"Congrès des Alcooliques Anonymes à Montluçon : comment oser demander de l’aide pour sortir de l'addiction"

Publié le par kreizker

in "La Montagne" (France), 10 Novembre 2019

« Les personnes arrivent dans la honte, la culpabilité, le désarroi. Le plus difficile est de loin de dépasser ses représentations et de venir à une réunion », rappelle le docteur Paul Belvèze, président des Alcooliques Anonymes et psychiatre addictologue

« Les personnes arrivent dans la honte, la culpabilité, le désarroi. Le plus difficile est de loin de dépasser ses représentations et de venir à une réunion », rappelle le docteur Paul Belvèze, président des Alcooliques Anonymes et psychiatre addictologue

Chez les Alcooliques Anonymes, on ne juge pas. On accompagne les personnes dans leur rétablissement tant qu'elles en ont besoin. Mais le plus dur pour beaucoup est encore de trouver la force de rejoindre un groupe près de chez elles.

Partager un verre entre amis. Un geste anodin a priori, sauf quand pour certains, ce verre finit par être leur seul compagnon pour le meilleur, et souvent pour le pire. Vers qui se tourner alors ? Comment oser demander de l'aide ? Autant de questions que voulait démystifier le 59e anniversaire des Alcooliques Anonymes qui a réuni six cents personnes ce week-end, au centre Athanor de Montluçon

« Les personnes arrivent dans la honte, la culpabilité, le désarroi »

« Les personnes arrivent dans la honte, la culpabilité, le désarroi. Le plus difficile est de loin de dépasser ses représentations et de venir à une réunion », débute le docteur Paul Belvèze, président des AA et par ailleurs psychiatre addictologue dans les Ardennes.

Souvent d’ailleurs, ce sont alcoolisées que les personnes y arrivent pour la première fois. Mais ici, « il n’y a pas de jugement de valeur, enchaîne-t-il. Les personnes trouvent un programme bien codifié et structuré de rétablissement. »

Douze étapes pour changer de vie

Le tout au travers de douze étapes. « La première est la prise de conscience, détaille le docteur Paul Belvèze : “J’ai un problème avec l’alcool, l’alcool est plus fort que moi, je n’arrive pas à m’en sortir”. Les onze autres étapes participent au rétablissement de la personne pour elle, son entourage et pour le transmettre. Il s’agit d’un programme de rétablissement personnel sur le plan physique et psychologique. »

Chacun reste le temps qu’il veut au sein de ces groupes d’entraide et de parole.

Ils mettent tous en commun leur envie d’arrêter de boire, s’entraînent et entraînent les autres. C’est facile à dire mais impressionnant à voir. On voit des hommes et des femmes dans l’abstinence heureuse. Ce n’est pas que la réussite d’arrêter de boire mais celle de vivre autrement que dans l’alcoolisme
« Le vingt-quatre heures à la fois »

Tous apprennent petit à petit à vivre autrement, et à appliquer un slogan : le vingt-quatre heures à la fois. « C’est-à-dire que pendant vingt-quatre heures, je mets toute mon énergie à ne pas boire et après, on voit demain. On peut même l’appliquer à un tas de situations », décrypte le président des AA.

Ce slogan, Michel le connaît bien et le met en pratique au quotidien : « A un moment, j’en ai eu marre de boire à en crever. Car c’est les tripes, le corps qui en crèvent. On se dit qu’il y a bien une solution, quelqu’un qui va nous aider sinon c’est l’hôpital, la psychiatrie ou la morgue. Je suis passé par l’hôpital psychiatrique, après, j’ai rencontré les AA. C’est très difficile de faire le premier pas. »

Un adulte sur dix a un problème avec l’alcool

Or, personne n’est à l’abri. Un adulte sur dix est aujourd’hui concerné par un problème avec l’alcool. « En France, cela touche cinq millions de personnes, dont un million et demi présentent une très forte dépendance. C’est une réelle problématique et ça touche tous les métiers », conclut Paul Belvèze.

En 2018, les Alcooliques Anonymes comptaient 120.300 groupes à travers le monde, dont 500 groupes francophones. Leurs membres s’élevaient à 2.100.000 s’exprimant dans 69 langues.

 

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"Congrès des Alcooliques Anonymes à Montluçon :  comment oser demander de l’aide pour sortir de l'addiction"

Ils étaient 600 ce week-end à Montluçon. Les Alcooliques Anonymes ont échangé autour de leur maladie. Une addiction contre laquelle Jeanfi a lutté, lui qui aujourd'hui est abstinent.

Publié dans AA france

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