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"Saintes : le voyou et l’enfant de chœur libérés de l’alcool"

Publié le par kreizker

in "Sud-Ouest" (France), 22 Décembre 2021

Extrait :

Alain, 60 ans, a dix-sept ans d’abstinence ; Éric, 65 ans, a « eu deux ans au mois d’octobre ». Ils racontent leur histoire singulière avec l’alcool et comment ils s’en sont éloignés grâce aux Alcooliques Anonymes

Leurs liaisons dangereuses avec l’alcool sont diamétralement opposées. L’un, voyou, violent, bagarreur, habitué du palais de justice, buvait jusqu’à en vomir et « pisser du sang ». Après un énième internement en psychiatrie, il en a tout simplement « eu marre d’en avoir marre ».

C’était en 2005. Alain a vu une affiche des Alcooliques Anonymesau centre hospitalier de Saintes. Il est allé à la réunion et dès lors n’a plus jamais bu un verre d’alcool. « Je me suis senti compris. » Le chef d’entreprise a 60 ans, a physiquement rajeuni – photo à l’appui – et aura « bientôt 17 ans », dix-sept ans d'abstinence

Demander pardon est l'une des étapes du chemin au sein des Alcooliques Anonymes. Ils ont à cœur de transmettre leurs histoires et de rappeler que l'alcoolisme est une maladie. La « nouvelle addiction » d'Alain, plaisante-t-il à moitié, « c'est Vie nouvelle », le groupe des Alcooliques Anonymes de Saintes.

Publié dans AA france

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PORTRAITS

Publié le par kreizker

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"Un premier Noël en toute sobriété"

Publié le par kreizker

in "La Voix de l'Est" (Québec), 22 Décembre 2022

"Un premier Noël en toute sobriété"
La fête de Noël a des résonnances bien différentes pour chacun de nous. Pour certains, il marque la fin d’une période difficile ou un temps d’arrêt donnant le signal à un nouveau départ. Pour d’autres, ce sera un premier Noël bien spécial où une nouvelle page de leur vie sera écrite. La Voix de l’Est vous propose des histoires plus touchantes les unes que les autres marquées par l’espoir et la résilience. Aujourd'hui, Un premier Noël en toute sobriété.

Le réveillon de Noël aura une signification bien particulière pour *Frédéric. Pour la première fois depuis plus de dix ans, il célébrera en toute sobriété. Et c’est à la Maison Jean Lapointe de Montréal, un centre de traitement des dépendances, qu’il fêtera entouré de gens qui ont choisi eux aussi une vie sans alcool ni drogue.

«Mon 25 décembre au soir, je vais le passer avec des dépendants en thérapie, ce qui me fait tellement plaisir. Je vais apporter mon piano et je vais jouer pour les gens qui sont en thérapie. Ça va être bien spécial comme Noël», estime le Granbyen qui agit là-bas à titre de bénévole.

Étudiant en musique, Frédéric n’a pas toujours été abstinent. Ses premières expériences de consommation de drogue et d’alcool remontent à l’âge de 14 ans. «J’ai toujours eu beaucoup de facilité à l’école, donc je n’y trouvais pas tellement mon compte. Je n’avais pas vraiment de challenge, d’étincelles qui se créaient là-dedans. J’ai cherché à trouver ce petit high-là ailleurs et je l’ai trouvé dans les consommations diverses», raconte-t-il.

Durant plus de dix ans, sa vie a été marquée par la consommation, principalement de cannabis et d’alcool. «Il y a eu des passes où j’ai aussi consommé de la cocaïne. J’ai dit oui à tout ce qu’on m’a offert dans la vie. C’est pour ça que je dis que j’ai eu la chance qu’on ne m’ait pas offert de drogues trop dures, parce qu’elles font des ravages encore plus considérables. J’avais la fausse conception que si ça venait d'un ami, de quelqu’un en qui j’ai confiance, ce n’est pas si dangereux...», poursuit-il.

Malgré son alcoolisme, il a poursuivi son parcours académique au secondaire, avec des mentions aux galas méritas. Il s'est ensuite inscrit au cégep en musique. Il a changé de domaine à quelques occasions, en passant par les sciences et le plein air, entre autres.

 
Cet été, tout a basculé. Au lendemain d’une soirée bien arrosée pour laquelle il ne conservait aucun souvenir, Frédéric a tendu la main pour obtenir de l’aide, une aide que ses parents lui avaient proposée pendant plusieurs années et qu’il a finalement acceptée.

«J’ai associé mes problèmes à l’école au fait que je n’étais pas à la bonne place, que je n’étais pas dans le bon programme, que le prof ne m’aimait pas. Le genre d’excuses extérieures à moi. À un moment donné, il a fallu que je lâche parce que physiquement, je ne pouvais pas y être. Je consommais beaucoup les jours que je n’étais pas à l'école parce que c’est ce qu’un dépendant fait. Je me coulais un peu plus dans cepatern-là, explique le jeune homme âgé de 25 ans. Les sessions où j’ai beaucoup consommé, j’ai aussi beaucoup échoué. Et les sessions où je n’ai presque pas consommé, je n’ai presque pas échoué. J’ai réalisé que ma consommation avait un rôle bien plus important que ce que j’aurais voulu croire.»

Un lendemain qui a tout changé

Cet été, tout a basculé. Au lendemain d’une soirée bien arrosée pour laquelle il ne conservait aucun souvenir, Frédéric a tendu la main pour obtenir de l’aide, une aide que ses parents lui avaient proposée pendant plusieurs années et qu’il a finalement acceptée.

«J’étais un peu en panique parce que je me rendais compte que ça n’avait pas de bon sang. J’étais malade comme un chien. J’ai passé trois heures entre mon lit et la toilette à pleurer parce que je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Pourquoi ça ne marchait pas? Pourquoi ça faisait un an que je me disais que demain ça va bien se passer, pis que ça ne marchait pas chaque fois?»

«Ce matin-là, ma mère m’a dit qu’il fallait que je fasse quelque chose, parce qu’elle n’était plus capable de me voir dans cet état-là. Ça s’est fait avec une certaine synchronicité où les deux on est arrivés au bout de ça en même temps, poursuit-il. Ce n’a pas été un moment agréable mentalement, psychologiquement, pour moi. Je n’avais pas d’idée suicidaire, mais je n’avais pas non plus envie de vivre. J’ai dit on appelle là, à la maison de thérapie, parce que je ne sais pas dans une heure qu’est-ce que je vais vous dire. On a fait le move

L’inquiétude qui grandissait sans cesse chez ses parents l’a aussi secoué. 

 

« Ma mère m’a dit qu'elle se réveillait la nuit pour voir si je respirais encore. Ça fait réfléchir. Je leur ai dit plusieurs fois que j’essayais d’arrêter et ils me supportaient là-dedans, mais ça finissait toujours par débarquer. Ils ont toujours été là pour me soutenir. Ce n’était plus vivable pour mes parents. Pour moi non plus. »
 Frédéric*

C’est à la Maison Jean Lapointe de Montréal qu’il a été accueilli pour une thérapie de 21 jours. Des ateliers, des réunions, des rencontres individuelles et en groupe, ainsi que l’accompagnement d’intervenants ont ponctué son séjour. «Ce sont beaucoup de discussions avec les résidents pour comprendre que tu n’es pas seul. Tu n’es pas le seul qui est malade. Tu apprends que si tu te tournes vers des consommations diverses, c’est une maladie. Ce n’est pas une faiblesse de caractère. Ce n’est pas un manque de ''vouloir''. C’est une maladie», explique-t-il.

 

Frédéric est abstinent depuis six mois. Son cheminement se poursuit notamment en fréquentant certaines fraternités : Alcoolique Anonyme, Narcotique Anonyme et Cocaïnomane Anonyme. «Tranquillement, j’ai repris l’école et le travail, donc je suis plus à quatre, cinq réunions par semaine, détaille-t-il. Ce sont des groupes d’entraide. L’approche n’est pas toujours la même, les gens ne sont pas les mêmes. Je vais chercher différentes paroles, différentes personnes. C’est à travers les fraternités que je continue de progresser et de comprendre cette maladie-là qui va m’accompagner jusqu’à ma mort.»

Une fête spéciale

Noël n’a jamais été une fête qu’apprécie Frédéric. «C’est une fête qui représente beaucoup l’abondance, la surconsommation et tous ces thèmes-là. Je trouve ça difficile à vivre en général. Dans ma vie, j’ai consommé beaucoup plus dans le temps des Fêtes pour oublier cet aspect-là que je n’aime pas», explique le jeune sportif.

Histoire de donner un nouveau sens à cette fête, un premier Noël sans alcool ni drogue depuis plus de dix ans, il célébrera avec les résidents de la Maison Jean Lapointe en leur offrant quelques pièces musicales au piano. «C’est un cadeau d’avoir la chance de pouvoir aller là, d’être bénévole ce soir-là. Ça me garde dans mon rétablissement, dans les démarches que j’entreprends. Ça me met face à des gens comme moi. On a nos différences, mais on a une maladie de dépendance, dit-il. Je sais tout le bienfait que ça a eu dans ma vie la musique, à des moments de ma vie à quel point ça m’a sauvé de noirceur dans ma tête. Je sais que j’ai ça en dedans de moi, la fibre musicale, la composition.»

Cette fête sera également une première occasion de célébrer en toute sobriété avec ses proches. «Il y a quelque chose de le fun de passer un temps des Fêtes avec les gens que j’aime sans m’enivrer. Il y a quelque chose d’un peu stressant aussi parce que je sais que ça me fait vivre des émotions et de l'anxiété que je n’ai jamais appris à gérer parce que je les noyais. Ça va être particulier», estime celui qui aspire à produire de la musique de film, de série ou pour le théâtre.

Ce qu’on peut lui souhaiter pour la suite? «Ne pas prendre de drogue ni d’alcool demain pis le jour d’ensuite et d’ensuite. J’apprends beaucoup à laisser aller des choses qui ne sont pas mon ressort, à lâcher prise. Ce que je contrôle, c’est de ne pas boire aujourd’hui. Le reste, je laisse la vie me guider vers où je devrai aller. Je me permets de faire des erreurs. Je n'ai jamais été aussi bien qu’aujourd’hui.»

*Frédéric est un nom fictif pour préserver l’anonymat de l’interlocuteur

Publié dans AA Québec

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Publié le par kreizker

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