"Alcooliques Anonymes. La parole comme catharsis"

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France, Bretagne), 23 janvier 2018

"Alcooliques Anonymes. La parole comme catharsis"

Chaque lundi, ils se retrouvent à la Maison des associations. « Ils » ce sont d'anciens buveurs qui témoignent de la possibilité de guérir d'une maladie particulièrement addictive.

 

Ils ont en commun le fait d'avoir sombré un jour dans la dépendance à l'alcool. Mais de s'en être sortis. Certes, ce ne fut pas toujours un « long fleuve tranquille », cette lente remontée vers la libération. Aujourd'hui, ils ressentent le besoin de parler de leur ancienne addiction, et cette prise de parole, entre personnes qui ont le même vécu et ont connu les mêmes affres, est rédemptrice.

La volonté de ne jamais retomber

Chaque séance, tenue tous les lundis (même fériés), dans la salle du Pignon au rez-de-chaussée de la Maison des associations, mise à disposition par la municipalité, en face de La Poste, commence par une sorte de rituel qui permet d'ancrer cette volonté de ne jamais retomber. Une parole partagée qui constitue une sorte de catharsis. Chaque rencontre est centrée autour d'un thème prédéfini, et modérée par un des membres.

 

Parole salvatrice

Ce soir-là, le thème choisi, « Être bien dans sa peau », est modéré par le président, Pierrot, qui a arrêté à 59 ans. Il en a 80 aujourd'hui. « J'étais pourtant persuadé que je ne m'en sortirai pas », reconnaît-il. Ce qui l'a sauvé, c'est de trouver des personnes bienveillantes et d'en parler. Cette parole salvatrice, tous la mettent en avant. Une sorte de maïeutique comme l'a défini le philosophe Socrate. « On m'a tendu la main, s'émeut 

encore Paul. Je n'étais pas convaincu au début. Je ne serai pas là ce soir si je n'avais pas été soutenu par les autres ». « J'étais malade de mes émotions, se souvient Anne-Marie, qui a vécu des situations compliquées. J'étais comme un zombie. Ici, on m'a tendu une boîte à outils ». Aujourd'hui, elle apparaît très épanouie.

« Plus peur de mes peurs ! »

« J'ai pris conscience assez tôt de ma dépendance, note Antoine, qui se décrit lui-même comme un phobique social. Et je n'ai jamais été dans le déni. Je redécouvre de petits bonheurs au quotidien et la vraie vie que je ne voyais plus. Je n'ai plus peur de mes peurs ! ». Jacques dit à peu près la même chose ; il appelle sa démarche le « syndrome du photographe » : « Je photographie toutes les belles choses qui m'entourent, grandes ou petites ». La sobriété lui a apporté la sérénité. C'est de voir un ami atteint d'une cirrhose qui a poussé Max à arrêter. « Je prenais jusqu'à deux ou trois cuites par jour. Je me suis laissé porter par le groupe. Et je suis remonté ! ».



 

Sur le groupe de Crozon : 

http://www.kreizker.net/2015/04/alcooliques-anonymes-parler-soutenir-et-aider.html

http://www.kreizker.net/2016/02/aa-al-anon-a-crozon-bretagne-en-2006.html

Maison Des Associations - 59, rue Alsace Lorraine (salle du pignon) - 29160 Crozon

Publié dans AA Bretagne

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