AA et les attestations

Publié le par kreizker

Journal des Services Généraux n°129 automne 2012 (France)

 

Délivrance d’attestations : la demande est toujours forte de la part des serviteurs, notamment avec le développement des dispositifs PSE (Placement sous Surveillance Electronique)



Attestations, mise au point !!

Tout membre AA peut décider d’attester de la présence de telle personne à telle réunion, c’est un choix personnel et cela ne regarde pas le groupe. Mais en aucun cas un membre ne peut engager le mouvement dans son ensemble en fournissant une attestation libellée au nom des Alcooliques Anonymes. C’est pourquoi le bureau national ne fournit pas d’attestation type, chacun est libre de la formuler comme il l’entend, sur papier libre et sans tampon AA. L’apparition du bracelet électronique ne remet pas en question ce principe, nous en avons eu la preuve dernièrement pour un ami libéré récemment et qui souhaitait participer aux réunions AA. C’est le SPIP (Service Pénitencier d’Insertion et de Probation) concerné qui a demandé à la réfèrente locale un courrier fournit par le bureau national dans lequel on lui communiquait les lieux et horaires de réunions où le détenteur du bracelet souhaitait aller.

Les personnes sous mains de justice peuvent également demander à l’administration pénitentiaire ou judiciaire (Juge d’application des peines, conseillers d’insertion, établissement spécialisé dans le suivi judiciaire (ANPAA)) de leur fournir un formulaire d’attestation qu’un membre AA pourra leur signer, toujours à titre personnel ».

 

«Les AA ne donnent pas de lettres de références aux commissions de libération conditionnelle, aux avocats, aux officiers de justice, aux agences sociales, aux employeurs, etc. »

 

28 prison 

 

Parfois l’autorité requérante insiste pour recevoir des preuves légales et écrites de la présence du condamné. Bien souvent il suffit de prendre contact avec cette autorité et lui expliquer notre démarche et la position du mouvement sur notre collaboration avec les professionnels, et là le bureau justice national peut vous aider, c’est son rôle (voir rapport de commission justice, conférence 2012).

Je voudrais également rassurer les amis qui pensent que l’assistance obligatoire aux réunions de personnes condamnées est contraire aux traditions, là encore la ligne de conduite est très claire en nous faisant comprendre que la plupart d’entre nous a été « contrainte » soit par sa famille, son employeur, ses amis, son médecin à aller dans un groupe et bien souvent par sa propre souffrance , où nous avons trouvé l’abstinence.

Un petit rappel avant de clore cet article, rappelons-nous que nous sommes efficaces, crédibles et conformes aux traditions quand nous travaillons en équipes. Avant toute action, information, décision, assurez-vous d’avoir à vos côtés des amis d’expériences et une équipe conséquente pour pouvoir assurer les rotations de service. Jamais seul !!!!!!!!! Il en va de notre crédibilité auprès des professionnels.

Georges C.

Responsable bureau justice national

 



 

Ndlr : assistance obligatoire aux réunions

Situation habituelle aux USA, mais dans certains Etats, cette obligation a été jugée contraire au 1° amendement de la Constitution  (Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof)

The 2nd Circuit Court decision states that AA "placed a heavy emphasis on spirituality and prayer, in both conception and in practice," that participants were told to "pray to God," and that meetings began and adjourned with "group prayer." The court therefore had "no doubt" that AA meetings were "intensely religious events." Although some have suggested that AA is spiritual but not religious, the court found AA to be religious.

These court decisions are based on the finding that AA is religious enough that being required to attend it would be similar to requiring someone to attend church. Five US Circuit Courts of Appeal (the 2nd, 3rd, 7th, 8th,and 9th) have made similar rulings. The most recent of these decisions is Inouye vs. Kemna, Case No. 06-15474, filed 9/7/07 (and an amendment 10/3/2007)

 

Pour les détails sur ce jugement-là (2007), aller à  http://www.ca9.uscourts.gov/  et taper 06-15474 dans Search

 

Donc, grosso modo, les jugements se basent sur le fait que les réunions AA sont suffisamment religieuses que cela revient à assister à un office et contrevient à la liberté religieuse.

 



 

Extrait de FMG-5 ligne de conduite "Collaboration avec les tribunaux et les programmes de prévention"

L’assistance obligatoire aux réunions des AA.

Nous tous, qui avons trouvé l’abstinence chez les AA, savons que pour nous rétablir, il fallait éventuellement le vouloir pour soi, sinon au début. Nous ne pouvions pas demeurer abstinents simplement parce qu’on nous y « obligeait » ou pour faire plaisir à quelqu’un d’autre.

En réalité, chaque membre des AA à ses débuts a été « condamné » aux AA, soit par son employeur, sa famille, ses amis, son médecin, ou sa propre souffrance intérieure. Chez les AA, nous ne nous préoccupons pas de la personne ou de la raison qui a amené l’alcoolique vers nous.

Notre responsabilité consiste à enseigner le mouvement des AA comme mode de vie, afin que tous les nouveaux qui en ont besoin puissent le vouloir.

 

P1010127 

 

La preuve d’assistance aux réunions.

Il est important que le juge comprenne que l’assistance aux réunions des AA ne constitue aucune garantie de l’abstinence future de quiconque. Certains juges exigent néanmoins de recevoir des preuves légales et écrites de l’assistance du délinquant à un certain nombre de réunions. Dans la plupart des cas, le secrétaire du groupe (ou un autre responsable) se fait un plaisir de signer ou d’apposer ses initiales sur un document fourni par le tribunal, attestant que telle personne se trouvait à telle réunion à telle date.

Tous ceux concernés reconnaissent que ni le groupe ni les membres ne sont « liés » de quelque façon par la signature, non plus que ce geste signifie une affiliation du groupe avec tout autre programme. Il démontre simplement de  collaboration.

 

Dans certaines régions, le tribunal fournit aux groupes des AA qui collaborent des enveloppes scellées et estampillées, pré-adressées à la cour. Le secrétaire du groupe annonce qu’il a ces enveloppes et que toute personne qui en a besoin peut s’en procurer une après la réunion. Le contrevenant n’a qu’à en prendre une et, en privé, écrire au verso son nom ou son adresse de retour et la poster.

En d’autres endroits, chaque groupe qui collabore a une feuille fournie par le tribunal. Le secrétaire annonce qu’une telle feuille est disponible pour que les contrevenants la signent après la réunion. Le secrétaire envoie ensuite la feuille (dans une enveloppe fournie par l’organisme qui a envoyé la personne) au bureau qui a envoyé des candidats chez les AA. Ainsi, ce n’est pas le groupe des AA mais la signature du contrevenant lui-même qui témoigne de sa présence à la réunion.

Il est important de signaler que suite à une recommandation de la Conférence de 1983 du Comité de la Collaboration avec les milieux professionnels, « les AA ne donnent pas de lettres de référence aux commissions de libération conditionnelle, aux avocats, aux officiers de justice, aux agences sociale, aux employeurs, etc. »

 

 

 

 

Publié dans AA france

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article