"Cognac : libérer la parole pour chasser l’alcool de sa vie"

Publié le par kreizker

in "Sud-Ouest" (France), 25 octobre 2018

Les Alcooliques anonymes organisent chaque semaine des réunions pour aider leurs membres à se sortir de leur addiction. 

Ils sont encore deux à brûler une dernière cigarette à l’entrée. À l’étage, les petits camarades sont déjà installés. Les fenêtres sont ouvertes et cela ne semble gêner personne. Les Alcooliques Anonymes (AA) débutent leur réunion à 19 heures pile. On est au 14, rue Pierre-Pinard, drôle de coïncidence… Ce mardi, tout le monde (amis, proches, etc.) peut assister à la réunion. Alcoolique, le mot peut choquer et on y associe vite des visages. Mardi soir, à l’état brut, des phrases s’échappent de la fenêtre. L’alcool rend manipulateur, méchant, voleur… et, bizarrement, assis au milieu de l’assemblée, on se sent à sa place : la vanne des émotions est ouverte, la société où chacun joue de son apparence s’éloigne.

Apprendre à écouter

Appelons la Diane, aujourd’hui elle fête un an d’abstinence. « C’est le plus beau des anniversaires, 365 fois bravo », la félicite son amie. Elles ne sont que trois femmes dans l’assemblée. La gent masculine est admirative devant la quarantenaire, « tu as toujours été une personne joyeuse et on ne sait pas comment tu fais. Tu nous aides beaucoup ». Diane a baigné dans l’alcool festif dès son plus jeune âge. Maman, les accidents de la vie vont s’enchaîner. D’un auteur de scénario, on dirait « il en fait trop ». L’engrenage se met en route « à cause de… ». On sort la bouteille de plus en plus tôt le matin. Autour d’elle, on continue de boire festif, les périodes de décuvées permettent à son homme de garder le contrôle des enfants, de dépenser sans compter. Survient un passage forcé et éclair à l’hôpital, Diane saisit la main tendue d’un AA

 

De sa 1re réunion, elle ne se souvient pas, mais des autres, oui. « J’ai appris à mieux me taire et à écouter. Tout le monde a ses problèmes, tout le monde porte sa croix. » Aujourd’hui, Diane divorce, fait face à un entourage qui se détourne d’elle, « je prends la vie 24 heures à la fois ».

Pour sa première année d’abstinence, elle a choisi d’échanger avec ses camarades sur ce qui lui parle, « détachement et persévérance ». Marc prend la parole : « À chaque réunion, on vient comme un nouveau-né et on apprend à se détacher des habitudes qu’on avait avant. » Luc le reconnaît, « je me trimbale avec ça à chaque réunion. C’est un outil formidable qui permet d’accepter les choses ou les gens qu’on ne peut pas changer ».

Alcooliques Anonymes, Maison des associations, 14, rue Pierre-Pinard - 16100 Châteaubernard   Tél. 09 69 39 40 20.

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