"Alcoolisme d'un proche: possible de trouver de l'aide"

Publié le par kreizker

in "Le Canada Français", 13 janvier 2016

"Alcoolisme d'un proche: possible de trouver de l'aide"

Nathalie Pilon représente les groupes familiaux Al-Anon depuis sept ans. L'alcoolisme de son partenaire la touche toujours, mais ne la paralyse plus. 

L'alcoolisme d'un être cher peut rendre les proches à bout et les faire flirter avec toutes sortes d'émotions… et d'idées. Témoignage de deux femmes qui ont trouvé de l'aide auprès de l'organisme Al-Anon.

Un soir, Nathalie Pilon rentre de travailler. Elle trouve son conjoint saoul. Encore. Frustrée, elle lui écrit un message provocateur sur le miroir de la salle de bain. Catastrophe. Son mari réagit fortement, forçant l'intervention des policiers.

«Voulez-vous qu'on amène votre conjoint au poste, madame?» demandent les patrouilleurs. «Non», répond calmement la Johannaise.

Après ce soir-là, Nathalie Pilon décide de chercher de l'aide. Pas nécessairement pour son conjoint. Plutôt pour elle. Elle se rend chez Al-Anon, un groupe d'entraide.

Et elle dit à sa marraine: «je suis tellement écœurée! Je veux le laisser!»

À son grand étonnement, sa marraine lui donne une réponse-choc. «Nathalie, tu n'es pas venue ici pour le laisser, tu es venue ici pour trouver des trucs pour qu'il arrête de boire.»

Aide

Les groupes familiaux Al-Anon aident les personnes préoccupées par la consommation d'alcool d'un membre de la famille immédiate, un parent, un ami, un collègue de travail, un employeur, etc.

À Iberville (500, 1re rue), les rencontres ont lieu tous les mardis, à 20 heures. Le programme est basé sur les Douze Étapes des Alcooliques anonymes (AA), adapté aux besoins de l'entourage de la personne pris avec une dépendance à l'alcool ou à d'autres substances.

Lâcher prise

Même si les membres de Al-Anon vivent des situations différentes, la peur, la colère, le ressentiment et la solitude sont quelques conséquences communes de l'alcoolisme.

Al-Anon avance que critiquer, condamner ou utiliser des représailles ne fonctionne pas pour résoudre le problème de consommation de l'être aimé.

Il faut plutôt améliorer sa propre attitude et son propre état d'esprit. Cela prend du temps. Mais le résultat est prometteur, selon la fraternité.

«J'ai appris à lâcher prise», indique Nathalie Pilon. J'ai désamorcé le problème en adoptant une attitude positive. Aujourd'hui, mon mari ne se cache plus. Il sait que je suis là pour l'aider et il fait de réels efforts pour se contrôler. S'il dérape, il sait que je me revire de bord. On a toujours un plan B.»

Mode de vie

Adopter une idéologie comme celle de Al-Anon peut être bénéfique dans plusieurs sphères de la vie. Émilie Gagné, qui utilise un pseudonyme afin de garder l'anonymat, raconte son expérience.

«Mon chum est en rechute. Mes enfants ne le savent pas. Avant, je l'aurais menacé de leur dire. Aujourd'hui, je sais que ça ne sert à rien. Il refuse d'aller aux AA. Je ne peux pas faire grand-chose. Il n'y ira pas plus à cause que je le menace. C'est son choix.»

Émilie Gagné assiste aux réunions de Al-Anon depuis cinq ans. Deux heures par semaine, c'est ce qui lui permet de ventiler et d'apprendre comment intégrer différentes notions de bien-être dans son quotidien. Pratiquer le détachement et savoir mettre ses limites sont deux thèmes qui l'ont aidé dans sa vie personnelle et professionnelle.

«Le mode de vie proposé par Al-Anon me fait grandir dans mon milieu du travail et a réglé mon problème de dépendance affective. J'ai plus confiance en moi. Je ne cherche plus à régler les problèmes de mes collègues. Maintenant, je me dis : «Est-ce que c'est de tes affaires? Non? Alors, ne t'en occupe pas», lance Émilie Gagné.

Patience, écoute et croissance personnelle

Les deux femmes, devenues amies à travers Al-Anon, continuent de cheminer, un jour à la fois. «L'alcoolisme, c'est une maladie sournoise. Si mon chum était diabétique, je ne le laisserais pas à cause d'un problème de sucre! Ce n'est pas de voir la vie en rose, mais de voir du positif, tout simplement», conclut Nathalie Pilon.

«J'ai appris à dialoguer en douceur avec mon chum plutôt que de le menacer. Peut-être ira-t-il aux AA un jour», de souhaiter Émilie Gagné.

Les rencontres Al-Anon sont gratuites. Elles ont lieu chaque mardi, à 20 heures. Le local est situé au 500, 1re rue, Saint-Jean-sur-Richelieu (secteur Iberville).

Publié dans ALANON ALATEEN

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