"Poison ou poisson d’avril ?"

Publié le par kreizker

in "Le Big" (Bulletin des Intergroupes Paris et Banlieue) n° 433 Avril 2021

Poison ou poisson d’avril ?

Au commencement, j’ai poussé la porte des A.A. 51, rue de la Pompe à Paris 16e le jeudi 1 er avril 1993. Nous étions deux nouvelles membres. L’une hurlait aux bondieuseries dans cette petite salle de l’église de la mission espagnole avec sa statue de la Vierge de Fatima. Pour ma part, j’étais intriguée par le slogan A.A. « Par la grâce de Dieu » me demandant bien ce qu’Il pouvait avoir à faire avec l’alcool ! Dès le lendemain, j’ai repoussé le premier verre pouvant ainsi vivre mes premières fêtes de Pâques et mon premier anniversaire civil sans alcool jusqu’au 16 avril, jour de ma rechute. J’avais voulu vérifier si j’étais vraiment impuissante devant l’alcool comme le disent si bien les A.A. Ma dernière bouteille a été fracassée contre le mur de la salle de bain. « S’il y a un Dieu quelque part, peut-Il m’aider car je suis en train de crever ! » ai-je pensé. Ensuite, je suis tombée dans un coma éthylique comme chaque soir… Le lendemain, j’ai repris connaissance ! J’appréhendais de venir en réunion un 1 er avril craignant que le remède proposé par A.A. ne soit qu’une farce, un poisson d’avril, un symbole aussi utilisé par les premiers chrétiens. Jusqu’à la rédaction de ces quelques lignes, j’ai repoussé la première goutte de ce… poison pour moi, malade alcoolique dépendante.

Le 17 avril prochain, je célèbrerai 28 ans d’abstinence continue. Un jour à la fois, une heure à la fois, une minute à la fois, une seconde à la fois… Bonnes 24 heures ! Véronique H

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article