"Il faut associer les Alcooliques Anonymes à la formation des médecins généralistes"

Publié le par kreizker

in "Le Soir" (Belgique), 4 août 2016

Jérôme Burlandiny, auteur de «Gamma-GT: un roman à l’eau de vie» (Chloé des Lys éditions)

Un cours spécifique de 18 jours sera bientôt proposé aux médecins généralistes qui veulent se former à mieux aider leurs patients à modérer leur consommation d’alcool. Un bon début, estime l’auteur, qui apprécierait que les AA soient associés à cette démarche.

Enfin, ça bouge. Les généralistes sont en effet en contact privilégié, non seulement avec le patient à risque, mais aussi avec ses proches. Le médecin de famille est la première autorité à déceler la maladie ou, plus pudiquement le problème, et, par conséquent le premier à pouvoir mettre en garde le buveur contre les dangers de sa pratique immodérée. Une formation spécifique des généralistes ne peut donc être que la bienvenue. On se demande d’ailleurs pourquoi elle n’a pas lieu pendant les années d’études… Mais comme apparemment, la démarche du généraliste vers ces formations sera basée sur le volontariat, et quand on connaît l’emploi du temps déjà surchargé de nos braves petits soldats de la santé, il n’y a plus qu’à espérer. Mais ne boudons pas notre plaisir…

Face au médecin, il y a trois sortes de patients ayant des « problèmes d’alcool » :

– Ceux qui boivent beaucoup – trop ? – mais qui sont encore capables d’arrêter ou de modérer sérieusement.

– Ceux qui sont déjà atteints par la maladie alcoolique mais le nient, défendant leur verre.

– Et ceux qui s’avouent alcooliques mais qui s’avouent aussi incapables d’arrêter.

Face à l’alcool, il y a trois sortes de médecins généralistes :

– Ceux qui sont eux-mêmes dedans et n’arrivent pas à s’en sortir.

– Ceux qui n’y connaissent rien et qui vont même jusqu’à conseiller « un petit verre raisonnable » à leur patient alcoolique. Cas vécu par un ami après un an d’abstinence.

– Enfin, ceux qui, comme un autre ami l’a vécu, inscrivent le numéro d’appel des Alcooliques Anonymes sur une feuille de prescription. Ces derniers praticiens minoritaires, en toute humilité, reconnaissent l’impuissance de la seule médecine face à l’alcool.

Une concertation indispensable

Il est cependant étonnant que ces trois universités et la société scientifique de médecine n’associent pas les AA dans leur démarche.

Qui sait que chaque grand – ou petit – établissement hospitalier qui se respecte abrite les réunions d’un groupe AA. Rien qu’à Namur, il y en a quatre qui mettent un local à la disposition du mouvement.

Qui sait qu’après une cure de désintoxication alcoolique l’établissement hospitalier conseille au patient, fraîchement débarrassé de sa dépendance physique au produit, de rejoindre un groupe de parole qui s’occupera de diminuer progressivement sa dépendance mentale ? Accompagnement sans lequel toute rechute est inévitable.

Chaque groupe AA organise une fois tous les deux mois une réunion ouverte à tous. Alcooliques ou pas. Elles permettent à chacun de s’informer au cœur même de ce qui fait le succès et l’efficacité du programme de rétablissement AA : les réunions.

Dans le programme des 18 jours proposés aux futurs candidats généralistes-alcoologues, a-t-on pensé à inclure la participation des médecins ne fût-ce qu’à une réunion ouverte ?

Parce que, si après ces 18 jours, le médecin n’a amélioré que son diagnostic et n’a toujours pas intégré le côté incurable de la maladie et la nécessité d’une abstinence totale, si sa thérapie se borne toujours à l’exhortation de la volonté ou à l’envoi en cure sans post-programme de soutien, on n’aura pas trop fait avancer le bouchon.

Quand on lit le docteur Bernard Dor, expert en alcoologie pour la SSMG et un des initiateurs du programme : «  Pendant longtemps, l’alcoolisme a été perçu par le corps médical comme incurable et l’intervention était dirigée essentiellement vers des conséquences somatiques graves et terminales. », on peut se demander s’il a lu la définition de l’alcoolisme fournie par l’OMS : «  Maladie progressive, incurable et mortelle ».

Alcoolique, c’est comme ministre ou putain, il suffit de l’avoir été une fois pour garder le titre toute sa vie. Tant que le corps médical ne reconnaît pas qu’un seul verre, même après des années d’abstinence, peut provoquer une rechute fatale, tout programme restera vain. Actuellement, on ne guérit pas de l’alcoolisme. On peut tout juste stabiliser la maladie par une abstinence totale. En ne prenant pas le premier verre, un jour à la fois.

 

A propos de Jérôme Burlandiny
"Il faut associer les Alcooliques Anonymes à la formation des médecins généralistes"

Ce roman n'est qu'un roman.

 

Les personnages qui s'y promènent marchent encore, ou ont longtemps marché, sur le fil tendu de l'alcool. Comme des équilibristes sans filet. 

Un fil qui les reliait à leurs rêves d'un monde où ils semblaient pouvoir mieux vivre.

Un fil qui est devenu leur cocon et leur nasse. 

Un fil qui les relie entre eux aujourd'hui.

L'auteur, Jérôme Burlandiny, les a composés trait à trait, en y mettant certains des siens. 

Jérôme Burlanduny est un pseudonyme choisi par l'auteur pour respecter l'anonymat, ce pilier fondateur des AA.

Si ces séquences de vie ont pour contexte le mouvement des Alcooliques Anonymes, le roman ne se veut pas un documentaire, ni un plaidoyer pro-AA, ni anti-alcool.

Simplement une fiction, avec des histoires de naufrages, de renaissance, d'amitiés, de rechutes, ...

Une histoire sans véritable fin, puisque la maladie alcoolique est incurable.

Rose-Marie : quinquagénaire célibataire et son penchant pour le porto.

Serge : le buveur socialement correct devenu accro à son insu.

Jacques : le narrateur, sage en apparence, qui détaille son parcours depuis l'enfance.

Louise : mère divorcée qui veut récupérer affectivement son ado de fille.

Des fils qui se croisent, se nouent, s'éloignent et brisent. Des espoirs qui naissent, s'enracinent ou s'évaporent.

  • N° ISBN : 978-2-87459-861-6
  • Auteur : Jérôme Burlandiny
  • Année de parution : Septembre 2015

Publié dans divers AA

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