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Témoignage : "Alcoolique, j'étais odieux avec tout le monde"

Publié le par kreizker

Actu.fr, 22 Janvier 2023

Thierry a osé franchir la porte des Alcooliques Anonymes de Quimper Saint-François le 1er janvier 2022. Cela fait un an qu'il a cessé de boire. Témoignage.

Un an. Voilà un an que Thierry a cessé de boire. Il a pris sa décision le 1er janvier 2022 après « un événement familial déclencheur ». Le Quimpérois ne veut pas s’étendre sur la nature des faits. Mais laisse entendre que son épouse ne pouvait plus en supporter davantage.

Il s’est alors rendu à sa première réunion des Alcooliques Anonymes (AA), au-dessus des halles Saint-François, à Quimper. « J’y suis allé exactement 87 fois en 2022, presque tous les mardis et les dimanches. J’y vais pour voir les copains, les écouter, parler, me rappeler. Je suis dans une sérénité vigilante, ce qui veut dire que  je suis abstinent aujourd’hui, mais demain je n’en sais rien… On prend les jours les uns après les autres. Aller aux réunions permet d’entretenir son abstinence », explique Thierry.

« Un vrai con »
« L’alcoolisme ne se guérit pas. Si on reprend un verre, c’est reparti. Et on peut vite retomber, surtout lorsqu’on a du mal à gérer des émotions. Moi, je suis entré aux Alcooliques Anonymes en 1985 et je suis abstinent depuis 1986″, confie Christian, qui est désormais dans la transmission, la douzième et ultime étape des AA.

Les autres passent par la reconnaissance de la maladie, la réparation des torts faits aux proches, le travail sur soi…  Il y a aussi une forte dimension spirituelle. « On parle de puissance supérieure. Cela peut être un Dieu pour ceux qui y croient, mais aussi sa famille, un groupe… Bref, ce qui nous aide à arrêter de boire et à aller mieux », éclaire Christian.

Chacun doit trouver son propre chemin vers l’abstinence. Chaque parcours est singulier, insistent les deux hommes.

L’alcoolisme de Thierry s’est installé insidieusement jusqu’à « boire du matin au soir au cours des cinq dernières années ». Alors chef d’entreprise, il buvait la plupart du temps seul, à l’abri des regards. Six bouteilles de rosé par jour.

Forcément, son comportement s’en ressentait :

« J’étais un vrai con. J’étais odieux avec tout le monde : les salariés, mon entourage, mes amis. Je n’écoutais personne, je savais tout sur tout. » 

À l’époque, peu de personnes osent lui parler de son alcoolisme. « Quand quelqu’un abordait le sujet, je répondais que je buvais sans doute un peu trop. J’étais dans le déni complet. »

« J’ai gagné en humilité »

Thierry doit toutefois se justifier lorsque son épouse, à bout, avertit tout le monde qu’il est alcoolique. « Quelle honte! Je l’ai ressenti comme une trahison. »

Son épouse est bien au fait de ces questions de bouteille. Elle fréquente depuis de nombreuses années Al-Anon, une association qui vient en aide aux proches de personnes alcooliques. Elle y allait alors pour son père, également alcoolique. « Elle continue à participer aux réunions d’Al-Anon qui fait un travail formidable », apprécie Thierry.

Il se rend bien compte de la « chance » d’avoir une telle épouse. « J’ai vu le fond de très très près. Mais je ne l’ai pas touché. Je n’ai pas causé de dégâts irréversibles », confie Thierry. Certains ont perdu leur permis, leur emploi, leur famille… leur vie.

L’ancien chef d’entreprise a malgré tout blessé beaucoup de gens. « Le premier à qui j’ai demandé pardon, c’est mon père. Je suis allé en pleine nuit sur sa tombe sans le dire à personne. J’en ai seulement parlé ensuite à la réunion des AA. »

Thierry a ressenti rapidement les changements liés à l’abstinence. « Mes journées sont sereines. Et ça, c’est extraordinaire pour un alcoolique », lâche le nouveau retraité.

Il est fier de dire qu’il est désormais capable d’écouter les autres, de débattre sans s’emporter… « J’ai gagné en humilité. »

1800 bouteilles par an

Son compte en banque apprécie aussi l’abstinence : » Ça en fait des voyages quand on économise 1800 bouteilles par an. Surtout que j’avais des exigences ! Je ne buvais pas n’importe quoi. Et depuis le 1er janvier 2023, j’ai arrêté de fumer ! »

Les bonnes résolutions du 1er janvier 2022 ont sauvé plusieurs fois Thierry. « Les gens s’étonnaient quand je refusais un verre. Je leur répondais que c’était une bonne résolution. Ça coupait court à la plupart des questions. »

Il a toutefois refusé plusieurs invitations, ne se sentant pas suffisamment solide pour affronter l’alcool. Aujourd’hui, il peut tenir sans trembler la buvette d’une des associations dans lesquelles il s’investit.

Dans le cercle familial, il a eu droit à des cocktails sans alcool pendant les fêtes de fin d’année et ses petits-enfants lui sont désormais confiés sans inquiétude. « Avant, il fallait forcément que ma femme soit là. C’est l’une de mes plus belles récompenses. »

Infos pratiques.Réunion du groupe des Alcooliques Anonymes de Quimper Saint-François tous les mardis de 18h30 à 20h et les dimanches de 10h30 à 12h au-dessus des halles (entrée rue Astor). Téléphone : 06 63 17 53 24.

Publié dans AA Bretagne

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Alcooliques Anonymes de Pontivy : « C’est comme dans une ruche, on se soutient »

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France), 8 Décembre 2022

Tous les mardis soir, les alcooliques anonymes organisent une réunion, et le 2èm mardi de chaque mois la réunion est ouverte à tous. « Le plus dur est de franchir la porte, alors n’hésitez pas » dit Jean-Pierre

Tous les mardis soir, les alcooliques anonymes organisent une réunion, et le 2èm mardi de chaque mois la réunion est ouverte à tous. « Le plus dur est de franchir la porte, alors n’hésitez pas » dit Jean-Pierre

Les Alcooliques Anonymes de Pontivy ont fêté leurs six ans, mardi 6 décembre 2022. L’occasion aussi de célébrer des anniversaires d’abstinence.

Le chiffre 6 est porte-bonheur pour le groupe des Alcooliques Anonymes de Pontivy. En effet le groupe a fêté ses six ans d’existence, mardi 6 décembre, 6, Quai du Plessis. Monique y a aussi fêté ses six ans d’abstinence, aux côtés de Jean-Pierre qui affiche 35 ans d’abstinence.

« J’y ai découvert une fraternité, des amis »

Tous les mardis, à 19 h 30, au Bâtiment E, l’anonymat est toujours respecté, comme lors de cette soirée anniversaire, qui a eu lieu mardi soir. Chacun y livre à son tour son histoire, son rapport à l’alcool, s’il le souhaite. Aucune obligation de témoigner, on peut écouter, et comme le dit Jean-Pierre, un jour on a un déclic. « Moi j’avais besoin d’alcool pour aller travailler ! Un jour un médecin m’a donné un traitement et m’a conseillé d’aller aux Alcooliques Anonymes, les AA, comme on les appelle entre nous. J’y suis allé, alcoolisé bien sûr, je n’ai pas compris grand chose, mais j’y ai découvert une fraternité, des amis, depuis 35 ans je suis abstinent », déclare Jean-Pierre.

« On se porte les uns les autres »

Là, d’autres témoignent : « Les AA c’est comme une ruche, on se soutient ! On se porte les uns les autres, moi j’étais jeune, mais les anciens étaient là pour nous guider. Ce soir le thème est « Transmets le », ça fait des années que je veux transmettre ce qu’on m’a donné », confie un autre.

Tous les AA présents ce mardi soir ne sont pas du groupe de Pontivy, mais viennent de Lorient ou plus loin pour célébrer les anniversaires de Jean-Pierre et Monique. « Comme toi, Jean-Pierre, je ne pouvais plus travailler, vivre sans boire, et je pensais y arriver tout seul, mais impossible je rechutais à chaque fois. Les AA m’ont permis de retrouver ma dignité, mon problème, en fait, ce n’est pas l’alcool, mais l’alcoolisme, alors aux AA je suis devenu un serviteur ».

Pratique Réunion le deuxième mardi du mois, ouvert à tous. Tél. 09 69 39 40 20

Publié dans AA Bretagne

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"Alcooliques Anonymes : cap sur les îles"

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France), 8 Novembre 2005

Comme tous les Alcooliques Anonymes, Charles souhaite garder l'anonymat. Mais ceux qui fréquentent les pontons reconnaîtront le navigateur qui a décidé de « se rendre utile aux autres ».

Comme tous les Alcooliques Anonymes, Charles souhaite garder l'anonymat. Mais ceux qui fréquentent les pontons reconnaîtront le navigateur qui a décidé de « se rendre utile aux autres ».

Charles vient de fêter ses « 24 ans sans alcool ». Membre des AA (*) et navigateur passionné, il rencontre, au gré de ses pérégrinations maritimes, des hommes et des femmes qui, comme lui, ont bu jusqu'à la lie. L'idée lui est donc venue de créer un groupe de discussion qui se rassemblerait à Belle-Ile. Continentaux et îliens y sont conviés.

Un jour, à Belle-Ile, avec deux amis AA, j'ai rencontré Hervé. En discutant, on s'en rendu compte que lui aussi avait eu des problèmes avec l'alcool... Ça a été notre première réunion du groupe de Belle-Ile. On était quatre». Aujourd'hui, Charles lance un appel aux Iliens qu'ils soient de Groix, de Houat, de Hoëdic et de Belle-Ile, pour organiser régulièrement des réunions destinées à aider les malades de l'alcool et à soutenir ceux qui s'en sont sortis.

Pas de microclimat pour l'alcoolisme

«Les continentaux pourront se joindre à nous. Nous partirons sur mon bateau». Charles et ses amis espèrent trouver un local sur l'île. «Mais ce n'est pas un problème, du moment qu'on peut discuter». D'autant que, selon Charles, les îles sont aussi largement touchées par l'alcoolisme que le continent. «Quel que soit l'endroit, il y a à peu près 10 % d'alcooliques. Et je pense que sur les îles, l'isolement, surtout en hiver, contribue à faire plonger les gens». Charles sait de quoi il parle : «J'ai 71 ans aujourd'hui, il y a 24 ans que j'ai arrêté de boire, mais j'ai bu pendant 30 ans. J'étais un buveur cyclique. Pas un ivrogne, ni un alcoolique mondain. Je pouvais me passer de boire pendant des périodes plus ou moins longues, mais je consommais de manière excessive à d'autres moments. Au fil du temps, les cycles se sont rapprochés et j'ai foutu une partie de ma vie en l'air. J'ai perdu mon poste de directeur commercial. Je suis allé de boulot en boulot, sur des postes de moins en moins intéressants, jusqu'à ne plus avoir de travail. J'ai perdu la confiance de mes enfants...».

Rebondir quand on a touché le fond

Un jour, Charles a touché le fond. «Mon fond», comme il dit. Car chacun à ses propres limites et «il n'est pas nécessaire d'aller au delirium tremens» pour prendre conscience de sa déchéance. «A partir de ce moment-là, j'ai pris l'affaire au sérieux. J'ai appris que c'était une maladie qui se soigne très bien. Je n'ai jamais rechuté. Aux AA, on a une expression qui est «24 h à la fois». Chaque jour est important pour s'en sortir».

(*) AA : Alcooliques Anonymes, groupe des îles : Charles (06.03.28.54.21) et Hervé (06.08.32.89.69).

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"La convention régionale des Alcooliques Anonymes a réuni 150 personnes à l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer"

Publié le par kreizker

"La convention régionale des Alcooliques Anonymes a réuni 150 personnes à l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer"

in "Le Télégramme" (France), 5 Septembre 2022

Extrait : 

La 36e convention régionale des Alcooliques Anonymes s’est déroulée du 2 au 4 septembre à l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer. Trois jours de retrouvailles, de débats et de partage après deux années chahutées par la covid, qui a réuni plus de 150 participants venus de Bretagne et de Normandie.

Publié dans AA Bretagne

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