"Al-Anon : 10 ans de soutien mutuel face à l’alcoolisme"

Publié le par kreizker

in "La Nouvelle République" (France), 11 avril 2019

Les Al-Anon ont fêté les 10 ans de leur groupe de parole, qui se réunit une fois par semaine à Romorantin et Valençay.

Les Al-Anon ont fêté les 10 ans de leur groupe de parole, qui se réunit une fois par semaine à Romorantin et Valençay.

L’association Al-Anon regroupe des personnes dont les proches sont malades alcooliques. La section romorantinaise a fêté ses 10 ans.

 
Une quinzaine d’adhérents de la section locale d’Al-Anon se sont réunis récemment à l’ancien centre administratif de Romorantin. Au-delà de leur simple réunion hebdomadaire, il s’agissait de fêter les dix ans du groupe. « Je me souviens de la création de notre groupe Al-Anon, à côté des AA (Alcooliques anonymes), pour bénéficier du même soutien que les AA », raconte Catherine, une des fondatrices du groupe.
Se soutenir mutuellementCar les Al-Anon sont dérivés des AA. Ils partagent le même principe d’anonymat, un programme d’aide similaire, mais adapté pour aider les familles et proches des malades d’alcoolisme. Et pour fêter cet anniversaire, c’est un drôle de thème qui a été choisi : « Transformer nos deuils ». « La maladie nous coupe du conjoint, du proche, qui est physiquement et émotionnellement absent. On fait le deuil d’une relation avec lui », explique Delphine.
Dans le groupe, chacun peut prendre la parole librement, sans être jugé. Chacun raconte son histoire, mais comme le veut le principe du groupe, « tout ce qui est dit ici reste ici ». Certains ont parlé du deuil de leur relation, lorsque la maladie d’un conjoint les oblige à divorcer, « à faire le deuil du mariage ». Car les Al-Anon reconnaissent que « l’alcoolisme est une maladie dont la personne ne sort que si elle le veut, on ne peut rien faire pour l’aider. Le deuil, c’est aussi quand on comprend qu’on ne peut pas aider l’autre », explique Delphine.
Pas de solution miracle donc, même si les Al-Anon s’appuient sur une forte spiritualité pour vivre avec un proche malade. D’autres ont témoigné d’un deuil plus positif. « Il permet de passer à une vie nouvelle, d’effacer le passé. Je ne comprends plus le moi d’avant », témoigne Marie. C’est aussi, pour Delphine,« accepter que l’autre reprenne sa place. Mon mari a changé en participant aux AA, il est devenu plus ouvert. » Et puisque certains Al-Anon ont aussi été ou sont alcooliques, ils témoignent « du deuil d’avec la relation avec l’alcool. On abandonne les habitudes, les goûts, les sensations »
Bref, chacun a pu s’exprimer sur sa vision du deuil, avant de partager ensemble le gâteau d’anniversaire des dix ans de l’association. « Merci à vous d’être là, ça fait un an que je viens régulièrement, et ça m’aide beaucoup », conclut Véro.

Les Al-Anon se réunissent chaque 2e, 3e et 4e mardi du mois à l’ancien centre administratif, 32, place de la Paix à Romorantin, et le 1er mardi du mois à Valençay (Indre), à l’Ehpad le Nahon, à chaque fois à 20 h. Contact : Vanessa au 06.77.47.56.64, ou Delphine au 06.82.07.09.05.

Publié dans ALANON ALATEEN

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