lu sur le blog de Paris La Défense

Publié le par kreizker

Oui, j'avais vu l'affiche....

Oui j’avais vu l’affiche….oui je sais que j’ai un problème avec l’alcool. Je savais depuis longtemps que j’étais concerné mais je n’osais pas….il y a le travail, il y a les collègues, il y a mon emploi du temps. C’est trop compliqué !

Oui j’avais honte. Je sais que cela peut paraitre ridicule. Avoir des responsabilités, être reconnu socialement, être respecté, et cependant être rouge de honte à l’évocation de sa maladie. J’ai culpabilisé d’être alcoolique. Tellement de personnes autour de moi, dans ma famille, dans mon entourage, tellement de battage dans les médias….toute cette pression qui rend cette maladie honteuse. Oui, être incapable de dire non à un verre d’alcool alors que l’on est capable de dire non à un fournisseur, à un client, à sa famille ! On est à la fois beaucoup et bien peu de choses.

Oui, j’avais peur. En voyant l‘affiche, je me suis dit en mon for intérieur que cela pourrait peut être m’aider à m’en sortir. Je suis très soucieux de ma sécurité, de mon anonymat, et que se passerait-il si je rencontrais une connaissance ?

Oui, je craignais l’incompréhension. Lorsque vous dites à vos collègues que vous avez un cancer, on en parle, on compatit, on ne juge pas. Lorsque vous êtes alcoolique, on vous regarde de travers. Moi-même, lorsque j’ai dit un mon meilleur ami au bureau que j’étais alcoolique, il m’a dit « pas toi, ce n’est pas possible, tu n’es pas alcoolique ! ».

Parbleu, si ! J’ai mis du temps à le déclarer. Le temps de réaliser, le temps d’en avoir peur,  le temps de refuser l’évidence, le temps d’accepter. Devant cette maladie si particulière, une fois le stade de l’acceptation passé, il m’a fallu entamer une démarche pour structurer une action de reconstruction.

J’ai compris en ce qui me concerne trois points essentiels :

         J’ai besoin de parler, de sortir de ma caverne, d’éliminer ces sources de stress qui m’ont conduit droit à la bouteille.

         Je souhaite parler à des personnes qui ne me demandent ni d’où je viens, ni qui je suis, ni ce que je fais.

         Mon interlocuteur privilégié doit être alcoolique lui-même, bien au fait de cette maladie et qui la connaît de l’intérieur comme le fond de sa poche. Je sais qu’il n’aura pas d’a priori et ne me jugera pas.

 

Finalement, j’ai simplement compris qu’il valait mieux être acteur de sa vie que spectateur de sa maladie.

Publié dans témoignages

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