TÉMOIGNAGE. « Je m’appelle Jean, et je suis alcoolique ! »

Publié le par kreizker

in "Ouest-France", 8 avril 2019

Un temps de partage était organisé au presbytère durant le Carême, à La Chapelle-de-Brain, près de Redon. Un fidèle est venu parler de son combat contre l’alcoolisme. Témoignage.

Le père René Laillé et le père Paul Habert ont organisé, pour la première fois, un temps de partage au presbytère de La Chapelle-de-Brain (Ille-et-Vilaine), pendant le Carême. Ils ont accueilli Jean (prénom d’emprunt), fidèle d’une autre paroisse, pour débattre de l’alcoolisme, face à une quinzaine de personnes. « Je m’appelle Jean, et je suis alcoolique ! » Tels sont les premiers mots prononcés par celui vers qui se tournent tous les regards…

Éviter toute tentation

« Je suis membre de l’association des Alcooliques anonymes depuis vingt-trois ans, et j’ai commencé à boire à l’âge de 23 ans, explique Jean. Je ne bois plus une goutte d’alcool depuis toutes ces années, mais la moindre gorgée pourrait être fatale à mon vœu de renoncement. J’évite tout, même les chocolats à la liqueur, et quand je suis invité, je laisse mon verre rempli d’eau tout au long du repas. Il m’est même arrivé de m’éclipser lorsque je me sens fragilisé au milieu d’un groupe d’amis prêts à « partir en fêtes ».

Sous les regards médusés Jean décrit sa terrible descente en enfer… les premiers verres… la dépendance,… très rapide ! Les 10 Pastis, puis les 20… ainsi que la bière et le vin rouge, et tout cela chaque jour ! Les 41 minutes pour se rendre au travail, mais les 5 heures pour rentrer…

Il n’était pourtant pas seul sur le plan affectif. Sa mère et sa femme n’ont jamais perdu espoir de le voir guérir. Ses enfants, il ne les a pas vus grandir, la maladie l’isolant peu à peu de tous ceux qui l’aimaient. Cependant, il n’était pas violent, seulement très bavard, voire agité, mais en aucun cas violent, à la différence de beaucoup de « grands buveurs ».

« On peut la vaincre, mais il faut accepter de se faire aider ! 

« L’alcoolisme est une maladie, et on peut la vaincre, mais il faut accepter de se faire aider ! », souligne-t-il.

Jean a fait plusieurs tentatives pour cesser de boire, des cures de désintoxication… mais, s’il y est enfin parvenu, c’est grâce au groupe des Alcooliques Anonymes auquel il participe chaque semaine. Cette association, née en 1938, compte 400 groupes en France. Mais ce n’est pas la seule qui a cet objectif. Il en existe d’autres, comme La Croix d’Or, par exemple. « L’important, c’est de ne pas rester seul(e)… Il faut en parler et se faire aider ! »

 

Un des participants l’interroge : « Aviez-vous honte de boire ? » « On a honte quand on commence à arrêter… Pas avant ! », lui répond Jean.

Publié dans AA Bretagne

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