"Ne pas consommer pour être heureux"

Publié le par kreizker

in "Info07.com" (Québec), 10 août 2017

"Ne pas consommer pour être heureux"

L'alcoolisme est une maladie qui ne se guérit pas par une pilule ou un vaccin. Le cheminement est beaucoup plus sinueux et complexe pour certains et c'est pourquoi les Alcooliques Anonymes organisent des rencontres régulières.

Mais ce week-end, le congrès des AA se tient au centre Pauline-Charron, le samedi 12 août et le dimanche 13 août, sous le thème "Ensemble, nous le pouvons". L'événement permet aux gens d'entendre de multiples témoignages de gens comme Lucie, Éric et Christian, qui parlent de leur vie.

La première a réalisé son problème alors qu'elle venait d'assister à un concert. Elle s'est présentée à l'hôtel aux petites heures du matin pour se rendre compte que l'endroit accueillait… le congrès annuel des AA. «C'est arrivé par hasard. Je savais que j'avais un problème peut-être potentiel, mais à force de tester, j'y suis arrivé là. J'étais malheureuse intérieurement. La dernière brosse que j'ai prise, mon ami Guy, qui était avec moi, lui est mort d'une overdose.»

Christian abonde dans le même sens: «J'ai toujours été alcoolique. J'ai eu une résonnance la première fois quand j'en ai pris. Puis il y avait beaucoup d'alcooliques dans ma famille. J'étais habité par un vide à l'intérieur. Les gens essaient de combler de toutes sortes de façon. J'ai réussi aujourd'hui à combler ce vide d'une autre façon.»

Éric souligne que ce n'est pas facile de réaliser le problème de l'alcoolisme: «Tu te dis: je vais lâcher le scotch pour prendre du vin, ça va être moins pire. Puis ensuite, tu te dis: je vais prendre de la bière parce que le pourcentage d'alcool est moins élevé. Mais c'est un problème émotif.»

Vivre ses émotions

Les trois témoignages ramènent l'importance de trouver une façon de s'en sortir avant que la mort arrive dans le portrait. Ces trois personnes l'ont trouvé dans les AA. Et de vivre ses émotions. «L'âge émotif d'une personne qui vit ces problèmes-là n'est pas très élevé, explique Christian. Moi, je suis un hyper-sensible. Dès qu'il nous arrive quelque chose émotionnellement, c'est plus difficile.»

Celui-ci se rappelle qu'il buvait beaucoup pour oublier ses problèmes ou son mal de vivre. Il avait pourtant tout pour être heureux, croyait-il à l'époque où il avait la "grosse maison, la grosse voiture et la grosse vie". «J'ai appris à vivre mes émotions. La première peine d'amour sobre, ce n'était pas évident. Mais aujourd'hui, c'est plus facile de passer au travers parce que je vis mes émotions.»

L'objectif de parler de leur expérience de vie n'est pas de faire la promotion du mouvement des AA, mais plutôt de le faire connaître. De rappeler qu'il est accessible. Que des gens sont là pour aider ceux qui ont de la difficulté, en dehors du congrès annuel.«Il existe un programme de parrainage et de marrainage où que tu puisses partager ce que tu vis avec une autre personne et qui a passé au travers des étapes. Une personne avec qui on peut parler de ce qu'on vit», souligne Lucie.

Le congrès se tient au centre Pauline-Charron, situé au 164, rue Jeanne-Mance, à Ottawa. Il est ouvert à tous. Coût: 15$.

Publié dans AA Québec

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