Un jour sans alcool, c'est ça de gagné !

Publié le par kreizker

in "La Montagne", 21 juin 2011

 

Ce « p..... de verre », comme elle l'appelle elle-même, Évelyne a mis des années à lui tourner le dos, à ne plus le regarder, à simplement vivre sans lui. Des années remplies de culpabilité, de honte, de déni... D'une immense tristesse et d'une solitude infinie, aussi. « J'ai commencé à boire quand j'étais adolescente, glisse-t-elle. Ça a commencé comme ça. Et puis, petit à petit, l'alcool a rythmé ma vie. Sournoisement. Dès le matin, il fallait que je boive. Et faire en sorte de le cacher à mon entourage, surtout. C'était une véritable obsession ».

 

Cette inexorable descente aux enfers semblait sans limites. Jusqu'à ce qu'Évelyne se décide enfin à pousser la porte d'un « groupe de parole », accompagnée d'un ami. « Mais vous n'imaginez pas comme cette porte a été lourde. Comme ce premier pas a été difficile ! », se souvient-elle. Et c'est là qu'elle rencontre un ancien alcoolique, « un homme qui faisait partager une incroyable joie de vivre, un vrai bonheur ! ». « Il m'a insufflé cette force, m'a donné l'énergie de m'en sortir. J'ai rejoint les Alcooliques Anonymes (AA). Et aujourd'hui, ça fait quatorze ans que j'ai arrêté de boire. En fait, c'est comme si j'étais née il y a quatorze ans... ».

 

À 53 ans, Évelyne n'a pas pour autant quitté ses « amis » des AA. Au contraire. Elle continue de participer régulièrement à des « réunions ouvertes » de l'association, comme celle qui s'est déroulée il y a quelques jours, dans les locaux de l'Espace Entr'Aides, à Brioude, pour la toute première réunion du nouveau groupe brivadois des AA (voir par ailleurs). « Ce soir, je suis émue. Et j'espère aussi que tout le monde va bien ! ».

Une dizaine d'hommes et de femmes ont pris place autour des tables, dans une salle du rez-de-chaussée. Ils sont venus avec des gâteaux, des thermos de café, du sirop de menthe, des bouteilles d'eau... Des dépliants des AA sont étalés sur les tables.

Ce soir, c'est Christophe qui sera le modérateur de la réunion. Le thème est aussitôt choisi : « l'alcool, en parler pour se libérer ».

 

france 2011

 

Thierry commence. « Je voulais d'abord dire que je vais bien ! », sourit-il. Avant de faire un long voyage dans le passé... De parler des « premières cuites isolées », à 16-17 ans. Puis du plongeon, pendant l'armée, à 20 ans. Et de son « métier à risques » de commercial, quelques années plus tard, qui scellera son destin. Jusqu'à « la renaissance », il y a une poignée d'années, poussé par sa compagne qui le mettra au pied du mur. « Soit je me faisais soigner, soit elle s'en allait ». Thierry vit désormais « très bien sans alcool ». « L'alcoolisme, ce n'est ni un vice, ni une perversion. C'est une maladie, insiste-t-il. Ça ne se guérit pas, mais ça se soigne ». Et le premier remède, c'est souvent la parole. « Ces mots qui soignent les maux », comme le résume l'un des participants.

 

« Ici, poursuit Évelyne, on peut laisser parler son coeur. On est anonyme et c'est important. Avant, je venais à reculons. Maintenant, je suis contente d'être avec vous ».

« Vous savez, en parler, c'est souvent le premier rempart contre ce p..... de premier verre, celui qui nous fait replonger. Un seul verre nous sépare du retour vers l'enfer », ajoute Philippe, venu, ce soir-là, chercher sa « piqûre de rappel »...


Groupe de Brioude

Espace Entr'aides - 4 avenue Victor Hugo - 43100 Brioude - France

Publié dans medias

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article