne boirai pas aujourd’hui. Une niaiserie peut donner la soif. C’est pourquoi on parle d’un programme de 24 heures à la fois. J’ai même déjà entendu des gens dirent, qu’ils prenaient cela une minute à la fois. Mais une chose est sûre, avec les années, je sais que la porte des AA est ouverte pour moi quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. »

Congrès

Le goût de donner au suivant est un gage de succès selon Pascal. C’est pourquoi il sera présent le samedi 15 août lors du congrès des AA à Salaberry-de-Valleyfield au Collège de Valleyfield. «Si un nouveau se présente cette journée, je veux être là pour lui. C’est pour cette raison que je suis abstinent. Je souhaite faire la différence. Les AA m’ont aidé, en tant que membre, il est de mon devoir d’ouvrir ma porte aux nouveaux.»

 

 
Alcooliques Anonymes
Pour rejoindre le mouvement des Alcooliques Anonymes, les intéressés doivent composer le 450 371-8582.

Publié dans AA Québec

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