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313 articles avec aa france

" J'ai compris que d'autres moi existaient ailleurs "

Publié le par kreizker

" J'ai compris que d'autres moi existaient ailleurs "

in "La Nouvelle République" (France), 23 juin 2017

Les Alcooliques Anonymes tiendront leur convention régionale, ce samedi, à Romorantin. La bouée de sauvetage de Pierre, il y a vingt ans. Témoignage.

 

Avec le recul, Pierre (*) en est aujourd'hui certain, il aurait pu y rester. « J'étais dans une mort sociale, une mort psychologique et j'ai commencé à entrevoir la vraie mort, la mort physique. » La spirale de l'alcool, l'isolement progressif, le déni, la maladie, ce Romorantinais depuis une quinzaine d'années, en parle avec lucidité.
Les mots sortent naturellement, sans emphase, ni pathos et pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi. Désormais retraité, Pierre explique avoir perdu femme et enfants dans sa descente aux enfers. Une descente progressive et insidieuse, décrit-t-il, malgré une « vie très classique » : « Une famille normale, des études supérieures, une profession libérale. L'alcool est entré dans ma vie pendant mes années d'étudiant. »

« Je buvais le plus souvent possible et plus que de raison, ça m'aidait à passer mes examens », repart-il aux origines, du haut de ses 67 ans. Suivront un mariage, deux enfants, « l'alcool festif, culturel »avant que« les choses ne se dégradent progressivement, j'ai commencé à boire de façon solitaire. »

" J'ai bu le capital qu'il me restait "

Pierre raconte alors une marche en avant irrémédiable : « Ma consommation d'alcool s'est accélérée. J'ai mis ça sur le compte des difficultés au travail, familiales, de la dépression. »En 1994, il perd femme et enfants et plonge pour de bon. « J'ai bu le capital qu'il me restait, j'étais incapable de travailler. » Pendant trois ans, alors monté à Paris, le quadragénaire vit au gré des verres, accompagné de rares compagnons de boissons éphémères. « Je me suis plongé dans cette solitude »,avoue-t-il, jusqu'à être hospitalisé à plusieurs reprises. « La dernière fois, c'était à l'hôpital américain, mais, à ce moment-là, à ce énième sevrage, j'ai cette fois entendu le message du psychiatre. » Ce dernier conseille à Pierre de se rendre à une réunion des Alcooliques Anonymes. Ce qu'il fera, le 3 janvier 1997,« à ma sortie de l'hôpital. » Là-bas, l'attend une surprise de taille :« Une tête connue, un des copains étudiants avec qui je buvais et que j'avais perdu de vue. On s'est tombé dans les bras et on a pleuré. » « J'ai compris brutalement que d'autres moi existaient ailleurs. Pour la première fois depuis longtemps je me suis identifié, à partir de ce moment j'ai pu me reconstruire »,poursuit Pierre encore ému par ce souvenir. C'était il y a vingt ans et depuis, malgré une rechute treize ans en arrière, Pierre a refait sa vie, revoit ses enfants. 
Parmi les membres fondateurs de la réunion des Alcooliques Anonymes de Romorantin, il sera présent, samedi, à l'Ethic Etapes de Romorantin, comme plusieurs dizaines d'autres, heureux de se retrouver pour leur 28econvention de la région Centre (avec Al-Anon) à partir de 9 h 30. Ils accueilleront peut-être de nouveaux venus, leur souhait en tout cas, pour « servir à d'autres. »

(*) Le prénom a été modifié.

Publié dans AA france

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Alcooliques Anonymes : « Quand on pose le verre, il reste la vie »

Publié le par kreizker

in "La République" (France), 21 juin 2017

Deux fois par semaine, les AA se réunissent à Fontainebleau, pour combattre cette maladie méconnue et mal comprise. Michel et Marie, abstinents depuis 33 et 9 ans témoignent.

« Je me cachais pour voir mes enfants devant l’entrée de l’école, je ne voulais pas qu’ils aient honte de leur père »

« Je me cachais pour voir mes enfants devant l’entrée de l’école, je ne voulais pas qu’ils aient honte de leur père »

Un café pour Michel, un soda pour Marie. Leur « normalité » depuis 35 ans pour lui, 9 ans pour elle. Depuis qu’ils ont « posé ce verre ». Ce verre qui a détruit leur vie, les a coupé du monde et menacé gravement leur santé. « Je buvais entre 4 et 5 litres d’alcool par jour », témoigne Michel. Marie, elle, a fait deux AVC… « je continuais à boire sur mon lit d’hôpital ».

Ils en sont tous deux sortis grâce à un déclic, mais aussi et surtout grâce aux Alcooliques Anonymes (AA), qui se réunissent deux fois par semaine à Fontainebleau. « L’alcoolisme, c’est une maladie mal comprise et méconnue. Il n’y a qu’aux AA qu’on peut parler librement sans être jugé, avec quelqu’un qui n’a pas connu ça, je ne peux pas vider mon sac », dit Marie.

« C’est une drogue aussi forte que l’héroïne ou la cocaïne, poursuit Michel. C’est sournois, on est piégé petit à petit. On commence par boire un verre en cachette, puis ce sont des litres de vin dans la journée. On boit pour se sentir moins mal, on sait qu’on se détruit ». Marie acquiesce : « ça désinhibe, on se sent bien. J’étais mariée et mon mari a décidé de ne plus boire à la maison. J’ai donc bu sans lui dire. On souffre moralement et physiquement, mais on ne peut pas s’arrêter. L’alcool m’empêchait d’être lucide. J’accusais les autres, alors que le problème c’était moi ». Même constat pour Michel : « c’est la rue qui me menaçait. Je me cachais pour voir mes enfants devant l’entrée de l’école, je ne voulais pas qu’ils aient honte de leur père. Avant que mon père décède, je lui ai fait la promesse de ne plus boire. J’ai mis quatre mois à le faire… Un lundi d’avril 1983, j’ai appelé mon médecin. J’ai posé mon verre ».

Plus une goutte depuis. Michel, désormais, se consacre aux autres. Aide, conseille, partage. Avec son lot de succès, et d’échecs forcément. « Aider les autres, c’est le meilleur des remèdes. Si la personne veut s’en sortir, si elle vient aux réunions AA, ça marche ».

Aider les autres

Marie, elle, a mis du temps à se sortir de la spirale. « Quand on est dans l’alcool, on ne voit pas. C’est toujours la faute des autres. C’est une tragédie de voir à quel point on doit souffrir avant de connaître des vérités selon lesquelles nous devons vivre. Quand on pose le verre, il reste la vie. S’occuper des enfants, de soi, aider ».

Une traversée du désert qui les a marqués, forcément. Et qui fait d’eux des personnes accomplies : « je n’aurais pas une si belle vie si ça ne m’était pas arrivé, confie Marie. Je me satisfais de ce que la vie veut bien me donner. Ce n’était pas le cas avant d’être dans l’alcool ». Michel, lui, insiste sur l’importance des réunions : « il y a de tout. Des SDF, des médecins, des comptables. On nourrit des amitiés franches. La liberté est totale, vient qui veut, on ne se coupe pas la parole. On sait qu’on a souffert, quelque part, on connaît l’autre. On a tous la même histoire : une grande souffrance ».

« Ma première réunion était sur le bonheur. Je l’ai vu comme un signe, moi qui pensais à me suicider », sourit Marie. Un sourire franc. Optimiste et résolu à profiter de la vie. Et continuer à semer l’espoir.

Yoann Vallier

Renseignements
Réunions à l’hôpital de Fontainebleau (CRM Enfants) le samedi à 14 h 30 et le mercredi à 20 h 30 à FLC. Numéro vert : 089.69.39.40.20 (24 h / 24).

Publié dans AA france

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"Se libérer de la dépendance avec les Alcooliques Anonymes"

Publié le par kreizker

in "78 Actu" (France), 4 juin 2017

Les Alcooliques Anonymes (AA) de Vauban à Versailles fêtent leur 48e anniversaire. Nous avons assisté à l'une de leurs réunions.

Pour son 48e anniversaire, le groupe des Alcooliques Anonymes (AA) de Vauban avait organisé une soirée spéciale à Versailles, autour du thème « heureux, joyeux et libre ».

Ces réunions fermées, organisées au moins une fois par semaine par l’un des trois groupes de Versailles, sont réservées aux alcooliques. Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour en devenir membre.

«  24h à la fois »

Des témoignages ont ponctué cette séance un peu spéciale, qui se tenait mercredi 17 mai.

Wilfried*, un jeune abstinent, a tout d’abord pris la parole. «Bonjour, je n’ai pas bu, et je n’ai pas envie de boire aujourd’hui », débute-t-il en guise de préambule, avant de parler de ce qu’il nomme sa « maladie alcoolique ».
« Ce qui m’aide beaucoup, c’est de commencer à être honnête avec moi-même. Pour moi pendant 24h, ne pas prendre ce premier verre, c’est un retour à la raison. Les caprices dont je suis capable sont en réalité d’une grande immaturité. Je grandis comme cela, 24h à la fois », confie le jeune homme, qui se dit « malade de ses émotions ».

Une journée à la fois semble être le leitmotiv pour beaucoup d’entre eux sur le difficile chemin qui mène à l’abstinence. Les témoignages s’enchaînent, et les langues se délient.

« Même avant de rencontrer l’alcool, j’étais dans une sorte d’illusion », poursuit Cynthia*, venue assister à sa deuxième réunion. Dans la petite salle de cette annexe de la maison de quartier Vauban, il y a autant d’hommes que de femmes ce soir-là.

Fabien* est arrivé à Vauban un mercredi soir, c’était il y a 25 ans. « 25 ans après, on peut dire que Vauban a été pour moi comme une seconde famille. J’y ai retrouvé ces douleurs de l’alcoolique dont je n’arrivais pas à sortir. Je ne peux pas oublier Vauban. Ici, c’est mon port d’attache. Alors quand il y a un anniversaire ça me touche beaucoup.» Dans cette assemblée d’« alcooliques reconnaissants », la parole agit comme un baume apaisant. Tous trouvent ainsi les ressources nécessaires pour ne pas replonger…. et se reconstruire. « Le plus important pour un alcoolique c’est qu’un groupe soit ouvert, conclut un participant. Quand on te lance une bouée, tu ne regardes pas la couleur. Tu t’accroches et c’est tout ».

*Les prénoms ont été modifiés

Pour contacter Alcooliques Anonymes : 01 48 06 43 68
Une permanence téléphonique accessible 24h/24, 7j/7, a également été mise en place au 09 69 39 40 20

Publié dans AA france

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"À 82 ans, les Alcooliques Anonymes en quête d'une nouvelle jeunesse"

Publié le par kreizker

in "Le Figaro" (France), 28 mai 2017

"À 82 ans, les Alcooliques Anonymes en quête d'une nouvelle jeunesse"
"À 82 ans, les Alcooliques Anonymes en quête d'une nouvelle jeunesse"

Publié dans AA france

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