Oser la confiance avec les Alcooliques Anonymes de Denain

Publié le par kreizker

in "La Voix du Nord" (France), 8 avril 2014

 

Une cinquantaine de personnes installées dans la salle des permanences, des gâteaux sur les tables qui attendent d’être partagés… Cette drôle de réunion, c’est celle des Alcooliques anonymes.

 

Ce jeudi-là, il s’agit d’un rendez-vous annuel particulier pour les « amis » des groupes de la région Nord - Pas-de-Calais. En effet, les membres sont venus fêter les anniversaires d’abstinence de sept personnes du groupe de Denain. Ils vont souffler leurs bougies, celles correspondantes à leurs années sans alcool. Une première bougie pour un d’entre eux, toujours un événement pour tous ; et ensuite 4, 5, 7, 14, 20 et 21 bougies. C’est aussi l’anniversaire de la création des groupes d’Alcooliques anonymes (AA) – depuis 26 ans – et des aides aux familles et amis d’alcooliques (Al-Anon), 23 ans.

 denainVous avez des problèmes d'alcool ? Rejoignez les Alcooliques Anonymes

 

 

« Retrouver la confiance »

Le thème choisi pour partager ces anniversaires, ce soir-là, fut « retrouver la confiance ». Chacun des récipiendaires s’exprime et témoigne de son parcours depuis son entrée chez les AA, puis chacun des participants est invité à prendre la parole. Ils témoignent :

Avant, l’échec. « J’ai passé la majeure partie de ma vie à utiliser l’alcool comme dopant puis comme médicament. J’étais persuadé que c’était la solution pour tenir le coup dans ma vie professionnelle et assumer les rôles que je devais tenir. J’ai longtemps cru que je pouvais m’en sortir tout seul : je me suis souvent dit, demain j’arrête… Mais impossible. J’étais dans l’impasse, dégoûté de moi-même et dans un sentiment d’échec tel que la seule solution qui s’offrait à moi était le suicide. »

Se confier. « Quand j’ai poussé la porte des AA, j’ai trouvé des amis qui m’ont accueillie telle que j’étais, sans me juger. Ils ne m’ont pas obligé à quoi que ce soit : progressivement, ils m’ont aidée par leurs paroles à entrer dans un programme de rétablissement. Aujourd’hui, je me connais mieux grâce à la confiance des autres : pouvoir se fier aux autres et se confier en toute liberté, sans crainte, permet ce travail sur soi-même qui rend possible de vivre sans alcool. »

Plus seul. « Je n’avais pas confiance en moi, j’avais peur du regard de l’autre : j’avais besoin de boire pour surmonter mes peurs et ma timidité… et un jour je n’ai plus su m’arrêter de boire. Je commençais à l’alcool fort dès 6 h du matin : plus je buvais, plus je savais que j’allais en mourir, mais si je ne buvais pas, j’allais en mourir aussi. J’ai fini par pousser la porte des AA et j’ai posé mes valises chargées de culpabilité, chargées de problèmes et de ressentiments. Les amis m’ont accueilli et ils m’ont témoigné leur propre parcours. Je n’étais plus seul dans ce cas : il y avait un rétablissement possible, j’ai eu confiance dans ce qu’ils m’ont dit. Maintenant, je veux vivre. »

Une maladie. « Je me sentais coupable, j’ai essayé de l’empêcher de boire par tous les moyens : je cachais son état à tout le monde, je l’excusais auprès des autres, je vidais ses bouteilles. Ce que j’ai entendu au cours des réunions Al-Anon était complètement nouveau pour moi. J’ignorais que l’abus d’alcool était une maladie. Petit à petit, j’ai pu parler librement sans crainte d’être jugée. Grâce au programme Al-Anon j’ai commencé à changer mes attitudes, appris à me détacher de son problème et à accepter mon impuissance devant l’alcool. »

 

Réunion des Alcooliques anonymes tous les jeudis (accueil à 19 h), salle des permanences, parking de la mairie, 1er étage. Réunion des Al-Anon le même jour, même heure, même lieu, au rez-de-chaussée. Contacts : Alcooliques anonymes, 03 20 24 08 75 ; Al-Anon, 03 20 70 08 71.

Publié dans AA france

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