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308 articles avec aa france

"Elle a stoppé l'alcool et la fuite en avant"

Publié le par kreizker

in "Ouest-France", 12 mai 2017

Évelyne, 61 ans, a retrouvé goût à la vie avec l'aide des Alcooliques Anonymes. Abstinente depuis 13 ans, elle a fait un travail sur elle-même pour s'accepter et accepter les autres tels qu'ils sont.

Évelyne, 61 ans, a retrouvé goût à la vie avec l'aide des Alcooliques Anonymes. Abstinente depuis 13 ans, elle a fait un travail sur elle-même pour s'accepter et accepter les autres tels qu'ils sont.

Désormais abstinente, l'ancienne conjointe d'artisan pâtissier est sortie de sa spirale destructrice avec l'aide des Alcooliques Anonymes. Heureuse de vivre l'instant présent, Évelyne (1) témoigne.

Témoignage

J'ai tout quitté : mari, pâtisserie chocolaterie, confort matériel... et j'ai rejoint la Bretagne (je vivais en Normandie depuis ma naissance il y a 61 ans) pour tourner totalement la page, voici bientôt 13 ans. En 9 mois, avec l'aide des Alcooliques Anonymes (AA) rencontrés lors d'une cure, je suis devenue abstinente.

J'ai commencé à m'alcooliser à l'âge de 39 ans. Mon mari que j'ai épousé à 19 ans, pour faire plaisir à mes parents, était violent.

Lorsqu'il m'a trompée avec ma meilleure amie, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. J'ai commencé à boire des liqueurs de cassis, de fraise des bois et je suis passée au whisky. Avec ça, je pouvais dormir : ça me servait d'anxiolytique. La descente aux enfers a duré 5 ans.

Je ne parlais à personne de mes problèmes. Je suis une enfant qui n'a pas été désirée. Je l'ai appris à l'âge de 3 ans, par l'entrebâillement d'une porte, et ça m'a fortement marqué. J'ai grandi pour être aimée de mes parents, ne jamais les décevoir. À 9 ans, j'ai subi des abus sexuels (viol). Je ne suis parvenue que l'an dernier à en parler dans ma famille.

Les AA rencontrés lors d'une cure

J'étais excessive en tout. Jeune, je faisais tellement de sport (entraînement de basket quotidien) que mes parents pensaient que je serais prof de gym. C'était, je pense, un refuge. Mes blocages en lecture à l'école m'ont pourri la vie. J'inventais n'importe quel prétexte pour ne pas avoir à lire en public. J'ai raté beaucoup de choses à cause de ça. Pour ne pas avoir à passer le bac et ne pas décevoir mes parents, je me suis débrouillée à trouver un emploi à la sécurité sociale. Mais je n'étais pas faite pour le bureau.

À la pâtisserie, je travaillais énormément. Ayant fait plusieurs tentatives de suicide, j'ai commencé à être soignée pour dépression. Lors de la dernière tentative, on m'a dit que j'avais un problème avec l'alcool. Après une première cure de désintoxication, à 45 ans, je croyais avoir tout compris. Mais j'ai rechuté. J'ai alors vraiment pris conscience de ma maladie.

Lors d'une réunion de malades, au centre de cure, les Alcooliques Anonymes (AA) sont passés présenter l'association et son fonctionnement. Tout de suite attirée, j'ai adhéré à un groupe de Caen.

« Ni paillasson, ni hérisson ! »

J'ai compris que je n'aimais pas mon mari et qu'il fallait que j'échappe aux violences conjugales. Si je restais, j'allais mourir. En octobre 2003, je suis partie, avec mon sac de sport, emportant seulement un jean, un slip et un soutien-gorge ! Je laissais une maison confortable de 300 m2 pour me retrouver dans un logement de 27 m2. Mais j'étais bien. J'ai pu profiter de ma liberté pour participer à des réunions AA, deux à trois fois par semaine et arrêter totalement l'alcool.

La Bretagne, c'était une envie d'enfance d'y habiter. J'avais passé des vacances à Carnac avec parents et grands-parents. J'aime la pêche, la mer, la voile... J'ai une qualité de vie que je n'aurais jamais imaginée. J'ai essayé de comprendre mon fonctionnement, mes déficiences mais aussi mes qualités. J'ai essayé de m'accepter, de m'aimer et d'aimer les autres tels qu'ils sont et non selon mes espérances, de réagir positivement aux événements, de devenir responsable au lieu de fuir. J'ai moins peur du futur. J'écoute beaucoup plus. Je suis heureuse de vivre alors que je n'avais qu'une envie : me détruire avec l'alcool. Ma fille me dit : tu n'es plus ni un paillasson, ni un hérisson ! »

(1) Prénom d'emprunt.

Publié dans AA france

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"Alcooliques Anonymes : 60 ans d’écoute et d’entraide"

Publié le par kreizker

in "France Bleu Auxerre", 13 mai 2017

Les Alcooliques Anonymes organisent quatre réunions par semaine dans l'Yonne.

Les Alcooliques Anonymes organisent quatre réunions par semaine dans l'Yonne.

Les Alcooliques Anonymes soutiennent les personnes dépendantes, en France, depuis 1960. En Bourgogne, les AA organisent leur 30e convention régionale les 13 et 14 mai à Agencourt, en Côte d'Or, L'occasion de parler de leur combat quotidien contre cette addiction.

En France, la consommation d’alcool diminue régulièrement depuis une quarantaine d’année. Selon l’INSERM (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale), elle a été divisée par deux entre 1960 et 2009. Malgré tout, 10% des adultes sont aujourd'hui en difficulté avec l'alcool.

 

Dans l'Yonne, les Alcooliques Anonymes organisent des réunions toutes les semaines à Auxerre, Avallon, Migennes et Sens. Des réunions sans engagement, sans registres. On vient comme on peut et quand on veut. Pour parler, se libérer.

Quelques chaises, une boite de bonbons et du café : le rituel est toujours le même. Et le tour de table aussi. "Bonjour les amis, je suis Gérard et je suis malade alcoolique. J’ai passé une bonne semaine", commence l’un. "Bonjour, je m’appelle Christian et je suis alcoolique. J’ai passé moi aussi une semaine tout à fait normale", poursuit l’autre. Et ainsi de suite.

Sans les Alcooliques Anonymes, je serais mort (Christian)

Christian : "Tenir 24 heures. Et recommencer le lendemain."

Dans cette petite salle de Migennes, les quatre hommes s’écoutent avec respect et attention. Il y a Gérard, un icaunais de 68 ans qui a commencé à boire à la mort de sa femme. Il a été alcoolique pendant près de 10 ans. "On fuit les problèmes, on est un peu dans une bulle", explique-t-il aujourd’hui. "Moi, j’ai fini par avoir besoin d’une bouteille de whisky par jour". Mais depuis 10 ans, il ne boit plus. "Mon psy m’a beaucoup aidé" dit-il.

Il y a aussi Yves, qui a commencé à boire à l’adolescence et qui, au fil des années, n’est plus arrivé à maîtriser sa consommation. "J’ai mis le pied dans l’alcoolisme sans m’en rendre compte" dit-il. Sa femme lui demandais pourquoi il buvait, il répondait : "parce que c’est bon". Et un jour, le déclic. Il s’inscrit dans une clinique et arrête de boire. Il fait une rechute au bout de 15 mois. "Ce n’est pas un échec, c’est une étape ", explique-t-il.

Les AA m'ont appris qu'il fallait arrêter de boire une jour après l'autre. tenir 24 heures. Et recommencer le lendemain. C'est plus facile à gérer que toute une vie (Christian)

Ce soir-là, c’est un autre Gérard, abstinent depuis 28 ans, qui anime la réunion. Pour lui, c'est un renvoi d'ascenseur. "Si je n’étais pas à cette table ce soir, je serais mort. C’est grâce aux Alcooliques Anonymes que j’ai pu poser le verre. Alors je viens pour rendre un peu ce que j’ai reçu. Et pour voir des amis".

Gérard : "J'avais une femme, j'avais des enfants, mais je n'avais rien. Ma maîtresse, c'était l'alcool"

Même assiduité pour Christian. Il a arrêté de boire il y 17 ans et s'il est resté sobre, c'est en grande partie grâce aux conseils reçus aux alcooliques anonymes. "Après mon hospitalisation, j’avais peur de me remettre à boire. Et aux AA,on m’a expliqué qu’il fallait simplement que je prenne les choses un jour à la fois. Eh oui, 24 heures, c’est plus facile à gérer que toute une vie. Il fallait juste que je tienne pendant un jour. Et que je recommence le lendemain."

Gérard : "Avec l'alcool, on fuit les problèmes'

Libérer la parole... et devenir acteur de sa guérison : c’est un peu le secret de ses réunions. Selon Gérard, elles sont un complément indispensable à l’accompagnement médical : "Le médecin, il est sans doute gentil et compétent, mais il n’est pas alcoolique. Il n’a pas vécu la souffrance, la honte. Moi je les ai vécues".

En plus des réunions hebdomadaires, les Alcooliques Anonymes de l'Yonne font aussi des interventions dans les prisons, les hôpitaux et même les lycées.

Yves : "je suis tombé dans l'addiction petit à petit"
Selon l'Inserm, un français sur 10 aurait des problèmes avec l'alcool.

Selon l'Inserm, un français sur 10 aurait des problèmes avec l'alcool.

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Il y a deux numéros d'écoute des Alcooliques Anonymes :
  • Un numéro national, ouvert 24h sur 24 : 09.69.39.40.20.
  • Un numéro local dans l'Yonne : 06.60.58.58.73
  • Il y a quatre réunions des Alcooliques Anonymes dans l’Yonne :
  • Le mardi soir à Migennes, 2 rue des écoles, à 19h
  • Le mercredi soir à Sens, 22 rue Pasteur, à 20h30
  • Le jeudi à Avallon, 4/6 rue de la Fontaine, à 19h
  • Le vendredi à Auxerre, 31 rue Saint Pèlerin, à 20h

La 30e convention des Alcooliques Anonymes de Bourgogne se tient les 13 et 14 mai à la maison Familiale d’Agencourt, en Côte d’or.

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"LA VIE APRÈS L’ALCOOL"

Publié le par kreizker

in "L'Accent Bourguignon", mai 2017

 

"LA VIE APRÈS L’ALCOOL"

Les 13 et 14 mai 2017, se tiendra à Agencourt, en Côte-d’Or, la convention régionale des Alcooliques anonymes de Bourgogne Franche-Comté. Nous avons rencontré Lucie (*) et assisté à ses côtés à une réunion de son groupe. Parcours extraordinaire de gens ordinaires…

Ce soir, c’est tournée générale de nounours en chocolat. La boîte passe de main en main et la dizaine de personnes réunies s’amuse : « Ça pourrait devenir une vraie addiction, ce truc-là », plaisante quelqu’un en avalant une friandise. À dix-neuf heures, comme chaque jeudi dans cette petite ville de Bourgogne, Lucie (*) ouvre la rencontre : « Bonsoir, je suis Lucie, malade alcoolique… »

Malade alcoolique, Lucie ? Elle n’a plus touché une goutte d’alcool depuis 1982… Voix chaleureuse, avec une pointe d’accent chantant du Sud, vêtue de couleurs chaudes, visage juvénile, elle plante ses grands yeux bleus dans ceux de ses interlocuteurs et leur sourit. Cela fait un peu plus de dix ans, qu’avec Jean, son mari, abstinent lui aussi après quarante ans d’alcoolisme, ils ont ouvert ce groupe en arrivant en Bourgogne, pour continuer à se soigner et à aider les autres, ceux qui ne peuvent pas s’en sortir autrement. Pas les fêtards, explique Lucie, qui se saoulent le week-end entre potes et reprennent le travail le lundi matin avec du café et une bonne gueule de bois ; pas les buveurs à la petite semaine, imbibés certes, mais jamais visiblement ivres et tout surpris quand ils apprennent qu’ils ont une cirrhose. Pas non plus les désespérés, qui à la suite d’une épreuve, plongent un temps dans l’alcool pour oublier leur souffrance et qui, lorsqu’ils ont pu en soigner la cause, retrouvent une consommation sans danger. Non, c’est d’autre chose qu’il s’agit. Et Lucie explique que chez certains, « on ne “devient” pas mais on “naît” alcoolique, avec une prédisposition qui fait que le simple premier verre entraîne le deuxième, puis le troisième, inexorablement jusqu’à l’overdose, le coma en l’occurrence, et ce, à répétition ». Comme le dira en réunion Olivier, un pas tout à fait trentenaire, qui lâche dans un sanglot : « J’ai pu décrocher de la coke, de l’héro… mais de toutes les drogues, cette saloperie d’alcool est la plus insidieuse… »

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FRANCE

Publié le par kreizker

6 - 7 MAI 2017, à Saint-Raphaël (Var)

Convention Régionale PACA

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