"Manosque : les proches d'alcooliques cherchent aussi des réponses"

Publié le par kreizker

in "La Provence" (France), 15 juin 2018

Un groupe d'entraide a été créé à l'hôpital Louis-Raffalli de Manosque

 

Le groupe d'entraide ne donnera pas des clés pour faire sortir l'alcoolique de sa dépendance. Mais il peut aider à vivre cette situation.

Tous les lundis soir, peu avant 20 h, au rez-de-chaussée de l'hôpital Louis-Raffalli, des personnes arrivent seules ou à plusieurs, et se séparent, certaines entrant dans une première salle, les autres dans celle située juste en face. Les premiers participent aux réunions désormais bien connues des Alcooliques Anonymes (AA). Les seconds, eux, subissent les conséquences d'un proche alcoolique : ils participent au groupe familial Al-Anon d'entraide aux familles et amis des alcooliques.

Si les réunions des AA existent en pointillé sur Manosque depuis de nombreuses années (elles ont repris depuis 2016), celles d'Al-Anon ont débuté très récemment, en février 2018. Et si les personnes qui y participent ne sont pas nécessairement les mêmes, la thérapie est axée sur les mêmes douze étapes, adaptées pour chaque côté du couloir. "Statistiquement, une personne alcoolique a un impact sur 7 personnes de son entourage", explique Hélène (le prénom a été modifié) qui est à l'origine de la création du groupe. Lorsque j'ai vu le nombre d'alcooliques anonymes lors des réunions ouvertes (auxquelles peut assister leur entourage, ndlr), je me suis dit qu'il devait y avoir beaucoup d'Al-Anon potentiels. J'étais moi-même Al-Anon, et j'ai trouvé une autre personne qui avait suivi le programme pendant 25 ans, et nous avons créé le groupe."

 

"On apprend à se détacher avec amour"

L'objectif de ces réunions n'est cependant pas d'accompagner la personne alcoolique dans sa démarche d'abstinence, mais presque le contraire :"L'alcoolisme est une maladie, pour laquelle on arrive à se soigner ou l'on meurt, comme un cancer ou un diabète. Au début, les Al-Anon viennent en pensant comprendre comment forcer l'arrêt de la consommation d'alcool du proche. En réalité, on apprend à changer de comportement, à essayer de se "détacher avec amour", c'est-à-dire continuer d'aimer la personne dépendante, mais pas l'alcool, ni sa personnalité sous son emprise. Elle vise à responsabiliser l'alcoolique, pas le proche. Et à apprendre à prendre soin de soi, à retrouver son "égoïsme de confort"."

De telles réunions s'adressent ainsi à l'entourage direct d'une personne alcoolique (conjoint, amis), mais également aux enfants ayant vécu avec des adultes sous l'emprise de l'alcool, dont l'expérience passée peut avoir des impacts sur la vie quotidienne (dépendance affective, peur de la mort des proches). Elles peuvent permettre de sortir de l'isolement et trouver un appui auprès de personnes souffrant des mêmes problématiques. "J'y reviens pour trouver un groupe de parole", raconte Hélène, que la simple vision de scènes cinématographiques où de l'alcool était consommé dérangeait par le passé. "Ça me fait énormément de bien. Nous avons une autre Al-Anon depuis 25 ans, dont le mari est AA abstinent depuis 30 ans, et qui viennent toutes les semaines, malgré 200 km de trajet !" Car la transmission est également l'un des piliers de ces groupes, pour que ceux qui souffrent puissent recevoir de ceux qui s'en sont sortis.

Réunions AA et Al-Anon tous les lundis, à 20 h, à l'hôpital Louis Raffalli 

alanonmanosque@gmail.com 06-84-43-76-14

 

 

Publié dans ALANON ALATEEN

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