Addiction alcoolique. Un coup de fil c'est un premier pas pour s'en sortir

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France, Bretagne), 8 décembre 2015

 

L'association des Alcooliques Anonymes organise samedi localement une journée d'écoute téléphonique non-stop. Un premier contact suffit parfois pour trouver le moyen et l'énergie de s'en sortir...

 

L'association des Alcooliques Anonymes organise samedi une journée de sensibilisation. Il s'agit d'une main tendue aux personnes qui « ont un problème avec l'alcool », aimeraient bien en sortir, se heurtent à leurs propres limites et ne savent à qui confier leur mal-être... Cette main tendue, en réalité, les bénévoles des deux groupes des « AA » de Saint-Brieuc, auxquels se joignent ceux de Ploufragan, l'offrent en permanence à leurs alter ego. Ces bénévoles sont tous passés par l'addiction alcoolique, l'ont dominée avec le soutien de l'association, et consacrent désormais une part de leur temps libre à aider les autres. Ils animent des réunions mensuelles et des permanences téléphoniques qui, grâce à une organisation qui requiert une forte implication des écoutants bénévoles, sont accessibles tous les jours et 24 h sur 24.

Anonymat strictement respecté


Leur action, généralement discrète, se fait connaître publiquement lors de cette journée annuelle, afin d'atteindre de nouveaux bénéficiaires potentiels. « Mais le principe d'anonymat à la base de notre action est toujours respecté, aussi bien pour les bénévoles que pour les personnes accueillies », explique François, l'un des organisateurs. On ne saura ni son vrai prénom, si rien d'autre sur lui, sinon qu'à 72 ans, il est abstinent depuis 24 ans. Et qu'il a posé son dernier verre grâce à l'écoute et à la chaleur humaine qu'il a trouvée aux Alcooliques Anonymes. Aujourd'hui, il se donne beaucoup de mal pour faire partager son expérience et tenter de « sauver » quelques-uns de ses semblables de l'alcoolisme.

« Lutter contre la solitude qui renvoie à l'alcool »


« Vous savez, celui qui boit est souvent un hypersensible, un faible qui ne sait pas dire non. Après les périodes de cure, durant laquelle vous êtes entouré, vous vous retrouvez souvent dans la solitude qui renvoie vers l'alcool, tandis que votre famille dévastée s'est éloignée », raconte en substance François. Il évoque encore avec émotion son premier contact avec l'association. « Alors que je touchais le fond, des personnes m'ont accueilli chaleureusement et surtout, je me suis reconnu dans leurs parcours, ce qu'elles disaient m'était familier. Je n'ai même pas eu de mal à cesser de boire. »

Un parcours en douze étapes


Le travail sur soi, ensuite, se fait à raison d'une réunion par semaine. Mais François, les premiers temps, passait chaque jour chez les AA pour trouver l'amitié et le soutien qui l'aidaient à tenir. « Le chemin vers la guérison se fait selon un parcours en douze étapes. Physiquement, on récupère très vite. Dans la tête, c'est autre chose. L'envie d'alcool se fait sentir longtemps, et il est essentiel de changer de mode de vie pour éviter ses anciens compagnons de boisson », explique le bénévole. La tâche est parfois ingrate, et les rechutes ne sont pas rares, parmi la trentaine de bénéficiaires nouveaux reçus chaque année par les AA de Saint-Brieuc. Mais décrocher son téléphone, c'est déjà un premier pas vers la résurrection... Il n'y a ni cotisation, ni engagement, ni besoin de décliner son identité... 

Pratique 
Samedi, les Alcooliques Anonymes à votre écoute, tél. 02.96.62.31.06, de 9 h à 19 h.

 

Publié dans AA Bretagne

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