« Les Alcooliques Anonymes ont été mon médicament pour m’en sortir »

Publié le par kreizker

in "Le Pays d'Auge" (France), 22 février 2016

Christophe et Sébastien ont réussi à se sortir du cercle infernal de l’alcool, en intégrant les réunions des Alcooliques Anonymes à Trouville-sur-Mer (Calvados).

Christophe et Sébastien se rendent chaque mardi soir aux Alcooliques Anonymes, à la maison des associations de Trouville.

Christophe et Sébastien se rendent chaque mardi soir aux Alcooliques Anonymes, à la maison des associations de Trouville.

Mardi, 20h30. La réunion des Alcooliques Anonymes s’achève à la maison des associations à Trouville-sur-Mer (Calvados). Parmi ces anciens dépendants se trouve Christophe, 48 ans. Il a commencé à boire à l’âge de 14 ans. « À l’internat en Belgique, je buvais de la bière ». Puis à la majorité, « c’est devenu monnaie courante ». Ses nuits d'ivresse s’enchaînaient Pastis, vins, bière,….

Pour une fête réussie, il devait y avoir une bonne dose d’alcool.

Après son mariage, et la naissance de ses deux enfants, Christophe n’arrêtait pas la bouteille. Cette dépendance influait sur son couple, et l’a conduit jusqu’au divorce.

J’ai déménagé à 800 kilomètres, en direction du pays d’Auge, et j’ai refait ma vie avec une autre femme.

Pour autant, il n’a pas stoppé la boisson, même lorsqu’il a créé sa propre entreprise. Jusqu’à ce jour « marquant », où il est rentré saoul à son domicile, il est tombé dans les marches, et il a vu sa fille de trois ans, le regardant médusé. « Ce n’est pas évident d’accepter », constate-t-il, aujourd’hui. Après cette scène choc, il a découvert les réunions des alcooliques anonymes. C’était il y a six ans. « J’écoutais les témoignages, et je me reconnaissais ». Courage, sérénité, et sagesse ont été ses maîtres mots. Depuis, il n’a pas retouché à une goutte d’alcool

Les alcooliques anonymes ont été mon médicament pour m’en sortir.

Comprendre l’origine de l’addiction

Sébastien, lui aussi, était accro à la boisson. Cet ancien soldat s’est réfugié dans l’alcool, lorsqu’il s’est retrouvé sans emploi. « Je buvais des apéros tous les soirs ». L’apéro journalier s’est transformé en bouteille quotidienne. Une descente aux enfers qui l’a conduit à des problèmes financiers. Il est parti vivre chez sa mère pour retrouver une situation financière stable. Sans pour autant arrêter de boire.

J’en avais conscience, mais je m’en foutais. Je commençais à 11h pour terminer en milieu d’après-midi. J’étais saoul à chaque fois.

Mais, le week-end de la Pentecôte 2015, « j’ai eu un véritable trou noir ». Un déclic qui l’a amené à vouloir soigner sa dépendance. « Du jour au lendemain, je me suis sevré ». Grâce à Christophe, il a intégré le cercle des alcooliques anonymes. « J’ai réussi à comprendre pourquoi je suis parti en vrille ». Parfois, Sébastien a l’envie de se servir un verre. Mais il chasse très vite ce désir. « La solution, c’est nous-même ».

“L’alcoolisme est une maladie familiale”

Née aux États-Unis en 1951, l’association Al-Anon vient en aide aux proches des personnes alcooliques. Comment ? En partageant les expériences, les problèmes, et en suivant un programme de douze étapes. À Trouville, les membres se réunissent une fois par semaine. Les histoires des uns, s’entrechoquent avec celles des autres. Un mari alcoolique, un enfant dépendant qui ne s’en est pas sorti…..«  On ne boit pas, mais on souffre beaucoup », témoigne Jeanne (prénom d’emprunt), présente dans l’association depuis les années 1980.

Voir quelqu’un se démolir sous nos yeux, c’est difficile.

Entre la culpabilité, la colère, et la volonté d’aider son proche, l’entourage est victime du fléau de l’alcool. « Plus souvent qu’on ne le pense ». À chaque séance, un thème est abordé et chacun donne sa pensée. Sans poser de questions, sans jugements. « Quand je suis arrivée chez les Al-Anon, j’étais rassurée de voir que ça ne venait pas de moi », explique une mère de famille, dont le fils était alcoolique. L’effet de groupe permet de trouver les solutions pour aider son proche, sans s’oublier soi-même.

L’alcoolisme est une maladie qui concerne toute la famille. Il faut savoir se détacher avec amour.

Pratique : Les Alcooliques Anonymes, tous les mardis à 19 h 30 au 58, rue Guillaume Le Conquérant à Trouville. Association Al-Anon : alanon14@orange.fr, 0695910946

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