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317 articles avec aa france

"Après l'alcool, le temps des sobriétés heureuses"

Publié le par kreizker

in "La Nouvelle République" (France), 26 septembre 2017

Les Alcooliques anonymes concluent toujours leurs séances en faisant cercle.

Les Alcooliques anonymes concluent toujours leurs séances en faisant cercle.

A Niort, trois associations accompagnent les malades alcooliques abstinents dans leur combat. Rencontres au cœur de la résistance contre la bouteille.

 

 J'aurais pu tuer quelqu'un « Je faisais ça pour mourir… » « Mon corps était en train de se désagréger… » « Je n'étais plus que la bonne copine pochetrone qui fait rigoler les autres… » « Je buvais en espérant ne plus me réveiller… »

S'inviter dans les groupes de paroles animés par des alcooliques abstinents, c'est s'exposer à une suite glaçante de récits brutaux, de prises de conscience violentes et d'effrois rétrospectifs. C'est assister à remords et regrets, deviner souffrances et colères.

" Les seules personnes capables de réellement me comprendre sont autour de cette table "

Mais c'est aussi, et surtout, comprendre que, à l'écart des regards, des espoirs y trouvent leur force, c'est mesurer l'œuvre du courage, voir s'y gagner des batailles contre soi-même, entendre des retours à la vie. C'est être au cœur de la résistance contre l'alcool.
 « Ici, on apprend la sobriété heureuse », annonce un abstinent de longue date en certifiant qu'«évidemment, c'est possible ». 
A Niort, trois groupes offrent aux alcooliques abstinents de se livrer, de vider leurs sacs… : les Alcooliques Anonymes, Alcool Assistance et Nouvelle Vie sans Alcool. « Malades alcooliques abstinents », corrigent-ils souvent, insistant sur le fait que c'est bien une maladie. Façon de dire qu'on peut en guérir.

" Si tu rebois, tu replonges "

Choisir l'une ou l'autre de ces trois associations relève un peu du hasard puisque les trois garantissent le même anonymat et offrent un égal respect de la parole. Les Alcooliques Anonymes peuvent étonner avec leurs douze « étapes spirituelles de rétablissement ». « Notre mouvement est un peu spiritualiste, concède Alain, mais il est parfaitement laïc. Il a été créé aux Etats-Unis. Là-bas, ils mettent Dieu partout, vous savez bien ! » Alain anime le débat ce soir-là. « Pour moi, cette puissance supérieure, ce " Dieu ", c'est ce groupe d'alcooliques abstinents. La force, elle est là. » 
Bien qu'abstinents parfois depuis des années, beaucoup restent attachés à ces réunions mensuelles, parts désormais essentielles du rempart de la tolérance zéro. « Parce que si tu rebois, tu replonges, explique Jean. Ton cerveau n'attend que ça ! » « C'est comme un appareil en veille toujours prêt à redémarrer, schématise Claude. Faut surtout pas appuyer sur le bouton. » 
D'où leur besoin de se retrouver. « C'est comme une thérapie de groupe, compare Dominique. Comme on a tous le même problème et le même but, on se comprend facilement. On se raconte, mais sans jamais se donner de conseils. C'est à chacun de prendre ce qui l'intéresse dans le récit des autres. » « C'est efficace quand on sort d'une cure de sevrage, mesure Patrick. En cure, on vous aide à vous libérer de la dépendance physiologique. Mais pour la dépendance psychologique, c'est autre chose… »

 

les phrases

“Je ne croyais plus en rien. J’ai
vu tous leurs sourires. J’ai décidé
que je voulais devenir
comme eux.”

Désormais abstinente, Nadia se sent portée par le groupe. « Quand je suis arrivée là, j'étais dévastée. Avec eux, je ne me suis pas découverte alcoolique, je me suis découverte malheureuse. » 
 « C'est vrai, l'alcool est encore très associé à la fête, déplore Philippe en évoquant les " pièges à rechute ". Pour celui qui ne boit plus, les soirées entre amis, les repas de famille, les pots au bureau sont des moments très inconfortables. Mais ça ne dure pas ! Au début, c'est difficile pour plein de raisons. Moi, par exemple, je n'ai pas pu manger de fromage pendant quatre ans parce que j'avais toujours associé le fromage au vin rouge… » 
 « Quand je vais bien, je picole. Quand je vais mal, je picole. Quand je suis heureuse, je picole. Quand je suis triste, je picole… », soupire Carole« C'est la " stacose " ! », sourit CarineC't'à cause de la pluie, c't'à cause du beau temps, c't'à cause qu'y a rien à la télé… T'as toujours une bonne raison de picoler, quoi ! » 
 « J'ai honte d'avoir un fils alcoolique, se libère une mère en larmes. Je culpabilise et je sombre… » 
 « Oui, c'est une maladie de la famille », compatit le docteur Anne Piquemal, peu étonnée par la détresse de cette femme qu'elle invite à venir consulter en service d'addictologie de l'hôpital de Niort. Elle sait que « tout l'entourage est concerné ». 
 « Surtout, n'ayez pas peur de lui parler, intervient Stéphane. Dites-lui juste " Je vois que tu bois beaucoup, ça m'inquiète, je t'aime ". Il ne réagira peut-être pas tout de suite mais il va l'entendre. » « L'important est de ne jamais rompre le lien », encourage le docteur Piquemal.

à savoir

La force du lien

« Ce groupe est devenu le socle de ma vie, atteste Nadia. Si je m'en éloigne, je sens revenir mes anciens dysfonctionnements… » « L'alcool m'aidait à contenir ou évacuer mes peurs, la colère…, complète Victoria.Aujourd'hui, grâce à eux, je maîtrise ces émotions. Ici, je sais que je peux parler ou pleurer sans peur d'être jugée. J'ai confiance parce que je parle à des gens comme moi, qui ont traversé les mêmes choses. Les seules personnes capables de réellement me comprendre sont autour de cette table. » 
Même les proches peuvent y trouver leur compte. Comme Louise, épouse d'«un mari qui picole » et habituée du groupe. « Je suis une malade non alcoolique », se résume-t-elle pour dire les dégâts collatéraux. Elle dit que ce groupe est son « antisèche dans la vie », qu'il l'a aidée à « être honnête avec [elle-même] » et à « rétablir la communication avec son mari ».

pratique

> Les Alcooliques Anonymes se réunissent le jeudi à 19 h à la Maison des associations. Contact national au 09.69.39.40.20.
Nouvelle vie sans alcool se réunit les 1er et 3e vendredis du mois à 20 h 30 au groupe scolaire Edmond-Proust et le dernier jeudi du mois à 20 h 30 à la Maison des associations. Tél. 06.89.81.10.47.
Alcool Assistance se réunit les premiers jeudis du mois à 20 h 30 à la Maison des associations, les 2es et 4esvendredis à 20 h 30 au CSC Saint-Florent (rue Saint-Jean-d'Angély) et tient une permanence les 2es mercredis du mois à l'espace des usagers, à l'hôpital de Niort. 05.49.79.38.95.
Centre de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa). Avenue de Saint-Jean-d'Angély (hôpital de Niort). Tél. 05.49.78.26.93.

Publié dans AA france

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"Boire pour se détruire, puis renaître"

Publié le par kreizker

in "L'Alsace" (France), 24 août 2017

« L’alcool, c’est un engrenage. Il fait partie de la vie de tous les jours, on en trouve facilement mais à partir du moment où vous n’arrivez plus à gérer votre consommation, que vous pensez toute la journée au verre de vin du soir, là, vous avez vraiment un problème avec l’alcool. »

« L’alcool, c’est un engrenage. Il fait partie de la vie de tous les jours, on en trouve facilement mais à partir du moment où vous n’arrivez plus à gérer votre consommation, que vous pensez toute la journée au verre de vin du soir, là, vous avez vraiment un problème avec l’alcool. »

Chaque vendredi soir, à la polyclinique des Trois frontières à Saint-Louis, le groupe Saint-Louis 3 frontières des Alcooliques Anonymes accueille des personnes de tout le sud Alsace qui sont ou qui ont été confrontées à des problèmes d’alcool. L’un d’eux, qui se définit aujourd’hui comme « alcoolique abstinent », a accepté de témoigner. Pour aider et pour se reconstruire…

« Quand on vient dans un groupe des Alcooliques Anonymes, on est tous au même niveau, qu’on soit directeur, ouvrier, avocat… On a un problème commun, c’est l’alcool ! » , souligne Patrick*, qui fait partie du groupe des AA de Saint-Louis et en a même été responsable durant deux années.

Ce problème commun, les participants en parlent librement - ou pas, d’ailleurs, car ils peuvent seulement écouter - lors des réunions hebdomadaires du vendredi soir (à 20 h, à la cafétéria de la polyclinique des Trois frontières). « L’idée est de partager nos forces, nos expériences et nos espoirs, dans le but d’aider d’autres alcooliques à résoudre ce problème. La seule condition pour devenir membre des AA est le désir d’arrêter de boire, c’est le principe de base. »

« On devient adulte et l’alcool passe d’ami à refuge. C’est devenu LA solution à tous mes problèmes »

Ce déclic, Patrick a mis un certain temps à l’avoir… Suffisamment de temps pour sombrer et toucher le fond… « Mon parcours est celui de beaucoup d’alcooliques. Au départ, c’était l’alcool festif, pour me désinhiber en tant qu’ado, puis on grandit, on devient adulte et l’alcool passe d’ami à refuge. Quand les coups durs sont arrivés, c’est devenu LA solution à tous mes problèmes : au boulot, en famille, dans la vie de tous les jours… »

Patrick s’enfonce, ne se rend pas compte, sur le moment, du mal qu’il se fait et qu’il inflige à ses proches. Avec le recul, aujourd’hui, le quadragénaire porte un regard noir sur son passé, mais un regard plein de lucidité désormais, conscient des erreurs qu’il a pu commettre. « J’essayais, au travers de l’alcool, de ne plus être là. Je buvais pour me détruire, jusqu’à ce que je perde le contrôle de ma consommation d’alcool, et dans le même temps, de ma propre vie. J’ai fait souffrir mes proches. Je n’ai jamais été violent physiquement mais j’étais blessant moralement et je renvoyais une image très négative. Quand on est alcoolisé dès le matin, on ne peut pas faire grand-chose de sa vie. Je n’étais pas loin du point de rupture… »

« L’abstinence heureuse passe par l’honnêteté »

Lors de cette descente aux enfers, Patrick a tout de même eu la chance de ne perdre ni son travail ni sa famille. Sa femme et son fils ont toujours essayé de le tirer vers le haut mais « pour rien au monde je n’aurais arrêté de boire à l’époque, je ne me souciais pas des conséquences que ça pouvait avoir ». C’est lorsque son garçon prend des risques, en pleine nuit, au volant de sa voiture, pour venir au secours de son père que ce dernier réagit… « Je me suis rendu compte que mon fils était plus parent que moi. » Patrick interrompt son récit, pensif, sans dire un mot. Un silence qui en dit long… La tristesse et la culpabilité évacuées, il reprend. Il en a besoin. Ce témoignage est, en quelque sorte, sa thérapie. « Sans ça, je ne peux pas avoir une abstinence heureuse. L’abstinence heureuse passe par l’honnêteté. Cela fait partie d’un programme spirituel pour apprendre à gérer son passé, comme faire un inventaire moral et demander pardon à ceux que l’on a blessés. Aujourd’hui, je sais que mon fils ne m’en veut plus… »

Ce programme de rétablissement, Patrick l’a entamé dès qu’il a poussé la porte des Alcooliques anonymes, il y a bientôt quatre ans. Une date qu’il n’oublie pas… « J’ai eu une deuxième naissance le 23 août 2013. Ma femme me le dit : je suis devenu un autre homme à partir de ce moment. » Quelques jours plus tôt, le père de famille avait décidé de se prendre en main, de rendre les armes, de « capituler devant l’alcool » , explique-t-il. « Ce n’est pas la volonté qui m’a permis d’arrêter de boire, c’est la capitulation devant l’alcool, ce constat d’échec qui m’a fait ouvrir la porte des Alcooliques Anonymes et me reconnaître alcoolique. C’est cette prise de conscience qui est la plus difficile. Chacun doit trouver son bas-fond pour réagir et prendre conscience qu’il est en train de perdre la maîtrise de sa vie. Beaucoup de petits phénomènes m’ont amené à ne plus me supporter, à me détester au point de vouloir trouver une solution. On ment, on s’isole socialement, on est ingérable au travail… »

« De l’isolement social lié à l’alcool, je suis passé à l’appartenance à un groupe composé de gens qui me comprenaient, qui ne me jugeaient pas »

Un soir, Patrick n’en peut plus. Au fond du trou, il trouve tout de même la force de donner une première impulsion pour remonter vers la surface. Cela se manifeste par quelques mots tapés sur un clavier : alcooliques anonymes. « Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait » , avoue-t-il. Inexplicable, selon lui, cette initiative lui a permis de trouver la force de vaincre ses démons… « J’ai trouvé l’adresse du groupe des AA à Saint-Louis et le vendredi de cette même semaine, j’ai poussé la porte, sans savoir ce que j’allais y trouver. C’était le 23 août 2013, et depuis ce jour-là, je n’ai plus bu une goutte d’alcool. Ce que j’ai entendu là-bas m’a percuté, c’est là que j’ai entendu que j’étais alcoolique. J’étais face à un miroir et je ne me suis plus senti seul. De l’isolement social lié à l’alcool, je suis passé à l’appartenance à un groupe composé de gens qui me comprenaient, qui ne me jugeaient pas. La seule fois où j’ai pu dire la vérité, c’était aux Alcooliques anonymes. J’étais libre de parler et c’est ce qui m’a libéré de ma dépendance, de mon alcoolisme. Il faut bien comprendre que les AA ne sont pas un groupe de parole mais bel et bien un groupe de rétablissement. »

« Aujourd’hui, je sais que je ne boirai plus »

Ce groupe, qui est presque devenu une famille au fil du temps, Patrick le côtoie encore presque chaque semaine, lors des réunions. Une façon de se souvenir d’où il vient, ce par quoi il est passé, et de tendre la main à ceux qui en ont besoin en racontant son histoire et son long chemin vers l’abstinence. « Aujourd’hui, je sais que je ne boirai plus. Si je rebois un verre, je bois deux bouteilles et je ne saurai pas gérer. En voulant essayer de boire de façon modérée, on replonge et je ne veux pas en arriver là. L’abstinence me fait vivre des moments heureux en famille. Quand on me propose de l’alcool, je me justifie toujours et ça ne me pose aucun problème. Plus je le dis et moins j’en ai honte. Toutes les personnes auxquelles j’en ai parlé autour de moi ne se sont pas moquées de moi, elles ne m’ont pas jugé. Au contraire, elles ont fait preuve de beaucoup de respect. »

La souffrance, l’addiction, le malheur, Patrick a définitivement tiré un trait dessus désormais. Il espère que son témoignage ne sera pas vain et qu’il suscitera une prise de conscience chez certaines personnes confrontées à l’alcool. « Si j’ai un message à transmettre, c’est qu’il faut venir à une réunion, en parler. Les AA, ce n’est pas la solution, c’est une solution, et elle a fonctionné pour moi. Je ne fais pas ça pour entendre un “merci” mais parce que j’ai envie d’aider, parce que ça fait partie de mon rétablissement et que ça m’aide à me reconstruire. »

* Le prénom a été changé pour préserver l’anonymat.

Publié dans AA france

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« Je m'appelle ... et je suis malade alcoolique »

Publié le par kreizker

in "L'Yonne Républicaine" (France), 18 août 2017

« La parole, ça libère », à Auxerre, Sens, Avallon et Migennes, des (anciens) buveurs se réunissent.

« La parole, ça libère », à Auxerre, Sens, Avallon et Migennes, des (anciens) buveurs se réunissent.

Même après des années d’abstinence, des femmes et des hommes se réunissent chaque semaine à Migennes pour éviter la rechute, aider des buveurs. Immersion.

À Migennes, chacun se dit « malade alcoolique » même s’il/elle ne boit plus depuis des années. La phrase rituelle, amorce de chaque réunion des Alcooliques Anonymes (A.A), a d’ailleurs changé. Le mot « malade » est venu s’ajouter. - Je m’appelle Victor*…et je suis malade alcoolique. - Je m’appelle Sandra… et je suis malade alcoolique… Ils sont neuf - le nombre varie chaque semaine - assis autour de la table ce mardi 8 août, au 2, rue des écoles. Deux femmes et sept hommes, à visage découvert, dans l’anonymat, se racontent, tour à tour, leur semaine. Pour l’instant « tout va bien ». Jusqu’au tour de Pierre.

Il faut accepter la maladie […] reconnaître qu’on restera alcoolique jusqu’à la fin de sa vie.

« J’ai… rechuté… dans l’alcool… » La voix de Pierre est chargée de honte. Entre chaque mot, il avale sa salive. L’ancien polytoxicomane dit avoir enchaîné « les grandes pintes de bière, tous les jours » depuis la disparition de son frère, « mort d’un arrêt cardiaque dû à l’alcool ». « J’ai pris un verre, j’ai voulu contrôler […] je cachais tout à mes amis, ma famille […] une fois, c’est déjà trop » conclut-il. Et de préciser qu’il en est à son 63e jour « sans aucun produit ».

Confessions intimes

Dès que Pierre termine son récit, les huit autres viennent à sa rescousse. « Tu vas y arriver […] mais faut s’accrocher », rassure Gaspard qui mène la réunion. « Il faut accepter la maladie […] reconnaître qu’on restera alcoolique jusqu’à la fin de sa vie. » Robert lui raconte sa première fois aux A.A. « Je me sentais sale, honteux […] et maintenant je suis heureux » après 32 ans sans spiritueux. Il s’amuse même d’avoir résisté « aux grands crus qu’]il] n’avait jamais vu », à l’anniversaire de son fils. Philippe, lui, confie que « même après douze ans […] [il] reste très méfiant ». À les écouter, l’alcoolisme a tout d’une maladie chronique, pourtant pas décrite comme telle dans le Code de santé publique. « Un sujet tabou », insistait une députée en 1998. La réunion se termine par la récitation collective de la Prière de la Sérénité - les A.A. sont laïques et selon ses membres. « Mon Dieu, donne moi le courage de changer les choses que je peux changer. » Avant de partir, Robert lâche à ses camarades : « Mon Dieu, c’est vous?! »

(*) Tous les prénoms ont été modifiés.

Publié dans AA france

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"Les Alcooliques Anonymes, une solution"

Publié le par kreizker

in "La Voix du Nord" (France), 2 août 2017

 

Les réunions des Alcooliques Anonymes sont un moyen de trouver de l’aide.

Les réunions des Alcooliques Anonymes sont un moyen de trouver de l’aide.

Ce mardi-là, ils ne sont pas nombreux à pousser la porte des Alcooliques Anonymes. Certains sont en vacances, d’autres n’ont pas donné de nouvelles. Peu importe. Dans cette salle exiguë à quelques mètres du château de Nieppe, Damien, Thierry, Éric et Patrick*, viennent chercher l’aide dont ils ont besoin, semaine après semaine. Ces réunions hebdomadaires, c’est un moyen de ne pas flancher, de se rappeler pourquoi on a arrêté, de partager les bons moments comme les moins bons.

Tout autour d’eux, des écriteaux défraîchis ornent les murs. « Pensez… Méditez… Pensez ». Quelques phrases auxquelles se raccrocher dans la maladie. Parce que oui, l’alcoolisme est une maladie, « une maladie dont on ne guérit jamais », aime à rappeler l’un d’entre eux.

Sur la table, quelques sodas, du café, des biscuits, symbole d’une vie nouvelle, loin de l’alcool qu’ils ont consommé. Damien ouvre le bal. Comme les autres, sa vie a basculé. C’était il y a longtemps. Pourtant, après 26 ans d’abstinence, pas question d’abandonner ces rendez-vous. « Je suis là pour me rappeler que j’ai un problème avec l’alcool », lâche-t-il. En guise d’ouverture, comme chaque semaine, il refait la présentation des alcooliques anonymes. « Les Alcooliques Anonymes sont une association d’hommes et de femmes qui partagent entre eux leur expérience, leur force et leur espoir dans le but de résoudre leur problème commun et d’aider d’autres alcooliques à se rétablir. »

Autour de la table, les profils sont différents. Il y a les abstinents de longue date, de moins longue date et parmi eux Patrick. Il vient d’entamer le chemin. « Je suis novice chez les A.A. J’ai 36 ans et j’ai encore la niaque. Là, je suis dans une phase où il faut que je m’en sorte, même si je me suis fait avoir il n’y a pas longtemps », raconte-t-il. Ici, pas de place pour le jugement, seulement la bienveillance. Assis à sa droite, Thierry l’encourage : « Je suis content que tu sois venu… »

* Leurs prénoms ont été modifiés

Réunion chaque mardi, à 20 h, 9 rue de Warneton à 59850 Nieppe.

Publié dans AA france

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