"Je suis allé voir un psy qui ne pouvait rien pour moi : il m'a conseillé les Alcooliques Anonymes de Chartres"

Publié le par kreizker

in "L'Echo Républicain", 2 Février 2018

Bernard et Fabrice ont pris conscience de leur maladie il y a vingt ans. Aujourd’hui, ils ne peuvent plus boire une goutte d’alcool sous peine de replonger.

Bernard et Fabrice ont pris conscience de leur maladie il y a vingt ans. Aujourd’hui, ils ne peuvent plus boire une goutte d’alcool sous peine de replonger.

L’association des Alcooliques Anonymes de Chartres, créée en 1981 fête ses 37 ans, samedi, à l’occasion de sa traditionnelle réunion hebdomadaire.

 

Tout le monde connaît les AA, du moins le nom de l'association, les Alcooliques Anonymes. Depuis trente-sept ans, le groupe de Chartres accueille, en moyenne, douze participants chaque semaine.

« Les gens connaissent l'association. Ils savent ce que nous sommes, ce que nous faisons sur le plan national, mais beaucoup de pharmaciens de la ville, il y a quelques années, ne savaient pas que nous avions un groupe à Chartres », regrette Fabrice, l'un des membres.

Une partie de moi voulait mourir, l'autre voulait vivre.

Avec Bernard, un autre membre, ils se rendent chaque semaine aux réunions, pour aider les autres. Pour Bernard, « aider est également un moyen de se soigner ». Alors il se rend au 26 avenue d'Aligre les samedis, à 16h45. Pour parler.

Fabrice et Bernard ont eu le déclic il y a vingt ans : « J'ai eu un accident de voiture, avec trois grammes. J'aurais pu tuer quelqu'un. Je suis allé voir un psy qui m'a dit qu'il ne pouvait rien pour moi. Il m'a conseillé les AA », confie Fabrice. Bernard, lui, a fait une tentative de suicide avant de prendre conscience : « Une partie de moi voulait mourir, l'autre voulait vivre. »

Je pensais que l'alcool aller me faire découvrir le monde, me faire voyager. Je me suis même inscrit dans la Marine pour voir du pays. Je n'ai vu que des bars !

L'alcool les a ravagés, eux et leurs proches : « Je faisais n'importe quoi », explique Bernard. « Je pensais que l'alcool aller me faire découvrir le monde, me faire voyager. Mais je ne me connaissais même pas. Je me suis même inscrit dans la Marine pour voir du pays. Je n'ai vu que des bars ! ». Il avoue même « qu'à force de faire des conneries », il aurait pu « finir en taule. »

Ils ont beau avoir arrêté il y a vingt ans, Bernard et Fabrice se considèrent encore comme alcooliques. « Si on dit qu'on n'est plus "alcoolo", cela veut dire que qu'on est comme tout le monde, que l'on peut boire occasionnellement et donc replonger. Or, c'est impossible, nous ne sommes pas comme tout le monde », assène Fabrice.

Pratique. Les réunions ont lieu tous les samedis à Chartres, à 16 h 45 au 26, avenue d'Aligre. La séance du 1 er samedi du mois est ouverte à tous. Pour plus d'informations, appeler le 09.69.39.40.20, 7\7j et 24\24h.

Publié dans AA france

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