Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

William D. Silkworth

Publié le par kreizker


La classification des alcooliques semble une tâche des plus difficiles, et la faire avec force détails dépasse l'objet de ce livre. Il y a bien sûr les psychopathes, qui sont émotionnellement instables. Nous connaissons bien cette catégorie de patients. Ceux-ci se mettent toujours « au sec pour de bon ». Ils sont rongés par le remords et prennent plusieurs résolutions, mais jamais de décisions.

Il y a le genre d'homme qui refuse d'admettre son incapacité à prendre de l'alcool. Il pense à diverses façons de boire. Il varie ses consommations ou change d'environnement. Il y a le type d'alcoolique qui demeure convaincu qu'après une longue période d'abstinence, il sera capable de prendre un verre sans risque. On rencontre également le style maniaco-dépressif, qui est peut-être le moins compris par ses amis et sur qui on pourrait écrire tout un chapitre.


Puis il existe des personnes qui se comportent normalement sur tous les plans, sauf en ce qui concerne l'alcool. Ils sont souvent talentueux, intelligents et aimables.


Toutes ces personnes, ainsi que beaucoup d'autres, ont un symptôme en commun : elles sont incapables de boire sans contracter un goût immodéré pour l'alcool. Ce phénomène, comme nous l'avons suggéré, pourrait être la manifestation d'une allergie qui différencie ces gens et les place dans un groupe à part. Cette réaction face à l'alcool n'a jamais été enrayée de façon permanente par aucun traitement connu quel qu'il soit. Le seul remède que nous pouvons conseiller est l'abstinence totale.


Cela nous précipite au milieu d'un chaud débat. De nombreuses opinions ont été émises, les unes en faveur de l'abstinence, les autres contre ; mais dans le milieu médical, l'opinion générale est que la plupart des alcooliques chroniques sont condamnés.


Quelle est la solution ? Je ne saurais sans doute mieux répondre qu'en décrivant l'une de mes expériences.

 

Environ une année auparavant, un homme a été admis à l'hôpital pour alcoolisme chronique. Il s'était partiellement rétabli d'une hémorragie gastrique et semblait présenter des symptômes de détérioration mentale pathologique. Il avait perdu tout ce qui compte dans la vie ; seul le goût de l'alcool semblait le maintenir en vie. Il admettait ouvertement qu'il n'y avait plus d'espoir pour lui. Après la période de désintoxication, on n'a pas trouvé de dommage permanent causé à son cerveau. Il a accepté de suivre le programme exposé dans ce livre. Une année plus tard, il a demandé à me voir et j'ai alors ressenti une sensation très étrange. Je connaissais cet homme de nom et je reconnaissais quelque peu ses traits, mais là s'arrêtait toute ressemblance. L'individu tremblant, désespéré et à bout de nerfs, avait fait place à un homme débordant d'aise et d'assurance. Je me suis entretenu avec lui pendant un moment, mais je ne pouvais toujours pas me convaincre que j'avais déjà connu cet homme. Lorsqu'il m'a quitté, je ne l'avais toujours pas reconnu. Beaucoup de temps s'est écoulé depuis sans qu'il ne retouche à une goutte d'alcool.


Lorsque j'ai besoin de me remonter le moral, je me rappelle le cas d'un autre homme qu'un éminent médecin de New York m'avait adressé. Le patient avait établi lui-même son diagnostic, puis, ayant conclu que sa condition était sans espoir, s'était caché dans une grange abandonnée, déterminé à mourir. Il a été trouvé par une équipe de recherches et conduit chez moi dans une condition désespérée. À la suite de sa réhabilitation physique, il m'a dit franchement qu'il considérait son traitement comme peine perdue, à moins que je ne puisse lui assurer – ce que jamais personne n'avait fait – que dans l'avenir, il démontrerait « assez de volonté » pour résister à l'envie de boire.


Sa condition d'alcoolique était tellement compliquée et son état dépressif tellement avancé que nous avons cru que son seul espoir résidait dans ce que nous appelions alors la « psychologie morale » ; même cela, croyions-nous, n'aurait peut-être aucun effet.


Cependant, il en est venu effectivement à adopter les idées contenues dans ce livre. Il n'a pas pris un verre depuis très longtemps. Je le vois de temps à autre et son comportement est comparable à celui que l'on souhaite trouver chez tout homme.


Je recommande vivement à tous les alcooliques de lire ce livre jusqu'à la dernière page, et s'il s'en trouve parmi eux qui le font avec l'intention de se moquer, il pourrait arriver que ceux-là mêmes restent pour prier.

William D. Silkworth, M.D

 

Publié dans histoire AA

Partager cet article
Repost0

FASHION

Publié le par kreizker

 

 



Publié dans boutique

Partager cet article
Repost0

ALCOHOLIC OUTSIDER ARTIST

Publié le par kreizker

DU 6 JUIN AU 6 JUILLET  Talents Coffee Studio, 200 8th Ave East, Springfield, Tennessee







http://www.kreizker.net/article-31726122.html

Publié dans boutique

Partager cet article
Repost0

argent

Publié le par kreizker

ARGENT, 34


FICHIER
 PDF

Publié dans mots du Big Book

Partager cet article
Repost0