"Les Alcooliques Anonymes se serrent les coudes pour le jour de l'An"

Publié le par kreizker

in "Radio Canada", 1° janvier 2018

 

Chantal a raconté son histoire de dépendance à l'alcool et aux drogues lors d'une réunion des Alcooliques Anonymes le 31 décembre 2017.

Chantal a raconté son histoire de dépendance à l'alcool et aux drogues lors d'une réunion des Alcooliques Anonymes le 31 décembre 2017.

Le temps des Fêtes est l'une des périodes de l'année les plus difficiles pour les alcooliques. Un peu partout au Québec, dont à Gatineau, les Alcooliques Anonymes ont tenu des réunions de soutien à la veille de Noël et du jour de l'An.

Un texte de Roxane Léouzon

Chantal compte beaucoup sur les AA pour tenir le coup pendant les derniers jours de 2017.

« C'est le temps des Fêtes et je n'ai pas encore eu un appel de ma famille », a-t-elle témoigné le 31 décembre devant une quarantaine de personnes réunies au sous-sol de l'église Sainte-Rose-de-Lima, à Gatineau.

Elle a pourtant plusieurs frères et soeurs. Mais aucun n'a été présent pour elle alors qu'elle traversait de terribles épreuves: prostitution pour payer sa consommation d'alcool et de drogue, retrait de ses enfants par la Direction de la protection de la jeunesse, peines d'amour, dépression, prison pour vols.

Rien n'était plus fort que la drogue et l'alcool.

Chantal, membre des AA à Gatineau

« Je suis émotive, parce que je n'avais jamais de visite de ma famille en prison. Encore aujourd'hui, c'est tout le temps moi qui rends visite. Je leur en veux, je n'arrive pas encore à pardonner », a-t-elle dit après avoir essuyé ses larmes avec un mouchoir.

Il s'agit maintenant du deuxième jour de l'An sans consommation pour Chantal. Et comme plusieurs, partager son histoire et se retrouver parmi des gens qui ont la même dépendance qu'elle lui fait énormément de bien. C'est même nécessaire.

Des affiches indiquent aux membres des Alcooliques Anonymes de Gatineau où se trouve la salle de réunion, à l'église Sainte-Rose-de-Lima.

Des affiches indiquent aux membres des Alcooliques Anonymes de Gatineau où se trouve la salle de réunion, à l'église Sainte-Rose-de-Lima.

Il y avait donc six partages d'une heure des AA de Gatineau dimanche. Certains participants restaient toute la journée avec leurs pairs, écoutant des témoignages, priant, buvant du café, grignotant à côté du sapin de Noël et se souhaitant une belle année.

« C'est d'une importance capitale, parce que le temps des Fêtes est l'une des périodes les plus difficiles étant donné que l'alcool fait partie de la fibre sociale dans laquelle on vit », a affirmé Jean-Marc.

Raymond et Jean-Marc étaient présents aux réunions des AA du 31 décembre 2017 à Gatineau.

Raymond et Jean-Marc étaient présents aux réunions des AA du 31 décembre 2017 à Gatineau.

Ce responsable de l'information publique pour le regroupement fait aussi remarquer que de nombreux alcooliques s'isolent, « ayant fait assez de dommages » dans leur entourage.

« Ça permet à une personne qui pourrait vivre seule, qui pourrait être vraiment isolée, d'avoir une place où venir à Noël et au jour de l'an pour être avec des gens qui la comprennent, qui connaissent aussi la maladie. Ça permet à certains de passer leur premier Noël sobre », a-t-il poursuivi.

Annette, elle, a passé cette année son troisième Noël sans alcool.

« Mon premier Noël, j'ai trouvé ça très difficile, j'étais en famille avec mes soeurs, mes enfants et mes petits-enfants. J'étais assise au bout du divan et j'avais hâte que ça finisse. Cette année, c'est la troisième année et je peux te dire que j'ai eu beaucoup de plaisir. J'ai mangé, j'ai chanté, j'ai dansé et j'étais revenue comme quand je buvais, c'est-à-dire que j'avais bien du fun », s'est rappelée cette résidente d'Ottawa qui se rend à au moins sept réunions des AA par semaine.

Les AA entament douze étapes pour sortir de l'alcoolisme.

Les AA entament douze étapes pour sortir de l'alcoolisme.

Pour les alcooliques, traverser les Fêtes sans boire est une victoire. Mais la lutte continuera en 2018.

« Ça fait 38 ans que je combats l'alcoolisme et c'est encore un jour à la fois », a conclu Raymond. « C'est la même demande tous les jours. »

Publié dans AA Québec

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