"Chercher de l'aide pour soi, quand c'est l'autre qui est alcoolique?"

Publié le par kreizker

in "La Nouvelle Union" (Québec), 15 novembre 2017

Noëlla affirme qu'Al-Anon est pour les proches des alcooliques ce que peuvent représenter les ressources pour les proches aidants.

Noëlla affirme qu'Al-Anon est pour les proches des alcooliques ce que peuvent représenter les ressources pour les proches aidants.

«Pourquoi est-ce moi qui devrais aller chercher de l'aide alors que ce n'est pas moi qui suis alcoolique?», s'est d'abord demandé Meggie (nom fictif) avant de se joindre à un groupe familial Al-Anon. C'était il y a quinze ans. Et depuis, toutes les semaines, elle participe aux réunions du groupe.

Publicité 
 
 
 

 

Moins connus que le mouvement des Alcooliques Anonymes, dont ils sont pourtant issus, trois groupes familiaux Al-Anon de Victoriaville s'ouvrent au public la semaine prochaine à l'occasion de la Semaine de prévention des dépendances, du 19 au 26 novembre.

Le public pourra se rendre à la réunion du Groupe Fraternité lundi (19 novembre) à 19 h 30 à l'École Saint-Christophe (660, boulevard des Bois-Francs Sud); à celle du Groupe Euréka le surlendemain, mercredi, à 13 h 30 à l'église Sainte-Victoire ou encore à celle du Groupe Bonne entente à 20 heures le jeudi à l'église L'Assomption.

S'occupant d'information publique, Noëlla (autre prénom fictif) explique que les groupes familiaux Al-Anon accueillent tous ceux et celles que l'alcoolisme d'un proche affecte, afflige, rend, à tort, coupables et honteux.

«On dit que l'alcoolisme peut affecter au moins une quarantaine de personnes de son entourage. Ce peut être un conjoint, un parent, un ami, un voisin, un collègue de travail», explique Noëlla qui fréquente un groupe depuis une vingtaine d'années.

Les deux femmes pourraient raconter leur parcours, leur vie ayant été bouleversée et chamboulée par l'alcoolisme de leur conjoint.

Meggie est aujourd'hui capable de raconter son histoire avec aplomb, de dépeindre la femme qu'elle était, qu'elle est devenue.

Elle se souvient très précisément de cet oncle qu'elle a férocement détesté alors qu'elle était toute jeune enfant. Parce qu'il buvait, qu'il était violent, qu'il ne ratait jamais l'occasion de toucher les fesses de sa mère, qu'il avait même tenté de la violer. «J'ai souhaité sa mort et j'en voulais à mon père de ne rien faire.»

À 18 ans, Meggie rencontre celui qui allait devenir son mari et le père de ses deux enfants. Elle n'aurait jamais imaginé que cinq ou six ans après son mariage, lorsque les enfants ont commencé à s'exprimer, celui qu'elle avait d'abord connu comme un «buveur de fin de semaine» allait devenir alcoolique, impatient, intolérant, voire violent. Les injures et les claques pleuvaient sur les enfants que son mari voulait «dompter». «Il ne me battait pas, mais il ne cessait de me rabaisser.

À trois reprises, Meggie a failli quitter la maison. «J'avais peur, peur de manquer d'argent, de ne pas être capable de subvenir aux besoins des enfants.» Et puis, elle manquait de confiance en elle-même. «Il me manipulait tellement que je finissais par me dire que ce n'était pas si pire. Ma mère disait toujours que dans la vie, il faut endurer; que si ce n'est pas telle chose, c'en sera une autre!»

Un jour, sa fille de 18 ans lui a annoncé qu'elle partait, n'en pouvant plus des agissements de son père. «Elle m'a dit qu'elle n'était plus capable. Je trouvais déplorable qu'elle nous quitte parce qu'elle était malheureuse.»

Ce sont ses enfants, admet-elle, qui ont été le déclencheur de sa propre décision de quitter son mari.

Et c'est sa sœur qui l'ayant aidée à se trouver un logement lui a ouvert les yeux sur la femme qu'elle était devenue, elle aussi impatiente et colérique. ««T'as besoin d'aide!», m'a-t-elle dit.

 

Et c'est une amie qui lui a proposé d'aller voir du côté d'Al-Anon. Elle dit y avoir trouvé tout ce dont elle avait besoin pour retrouver confiance en elle, s'affirmer, exprimer des émotions comme la colère sans tout casser. «Il y a dans les groupes de l'accueil, de l'amour des autres, de l'écoute sans jugement. J'ai appris à m'aimer, à me respecter et à respecter les autres.»

Fréquentant Al-Anon depuis 15 ans, elle s'est aussi posé une question, se demandant si elle n'avait pas développé une «dépendance» au groupe. Elle croit plutôt que le mouvement fait partie de son mode de vie, considérant qu'elle s'estime toujours fragile.

On peut obtenir plus d'informations sur Al-Anon au 819 752-3558 ou 819 758-9129. On peut également consulter le site Internet (https://al-anon.org/fr/) ou le compte Facebook.

Publié dans ALANON ALATEEN

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article