"Quand la parole évite la rechute"

Publié le par kreizker

"Quand la parole évite la rechute"

 

in "Sud-Ouest" (France), 30 mai 2017

Demain soir, à la Maison des associations, les Alcooliques Anonymes proposent une réunion publique, suivie d’une projection.

Chaque mercredi et vendredi, ils se retrouvent au numéro 1, place Saint-Vivien. Alain et Jacques font partie de l’association des Alcooliques Anonymes (AA) de Saintes. À l’occasion du 23e anniversaire du collectif, ils vont investir la Maison des associations, rue du Cormier.

 

Le groupe saintais y organisera une projection du film « Dans l’enfer de l’alcool », précédée par une réunion ouverte au public, dès 19 h. Le film raconte les origines du mouvement des Alcooliques Anonymes, fondé en 1935 par les Américains Bill Wilson et Bob Smith.

L’objectif de la manifestation est simple : montrer le déroulement d’une séance et sensibiliser les proches du malade alcoolique, pour assurer une meilleure appréhension de sa situation. Ces réunions accessibles à tous sont rares, elles ont lieu seulement deux fois par mois. En effet, ce genre de remise en question publique s’avère parfois très douloureuse. Une dose de courage considérable est nécessaire lors d’une telle rencontre, où il faut affronter le regard de sa famille et de ses amis : « Ça fait mal. Il faut être bien rétabli pour y aller », assure Alain. Mais des prises de parole comme celles-ci sont essentielles pour remonter la pente. « Ça permet de se rendre compte du changement », indique Jacques. Alain précise aussi l’importance de ces réunions de partage ouvertes, pour « aider à comprendre comment fonctionne un alcoolique ».

La peur de la rechute

Comme les autres membres du collectif, les deux hommes ont vécu des moments sombres à cause de l’alcool. Alors, même si Alain n’a pas repris le verre depuis douze ans et Jacques non plus lors des six dernières années, ces deux quinquagénaires continuent leur combat quotidien « 24 heures après 24 heures ».

Jacques et Alain le reconnaissent, ils ne guériront jamais. « Peut-être que je vais craquer demain, on ne peut pas savoir », admet Alain. C’est pour cette raison qu’ils reviennent, chaque semaine, discuter et partager leurs expériences avec la vingtaine de participants. Ils viennent donner des conseils à ceux qui traversent une passe difficile, sans jamais juger quiconque. Chez les AA, un seul mot d’ordre : transmettre à l’alcoolique qu’il peut s’en sortir. Et cette mission passe par l’échange entre souffrants.

Viser le retour à la vie normale

Pour plusieurs adhérents de l’association, les passages les plus dramatiques ont précédé l’arrivée aux Alcooliques Anonymes. Problèmes d’argent, isolement et solitude vont de pair avec l’alcoolisme. Alain était « au fond du trou » à la veille de sa première réunion, en 2005. Depuis, il a définitivement posé le verre. Aujourd’hui, il conserve d’anciennes photos de lui, pour garder à l’esprit son éternelle bataille.

Jacques a eu plus de mal à accepter sa maladie. Il a progressivement réussi à s’en défaire, pour « tout réapprendre » de la vie. Jacques a décidé de tourner la page de façon définitive, en abandonnant son ancien appartement.

Désormais, Jacques et Alain interviennent dans des prisons, des hôpitaux et des centres de cure. Leur principal leitmotiv : faire comprendre aux malades qu’ils peuvent tout récupérer.

Publié dans AA france

Commenter cet article