Aux Alcooliques Anonymes, «on est tous à égalité»

Publié le par kreizker

in "La Dépêche" (France), 28 novembre 2011

 

Les groupes de parole se retrouvent le mercredi

Les groupes de parole se retrouvent le mercredi

Mercredi, le groupe francophone des Alcooliques Anonymes (AA) de Cahors  a célébré son 24e anniversaire. Une réunion de partage avait pour thème la joie de vivre.

Le dernier mercredi de chaque mois, les Alcooliques Anonymes organisent une réunion ouverte de partage. C'était le cas ce mercredi à Cahors. «Nous avons des contacts avec nos alliés naturels, les soignants, les policiers, les centres de soins, les familles. On explique ce que sont les AA», précise Marc. Ils se retrouvent par groupes de 8 à 15 personnes, tous les mercredis soirs, salle de l'Îlot du lavoir. Ensemble, ils échangent sur des thèmes comme la souffrance, la spiritualité. Seule condition pour venir, avoir le désir d'arrêter de boire.

«Ça me permet d'échanger avec des personnes qui souffrent de la même maladie que moi. Arrêter de boire ne suffit pas, il faut trouver le moyen de trouver une vie pleine confie Florence. Les AA, c'est une boîte à outils et chacun prend ce dont il a besoin pour poser le verre.» «Avant de pousser la porte, j'étais arrivé à un état de désespérance, je ne voyais pas comment je pouvais vivre sans alcool. Ici, je pouvais parler de ça à des gens qui me comprenaient, abonde Lili. Je suis le dernier petit bébé du groupe, je fête mes un an d'abstinence en janvier. J'essaie de sortir de 40 ans d'alcoolisme, et une bonne dizaine de tentatives de sevrages tous azimuts. J'ai poussé la porte et le miracle a eu lieu. Ici, on ne juge pas.»

«J'ai essayé plein de choses qui n'ont pas marché. La première réunion a été décisive. Il y a une bienveillance, une chaleur que je n'avais pas trouvées jusque-là. Avec l'alcool, j'ai fait le tour du monde mais en sous-marin», témoigne Rachel. «Les gens prennent l'alcool pour une tare. On a des difficultés avec notre entourage, c'est une réaction logique. Mes proches ne comprenaient pas que je pouvais être dans la souffrance. Tant que j'étais dans l'alcool, impossible de le faire comprendre. On est honteux», intervient Florence. «Quand on pousse la porte, on est tous à égalité. Ce qui va être dit ne sortira pas de la salle : l'anonymat, c'est une façon de nous protéger. Nous ne sommes pas une secte, mais une famille», conclut Marc.


Le chiffre :

3 millions d'alcooliques. C'est le nombre d'alcooliques recensé par le milieu médical en France.


Les origines du mouvement

La naissance des AA remonte à 1935 à Akron en Ohio. Elle résulte de la rencontre entre un agent de change et un chirurgien qui avaient un passé d'alcoolique «irrécupérable». Ils ont échangé sur leur mal-être, leur désir d'avancer. Ils ont fondé les AA pour aider d'autres personnes qui souffraient d'alcoolisme et pour rester eux-mêmes abstinents. L'association s'est développée par la formation de groupes autonomes qui ont vu le jour, d'abord aux États-Unis, pour ensuite se multiplier à travers le monde.

 

Groupe AA francophone 

Ilôt du Savoir - 333, Rue Nationale - 46000 Cahors

Adresse courrier : Espace Social Citoyen du Vieux Cahors - 5 place Henri IV

Publié dans AA france

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