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"Toulouse : le combat d’un alcoolique abstinent contre la dépendance"

Publié le par kreizker

in "Le Journal Toulousain" (France),22 Septembre 2022

Christophe, habitant de Toulouse et membre de l’association des Alcooliques Anonymes, se bat contre sa dépendance à l’alcool depuis 25 ans. Aujourd’hui abstinent, ce retraité de 63 ans a du passer par plusieurs épreuves avant de parvenir à ne plus boire.

Pour un alcoolique abstinent, le lutte contre la dépendance est un combat quotidien

Pour un alcoolique abstinent, le lutte contre la dépendance est un combat quotidien

« Il faisait beau, je buvais. Il pleuvait, je buvais. Tous les prétextes étaient bons pour boire. Aujourd’hui, tous les prétextes sont bons pour ne pas boire », rit Christophe. Ce retraité du bâtiment et père de deux enfants est alcoolique abstinent. Âgé de 63 ans, il a arrêté de boire depuis 25 ans. « Je n’imaginais pas en arriver là », confie le Toulousain.

Durant près de six ans, il buvait en effet tous les jours. « Je démarrais ma journée à 3 grammes et je la finissais à 6 grammes. Je buvais au minimum deux bouteilles de whisky par jour », indique Christophe. Si aujourd’hui il a réussi à s’en sortir, le père de famille a dû surmonter plusieurs épreuves avant d’y parvenir.

 

Il arrête une première fois de boire

Il décide effectivement une première fois d’arrêter de boire, sans succès. « Ma compagne de l’époque m’a dit de choisir entre elle et l’alcool. J’ai donc arrêté de boire », raconte le retraité. Mais il replonge trois mois plus tard pour « un prétexte des plus banals ». « J’avais pour habitude d’apporter une glacière au travail, sauf que ce jour-là, elle l’avait prise. J’ai rebu parce qu’elle m’avait contrarié », explique Christophe.

Il boit alors une bouteille de whisky. « Je m’étais dit “juste un verre”. J’ai finalement laissé un verre dans la bouteille », se souvient le Toulousain. C’est un événement, assez mystique, qui va finalement le décider à arrêter de boire.

 

« J’ai vu une lumière blanche »

« Un matin, je me suis dit que je n’allais pas boire aujourd’hui. Je suis donc parti au travail, sobre. Mais à midi, je n’y tenais plus. Il fallait que j’ai ma bouteille salvatrice », souligne Christophe. Il va alors s’acheter une bouteille d’alcool et retourne au travail.

« J’ai passé tout l’après-midi à faire des allers-retours entre le chantier et mon véhicule pour boire. Le soir, je suis rentré chez mon frère en voiture. Arrivé dans sa cour, ma tête est tombée sur le volant. Quand je l’ai relevée, j’ai vu une lumière blanche. Qu’est-ce que c’était ? Je n’en sais rien. Mais dès le lendemain, j’ai pris la décision de faire quelque chose pour moi », relate-t-il. Le retraité entre alors en cure pendant trois semaines, puis rejoint les Alcooliques anonymes (AA).

 

Une réticence à dire qu’il est alcoolique

« J’ai entendu parlé de l’association par mon ex-femme. Elle m’a dit que l’alcoolisme était une maladie et qu’il y avait des solutions. Le plus dur a été de pousser la porte des Alcooliques Anonymes. Je suis d’ailleurs arrivé en retard à la première réunion », plaisante le Toulousain.

S’il se rendait compte de sa dépendance à l’alcool, Christophe avait toutefois une réticence à dire qu’il est alcoolique lorsqu’il a rejoint les AA. « Je disais que j’étais boulimique d’alcool. Mais quand j’ai fêté ma première année d’abstinence, un ancien des Alcooliques Anonymes m’a dit : “La boulimie est une maladie et l’alcoolisme en est une autre”. Depuis, je dis que je suis alcoolique », rapporte le retraité.

 

Une séparation marque le début de sa dépendance

Comme il en est sorti, l’alcool est également entré par étape dans la vie de Christophe. Sa séparation avec son ex-femme a marqué le début de sa dépendance. « Je me suis séparé d’elle pour avoir une certaine liberté, mais je me suis enchaîné à l’alcool », déplore-t-il avant d’ajouter : « J’ai commencé à boire une bouteille de rosé le mercredi soir et à prendre l’apéro du vendredi au dimanche. Puis, j’ai bu du mercredi au vendredi et du dimanche au mercredi. Finalement, je buvais tous les jours. »

Pour autant, sa famille ne s’aperçoit pas de son alcoolisme. « Elle se voilait la face. Ma famille ne voulait pas voir le problème », estime le retraité qui se cachait pour boire. « Je buvais chez moi et dans ma voiture. Cette dernière était devenue mon bar ambulant », indique-t-il.

 

« Combler un vide et fuir la réalité de la vie »

Si Christophe buvait, c’était « pour combler un vide et fuir la réalité de la vie ». « J’étais ni plus ni moins qu’un gros angoissé. Je n’avais pas les clés pour vivre ma vie donc je la fuyais via l’alcool », estime le retraité. Depuis qu’il a arrêté de boire, Christophe a repris sa vie en main.

« La pire journée d’aujourd’hui est largement mieux qu’une des meilleures journées d’avant. J’ai réussi à reconstruire ma vie. Certes, j’avais encore une voiture, un appartement et un travail, lorsque je buvais. Mais ma vie était un désastre », souligne le père de famille. Il a par ailleurs fait le tri dans ses amis. « Je ne fréquente plus les mêmes personnes. Les discussions de bistrot, cela ne m’intéresse plus », déclare-t-il.

 

Le chemin de la rédemption

Son rapport à lui-même a également changé. « Pour moi, j’étais insignifiant. Je n’existais pas. Maintenant, je suis bienveillant avec moi-même et les autres », sourit-il. Christophe a d’ailleurs présenté des excuses à ses proches, notamment sa compagne de l’époque. « Je l’ai revue deux ans après avoir rejoint les Alcooliques Anonymes. J’ai fait amende honorable et elle en était ravie. Parce qu’en parfait alcoolique, je lui avais dit qu’elle était la méchante dans l’histoire », confesse-t-il.

Le Toulousain s’attache aussi à venir en aide aux autres personnes ayant un problème avec l’alcool par le biais des AA. « La base de l’association, c’est la transmission et l’accompagnement des alcooliques. À n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ils peuvent trouver une écoute et une solution au problème. Parce que le fait d’en parler apaise souvent l’envie de boire », conclut-il.

 

Les Alcooliques Anonymes sont « une association de personnes qui partagent entre elles leur expérience, leur force et leur espoir dans le but de résoudre leur problème commun et d’aider d’autres alcooliques à se rétablir. Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour devenir membre des Alcooliques Anonymes ». À Toulouse, il existe quatre groupes de parole qui organisent des réunions les dimanches, lundis, vendredis et samedis. Des réunions en visio-conférences sont également proposées les lundis. Les adresses des groupes sont à retrouver sur le site des alcooliques anonymes.

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« Cadre sup', l'alcool a été mon refuge… avant de me faire chuter »

Publié le par kreizker

in "L es Echos" (France), 7 Septembre 2022

TEMOIGNAGE // Mathilde (son prénom a été modifié), 38 ans, cadre supérieur, est tombée dans l'alcoolisme sans même s'en rendre compte, avant de prendre conscience du problème et de se tourner vers l'association des Alcooliques Anonymes.

À une certaine époque, il arrivait à Mathilde de rentrer plus tôt que les autres de soirée pour continuer à boire chez elle et ainsi cacher sa consommation excessive à ses amis.

À une certaine époque, il arrivait à Mathilde de rentrer plus tôt que les autres de soirée pour continuer à boire chez elle et ainsi cacher sa consommation excessive à ses amis.

« J'ai grandi dans une petite ville du Nord de la France, avant de monter à Paris pour mes études supérieures, d'abord pour une classe préparatoire, ensuite pour une école de commerce. C'est là, dans cette business school, que j'ai commencé à boire en soirée. À l'époque, je buvais pour me désinhiber, comme j'étais une personne plutôt réservée et pas très sûre de moi.

J'ai commencé ma vie professionnelle à l'étranger, d'abord dans un pays frontalier de la France, puis au Moyen-Orient. Dans ce quotidien d'expatriée, je continuais à avoir une consommation d'alcool excessive en soirée, mais je n'avais pas tellement l'impression que cela avait un quelconque impact sur ma vie pro ou perso. Certes, il m'arrivait d'avoir des lendemains de soirée difficiles, mais ce n'était pas handicapant.

L'impression de pouvoir gérer

Je suis ensuite revenue travailler en France. Pendant une période de six à douze mois, j'avais toujours une consommation excessive, mais c'était gérable. Néanmoins, à un moment, j'ai senti que je commençais à perdre pied. C'était une période pendant laquelle je changeais souvent d'entreprise, et consommer de l'alcool m'aidait à tenir le rythme. Je suis alors passée à une cadence d'un jour sur deux où je buvais. Je consommais chez moi, souvent avec des amis. Les lendemains de cuite, j'étais totalement K.-O. J'allais au travail, mais je n'arrivais à rien faire. J'avais pourtant encore l'impression de gérer parce que j'étais toujours sociable et que je continuais à faire du sport.

J'en étais arrivée au point où je partais plus tôt que les autres de soirée pour continuer à boire seule chez moi et ainsi cacher ma consommation excessive à mes amis.

La première personne à m'avoir dit que j'avais (vraiment) un problème avec l'alcool, c'était mon mec de l'époque. Lui ne buvait quasiment pas et était gêné par ma consommation. Lorsqu'il m'a menacée de me quitter si je n'arrêtais pas de boire avec excès, j'ai pris conscience de mon addiction. Quelque temps plus tard, j'ai lu le livre-témoignage de la journaliste Claire Touzard, 'Sans alcool', où elle raconte son alcoolisme mondain. Je me suis identifiée à elle et ça a été un déclic. En lisant les mots d'une femme qui était parvenue à arrêter de boire, cela m'a remplie d'espoir. Je me suis dit, oui, pour moi aussi c'est possible une vie sans alcool.

Entendre d'autres alcooliques témoigner de leur quotidien m'a sauvée

Quelques mois plus tard, un certain 6 mai 2021, je me suis décidée à assister à une réunion des Alcooliques Anonymes, via Zoom (pour cause de Covid). C'était après l'échec de plusieurs tentatives de stopper seule ma consommation. En arrivant à la réunion, j'ai un peu eu l'impression que c'était ma dernière chance. Et quelle découverte ! Je suis tombée sur une assemblée tellement bienveillante et de tous les âges. Je me suis sentie bien tout de suite. Le fait d'entendre des témoignages de personnes qui vivaient le même quotidien que moi m'a beaucoup aidée. C'est grâce à toutes ces belles rencontres que je suis désormais abstinente depuis maintenant un an et quatre mois.

Pendant cette première réunion, il y a surtout eu deux femmes de mon âge qui m'ont contacté via le chat et donné leur numéro. Par la suite, je les ai appelées régulièrement. Le fait de les entendre me dire qu'elles avaient arrêté l'alcool et retrouvé une vie plus saine m'a permis de prendre conscience que oui, c'était possible ! Par ailleurs, je me sentais engagée envers elles. Je n'avais pas envie de les décevoir en me laissant tenter par un ou plusieurs verres pendant une soirée.

Parallèlement, je n'ai jamais ressenti le besoin de consulter un médecin spécialisé en addictologie. J'avais surtout la nécessité de parler à des gens qui me ressemblent. En revanche, en dehors du cercle des Alcooliques Anonymes, cela m'a pris du temps de me confier à mes proches. Au départ, je leur disais simplement que j'avais décidé de faire une pause avec l'alcool. Aujourd'hui, j'ai moins de problèmes à en parler sincèrement, même si je n'évoque pas forcément ma participation aux réunions des Alcooliques Anonymes.

Pour rien au monde je ne perdrais la clarté d'esprit que j'ai retrouvée depuis que je suis abstinente. C'est une sensation tellement extraordinaire ! Plus jamais je ne veux avoir à regretter ce que j'ai pu dire ou faire sous l'emprise de l'alcool. »

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"Cholet. Alcooliques Anonymes : deux rencontres pour chasser ses vieux démons"

Publié le par kreizker

in "Le Courrier de l'Ouest" (France), 29 Juillet 2022

Les Alcooliques Anonymes organisent deux groupes de parole samedi 30 juillet au centre social du Verger et mardi 2 août au centre social Pasteur à Cholet. L’occasion de se livrer en toute confiance sur son addiction à l’alcool.

L’association Les Alcooliques Anonymes organise une rencontre, ce samedi 30 juillet, de 10 h 30 à 12 h, au centre social le Verger au Cholet. Vous avez des problèmes avec votre consommation d’alcool ? Nous en avons connu de semblables et nous vous invitons à les partager avec nous autour d’un café, sans tabous, ni jugement. L’alcool, en parler pour s’en libérer. En toute confiance et confidentialité​,répondent les Alcooliques Anonymes. Les Alcooliques Anonymes peuvent vous aider.

Une autre rencontre est prévue mardi 2 août, de 20 h 30 à 22 h, centre social Pasteur. Gratuit. Contacts : 07 49 73 71 28 et 06 64 30 72 42, aalcoolcholet@gmail.com.

 

Pour ces associations de Cholet, la lutte contre l’alcoolisme ne s’arrête pas, « surtout l’été »

Les addictions ne prennent pas de pause, surtout l’été. À Cholet (Maine-et-Loire), trois associations poursuivent leurs actions de soutien auprès des personnes qui en ressentent le besoin.

Le soutien aux personnes dépendantes à l’alcool ne peut être suspendu l’été. « Un alcoolique, ça boit toute l’année », souligne une bénévole des Alcooliques Anonymes. Pour de nombreuses personnes, le confinement a été un déclencheur. Il a accéléré la multiplication des addictions , expose Auguste Charrier, président national d’Entraid’addict (autrefois Alcool Assistance), et responsable de l’antenne de Cholet, dans le Maine-et-Loire.

Un constat que partage Jean-Pierre Despalins, responsable de l’Association Vie Libre. Ces trois associations choletaises organisent des espaces de parole publics et proposent des entretiens individuels, sous couvert d’anonymat. Et elles maintiennent les permanences l’été.

 

En tout, quatre permanences par semaine

 

Vie Libre propose des permanences le vendredi, à 18 h, au centre social Horizon. Les Alcooliques Anonymes se réunissent trois fois par semaine : le mardi, à 20 h 30, au centre Pasteur ; ainsi que le jeudi et samedi, à 10 h 30, au centre socioculturel Le Verger. Entraid’addict met en place des espaces de parole le jeudi, à 20 h 30, à la ferme des Turbaudières. Les deuxième et quatrième jeudis du mois, réunion spécifique pour l’entourage des personnes addictées.

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"Colomiers. Unis pour lutter contre la dépendance à l’alcool"

Publié le par kreizker

in "La Dépêche" (France), 27 Juillet 2022

"En réunion, j’apprends énormément en écoutant les autres. Je peux parler de ce que je ressens, de ce qui me met en colère ou m’angoisse"

"En réunion, j’apprends énormément en écoutant les autres. Je peux parler de ce que je ressens, de ce qui me met en colère ou m’angoisse"

L’association des Alcooliques Anonymes (AA) maintient tout l’été ses réunions hebdomadaires. Jeudi 28 juillet, les participants retrouveront Louis et probablement Carole, qui évoque son parcours : "Je n’imaginais pas la vie sans alcool. Je viens de fêter ma 3e bougie d’abstinence, au sein du groupe des Alcooliques Anonymes de Colomiers, où je me rends tous les jeudis depuis mai 2019. Je me débattais avec mon problème d’alcool depuis des années. J’avais tout essayé : médicaments, thérapies, cure, et je rechutais avec des conséquences chaque fois plus dramatiques. J’étais dans une souffrance terrible. Je vivais dans la honte ! J’ai retrouvé l’espoir grâce aux AA, en rencontrant des personnes qui souffrent de la même maladie, parce que c’est une maladie et non un vice. J’ai été accueillie dans le groupe avec beaucoup d’amour. J’ai été soutenue, j’ai pu partager sur ce qui me préoccupait, et avancer dans le programme en 12 étapes qui guide notre rétablissement".

Ce programme est simple pour des gens qui vivent des moments compliqués. Il amène à faire un travail sur soi, à prendre ses responsabilités, à essayer, un jour à la fois. "En réunion, j’apprends énormément en écoutant les autres, ajoute Carole. Après trois ans, je continue à venir, car on ne guérit pas de cette maladie : on peut la stabiliser. Mais ce n’est pas triste. Ce qui l’était, c’était ma vie d’avant. Je ne me sens plus jamais seule. Je peux parler de ce que je ressens, de ce qui me met en colère ou m’angoisse, sous l’œil bienveillant des autres membres et dans l’anonymat. L’anonymat était essentiel pour moi par rapport à mon travail".

Au sein des Alcooliques Anonymes, Carole a compris qu’elle ne pouvait pas refaire le passé mais aller de l’avant en se construisant une nouvelle vie dans l’abstinence. "Je reprends confiance en moi, conclut-elle. Aujourd’hui, j’interviens avec d’autres membres dans les hôpitaux pour rendre un peu de ce que j’ai reçu et de ce que j’avais perdu, l’espoir".

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