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"Pays de Pontivy : "J'ai arrêté de boire pour vivre et je continue de vivre pour ne pas boire"

Publié le par kreizker

in "Pontivy Journal" (France), 24 Janvier 2022

Cinq ans de dépendance et deux années nécessaires pour s’en sortir, cette quadra du pays pontivyen revit aujourd’hui grâce aux groupes de paroles, entre autres. ©Photo d’illustration/Pontivy Journal

Cinq ans de dépendance et deux années nécessaires pour s’en sortir, cette quadra du pays pontivyen revit aujourd’hui grâce aux groupes de paroles, entre autres. ©Photo d’illustration/Pontivy Journal

Abstinente depuis 3 ans, cette mère de famille de la région de Pontivy (Morbihan) s'est battue pour décrocher. Des séances de groupes de paroles plus tard, elle témoigne.

« C’est venu de façon insidieuse, on ne s’alcoolise pas d’un coup… » Elle a 43 ans et cela fait trois ans qu’elle est abstinente. Cette femme de la région de Pontivy (Morbihan) préfère garder l’anonymat, mais se fait un devoir de partager son vécu, sa maladie, son alcoolisme, sa descente aux enfers…

La dégringolade à partir de ses 30 ans

Durant cinq ans, de ses 30 à 35 ans, c’est la dégringolade, comme elle le confie.

Je me suis rendu compte que l’alcool me faisait oublier toutes mes angoisses, ça me faisait vraiment tout oublier. Mais dans le même temps, je m’isolais de plus en plus, m’éloignait de mes amis, de ma famille. J’étais très hypocrite, je ne buvais pas lors des repas de famille, ou bien je déclinais l’invitation de mes amis pour rester boire, chez moi, le soir… Je ne m’ouvrais plus à la vie. » Un quotidien que se limite très vite à son travail, ses enfants et son temps libre, « je passais mon temps libre, à boire.

Le déclencheur est une séparation amoureuse, la dépendance va s’installer tranquillement, au rythme d’un verre, puis deux, puis plus, le soir. « Je ne me posais pas la question d’arrêter : pour moi, c’était temporaire, je me disais que je pouvais arrêter n’importe quand sans problème… » Elle hausse les yeux, souffle.

Des réveils sans souvenir

Elle reprend : « Je pouvais boire à 10 h ou 16 h à la maison. Mes enfants me disaient parfois que je sentais l’apéritif… Je m’achetais toujours deux jours de consommation, mais des fois, je buvais tout d’un coup, jusqu’à perdre connaissance. Cela m’est arrivé de faire 60 km à 22 h pour trouver la supérette encore ouverte dans une grande ville… »

Parfois, la dépendance est plus forte, elle a ouvert parfois une bouteille dans sa voiture, en sortant du travail, n’attendant pas le retour à la maison. Certains matins, elle se réveille sans aucun souvenir de la veille : « Je prenais mon téléphone en mai, et là je voyais que j’avais téléphoné à des gens, et je ne me souvenais même pas des conversations. »

Le cliché de l’alcool au masculin

Elle finit par prendre conscience de son addiction, « mais au bout de ces cinq ans-là, j’ai mis deux ans pour comprendre que j’étais alcoolique. » La quadra a du mal à s’imaginer dépendante : « Pour moi, un alcoolique, c’était un pilier de comptoir titubant, un homme ; pas une femme. J’avais l’image de l’alcoolisme au masculin. »

Elle confie avoir vu récemment un film avec l’actrice Claire Keim, La Soif de vivre, sur l’alcoolisme au féminin.

J’aurais aimé le voir avant tout ça…Oui, il y a des femmes alcooliques en France. Et il ne faut pas avoir honte parce qu’on est une femme. Par exemple, les femmes qui boivent, changent de magasins très souvent pour ne pas se faire repérer, ou bien achètent un tas de  courses complètement inutiles pour fondre les bouteilles dans la masse ; un homme qui boit, il s’en fout, il ne change pas de magasin, et ça ne dérange pas les gens de voir un homme sortir avec plein de bouteilles, mais une femme, le regard est différent…

Avec cette de prise de conscience, d’autres doutes s’installent : la peur qu’on lui enlève ses enfants, qu’elle perde son travail. « Même si je l’avais déjà perdu à mes yeux, j’avais peur de perdre ma dignité aux yeux de la société. » Elle ne parle de son alcoolisme à son médecin traitant et fait une tentative de suicide.

Les groupes de paroles, sa délivrance

« Heureusement, la vie m’a retenue… » Finalement, elle s’ouvre à son médecin, « il m’a envoyé vers des professionnels compétents. Mais il m’a fallu deux sevrages, deux post-cures, deux rechutes. » Elle fait sa première rechute au bout de 7 mois d’abstinence, en pensant qu’elle pouvait consommer à nouveau comme tout le monde, « mais c’était pire qu’avant. » Sa deuxième période d’abstinence a duré neuf mois, « il a suffi d’un verre pour que je dégringole pendant un mois. »

Après cette deuxième rechute, elle se renseigne sur une autre façon d’être accompagné, « je recherchais des groupes de paroles d’anciens buveurs, je me suis rapproché des Alcooliques Anonymes et d’un autre mouvement dont je ne me souviens plus du nom. »

Et là, c’est la délivrance. C’est le mot qu’elle emploie, une délivrance.

Ils savaient de quoi je parlais, on avait tous vécu sensiblement la même chose. D’être dans ces groupes de paroles, cela m’a appris à appréhender la maladie, l’alcoolisme. Ça touche monsieur et madame Tout-le-Monde : c’est comme le diabète, ça peut toucher n’importe qui. C’est grâce à mon passage toutes les semaines dans ces groupes que je me suis rétablie sereinement. Je ne me sentais plus seule, ça m’a permis de me resociabiliser, de retrouver une légitimité.

Elle renoue avec ses proches

Trois ans sans boire, à se rendre compte que l’on peut être heureuse sans alcool, « je cultive mon grain de folie même à jeun !  » sourit-elle. Elle insiste, son abstinence est possible grâce à une vigilance de tous les jours ; un seul verre, et elle replonge. Elle se méfie aussi des aliments cuisinés avec l’alcool.

Peu importe avec quoi on trinque, on est juste là pour partager une bonne nouvelle, pas besoin d’alcool. J’ai les outils, je sais contrer cela.

Elle s’est fait de nouvelles relations amicales ; petit à petit, elle renoue avec sa famille. Quant à ses enfants, « ils ont toujours été d’un grand soutien. Ils ne m’ont jamais tourné le dos, ils me disent que je suis une battante. » La maladie de leur mère leur fait changer de regard sur l’alcool, à l’âge où les jeunes commencent à consommer. Et elle conclut, avec philosophie : « J’ai arrêté de boire pour vivre et je continue de vivre pour ne pas boire. »

Groupe "Pontivy Renouveau"

Bâtiment E - 6 Quai du Plessis - 56300 Pontivy

Publié dans AA Bretagne

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"« Après l’alcool, il peut y avoir une vie heureuse », témoigne un membre des Alcooliques Anonymes de Landivisiau"

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France), 12 Janvier 2022

Chaque jeudi, le groupe des Alcooliques Anonymes se réunit à la Maison de l’aidant à Landivisiau.

Chaque jeudi, le groupe des Alcooliques Anonymes se réunit à la Maison de l’aidant à Landivisiau.

Chaque jeudi soir, le groupe des Alcooliques Anonymes (AA) de Landivisiau se réunit à la Maison de l’aidant, mise à disposition par la Fondation Ildys et David Guéguen, directeur de l’Ehpad Saint-Vincent Lannouchen. Rencontre avec Gilbert (prénom modifié), l’un des modérateurs.

Quel bilan d’année faites-vous pour le groupe de Landivisiau ?

« En début d’année 2021, nous avons eu la chance de pouvoir signer une convention de prêt à titre gracieux d’une salle à la Maison de l’aidant avec la Fondation Ildys et David Guéguen directeur du Centre Saint-Vincent. Notre première réunion s’est tenue le 10 juin, avec quatre personnes ; aujourd’hui, nous sommes souvent quinze. Au total, ce sont 30 réunions qui se sont tenues avec une moyenne de dix personnes présentes. Ce sont des données prometteuses pour le groupe.

En quoi les AA répondent-ils à un vrai besoin dans le Pays de Landivisiau ?

Les ratios relevés au niveau national s’appliquent au Pays de Landivisiau. Si sa population (INSEE 2018) est estimée à 26 077 personnes de plus de quinze ans, il est établi qu’environ 2 000 personnes ont un problème avec l’alcool. Si chacune d’elle affecte cinq personnes de son entourage, au total ce sont 12 000 personnes qui sont directement ou indirectement impactées par l’alcool. À Landivisiau, comme ailleurs, derrière un malade dans une addiction à l’alcool, il y a une famille, de la souffrance, de l’isolement. La fraternité AA s’interdit de lui fermer la porte, du fait du vécu de ses membres qui se reconnaissent dans ce combat et témoignent qu’après l’alcool, il peut y avoir une vie heureuse.

La maladie n’est pas dans la bouteille. Elle a pu être décrite comme une allergie psychologique doublée d’une obsession mentale. Qu’en pensez-vous ?

En effet, l’alcoolisme est une maladie obsessionnelle. Le malade est atteint d’une allergie à l’alcool, et, un malade alcoolique abstinent depuis plusieurs années s’expose à retrouver une consommation irraisonnée dès qu’il se remet à boire. Il s’agit d’une maladie qui peut être mortelle.

Que dire aux personnes qui hésitent à venir frapper à votre porte ?

Dans les réunions des AA, la personne est invitée à opérer un changement profond de comportement qui va au-delà de l’arrêt de la consommation d’alcool. La sobriété émotionnelle en fait également partie, et la rencontre de personnes atteintes de la même maladie et qui ont mis en pratique une méthode qui leur permet d’être heureux est un risque à prendre. Il ne faut pas oublier que l’alcool est un solvant puissant, qui dilue les couples, les emplois, les entreprises, les familles, les amis. Enfin, la garantie de l’anonymat inscrite dans l’une de nos traditions est assurée.

Quels sont les projets pour 2022 ?

Nous allons développer notre communication, pour nous faire mieux connaître auprès des publics concernés par l’alcool. Comment ? Par le biais de supports de communication à disposition dans les cabinets médicaux, les mairies, les lieux publics ; en ayant un interlocuteur auprès des municipalités et professionnels de santé ; en ayant nos réunions référencées sur les sites internet des communes ».

Pratique

Réunion des Alcooliques Anonymes, chaque jeudi soir, de 20 h à 21 h 30 à la Maison de l’aidant. Contacts : tél. 06 42 23 72 22 et 09 69 39 40 20.

Publié dans AA Bretagne

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À Landivisiau, Les Alcooliques Anonymes recherchent un local pour se réunir

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France), 14 Février 2021

Le groupe des AA du Pays de Landivisiau qui accompagne les personnes vers une abstinence heureuse est à la recherche d’un local pour se réunir.

Le groupe des AA du Pays de Landivisiau qui accompagne les personnes vers une abstinence heureuse est à la recherche d’un local pour se réunir.

Le groupe des Alcooliques Anonymes de Landivisiau continue de travailler malgré la crise sanitaire. Aujourd’hui il cherche un local pour se réunir.

Depuis quelques années, le groupe des Alcooliques Anonymes (AA- du Pays de Landivisiau) constitué d’une dizaine d’adhérents, a pris l’habitude de se réunir un soir par semaine, le jeudi, dans un local partagé, mis à disposition par la Communauté de Communes du Pays de Landivisiau (CCPL). La crise sanitaire est passée par là depuis un an. Rencontre avec Loïc pour le groupe des AA de Landivisiau.

 

Comment avez-vous fonctionné depuis un an ?

Depuis un an, le groupe de Landivisiau, bien ancré entre Morlaix et Landerneau, a dû s’adapter au gré des confinements et déconfinements, privant à certains moments les habitants du territoire, abstinents ou souhaitant sortir de la maladie, de ces temps de réunions hebdomadaires si précieux. Hors confinement, nous avons continué notre travail de proximité en nous déplaçant chez les personnes et en appliquant toutes les mesures de précaution préconisées. Nous n’avons eu aucun cas de covid au sein du groupe. Nous avons également continué à entretenir les liens par visioconférence. La multitude de groupes qui existent rend les échanges faciles. La règle de l’anonymat est préservée du fait que l’on peut masquer la caméra.

Quels sont les projets dès que les réunions en présentiel redeviendront possibles ?

Nous n’avons pas encore totalement mesuré les effets du confinement sur les malades alcooliques, mais je peux vous dire que la tâche est grande. Les décès, les hospitalisations, les incarcérations en lien avec l’alcool ont continué. S’il est établi que 10 % de la population d’un territoire est concernée par la maladie alcoolique, et que dans l’environnement d’un malade au moins quatre personnes sont impactées, je vous laisse faire les calculs pour une ville de plus de 9 000 habitants, comme Landivisiau, sachant que l’alcool n’épargne personne.

Aujourd’hui, en cochant la case « Aide aux personnes en danger » nous continuons nos visites au domicile, hors couvre-feu. Nous continuons notre travail d’écoute sans se substituer au corps médical et aux familles. On met des mots sur les maux des personnes qui ont la même maladie que nous, pour qu’ils trouvent leurs solutions ensuite.

Quel est votre vœu pour 2021 ?

Notre groupe est à la recherche d’un local pour ses réunions hebdomadaires, du fait que le local partagé retourne à ses propriétaires. Nous sommes en attente d’une réponse de la municipalité à ce sujet. Par le passé, nous avons utilisé une salle de l’Espace Quéguiner qui s’est vite montrée incompatible avec l’une des règles fondamentales des AA : la discrétion et l’anonymat. Aujourd’hui, nous sommes prêts à étudier toutes les offres qui pourraient nous être faites dans ce sens.

Contact

aalandivisiau@laposte.net Téléphone : 06 42 23 72 22

 

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Pontivy. « Pour s’en sortir, il faut pousser la bonne porte »

Publié le par kreizker

in "Ouest-France", 15 Janvier 2021

A l’occasion du Mois sans alcool, un habitant de Pontivy témoigne de la manière dont il s’est sorti de l’alcoolisme. 

Si cet homme vivant à Pontivy (Morbihan) ose parler aujourd’hui de son alcoolisme, c’est « en espérant qu’un gars ou qu’une fille qui, comme moi, est tombé au plus profond du trou, saura y trouver un peu d’espoir ». Il témoigne.

 

Après 30 ans à boire beaucoup trop, Michel a vu le bout du tunnel. « J’ai été un alcoolique invétéré. Dès les premières heures de la journée, six à huit demis de bière dans l’estomac, avec un enchaînement sans fin, tout au long de la journée. »

Si aujourd’hui, il ne boit plus une goutte d’alcool, longtemps, sa seule motivation de la journée était« de picoler. Bières, rouge, pastis, rhum, tout était bon, pourvu que je sois bourré et que je vois la vie en rose… Façon de parler. »

« D’énormes déboires »

Un cercle infernal qui a coûté cher au retraité : « J’ai eu la chance de ne pas perdre mon boulot, mais j’ai connu d’énormes déboires : divorce, interdit de chéquier, perte de mon logement… J’ai atterri dans un hôtel où, pour payer ma chambre, je servais le week-end en salle. Bien entendu, s’il restait du vin à table, il n’était pas perdu. »

Son seul regret, en regardant cette vie d’errance : « Ce que j’ai pu fait subir à mes parents. »Deux cures de désintoxication qui restent vaines. Michel arrête finalement de boire, « un jour pas comme les autres ». Le jour où il a rencontré les Alcooliques Anonymes, une association dans laquelle il s’investira complètement, en prenant du service.

« Dire non au premier verre »

« J’y ai appris quelque chose de fondamental : pour ne pas amorcer la pompe, il faut dire non au premier verre. Et si l’envie est trop forte, bois un verre d’eau et occupe-toi l’esprit pour que cet alcool qui a ruiné ta vie s’éloigne de toi. Mais comme chacun est différent face à l’alcool, si tu ne te sens pas à l’aise dans un groupe d’anciens buveurs et bien n’hésite pas à pousser une autre porte, les associations ne manquent pas. »

Le chemin de l’abstinence n’a pas été sans embûche. À deux reprises, Michel a replongé. « À chaque fois que je me sentais assez fort pour me passer de l’association, et en oubliant ce que l’on m’avait suggéré, à savoir ne pas amorcer la pompe en prenant le premier verre. »Des rechutes difficiles à surmonter, dont il garde un très mauvais souvenir. « Les autres ne peuvent hélas rien faire pour aider un alcoolique, c’est une démarche qui doit venir directement de la personne concernée. Cela, je le vis actuellement, avec une de mes filles, et je ne peux pas poser le verre à sa place. Ma seule espérance, c’est qu’elle puisse, à son tour, pousser la bonne porte. »

En Bretagne, où il est venu passer sa retraite, il s’est remarié et vit tranquillement auprès des siens. Mais pas question de baisser la garde, car les occasions ne manquent pas. Aujourd’hui, il refuse ce premier verre, en ajoutant : « Merci, mais j’en ai assez bu. »

Dans le pays de Pontivy, plusieurs associations peuvent aider les malades de l’alcool. Notamment les Alcooliques Anonymes, qui se retrouvent tous les mardis, à 19 h 30 au centre paroissial de Bolumet, 2, rue Paul-Valéry à Pontivy. Renseignements au 09 69 39 40 20.Le centre hospitalier de Centre-Bretagne dispose d’une unité spécialisée en alcoologie : 02 97 79 01 35.

Publié dans AA Bretagne

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