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135 articles avec aa quebec

Alcooliques Anonymes : « Je veux juste être libre, heureuse et joyeuse. »

Publié le par kreizker

in "Le Courrier du Sud" (Québec), 5 Novembre 2020

À l’invitation de membres de la section 87 des Alcooliques Anonymes, Le Courrier du Sud a assisté à une réunion Zoom sur notre rétablissement.

Monique*, qui s’est présentée comme alcoolique et toxicomane, a raconté son histoire.

Elle a bu ses premières gorgées de bière à l’âge de 7 ou 8 ans, dans les bouteilles de son père, à l’invitation de celui-ci. Lors de sa première brosse à 14 ans, son père lui disait qu’il était fier d’elle et qu’elle «savait boire». «Je buvais autant que lui… mais je ne savais pas boire», dit-elle.

Dépendante affective, Monique est tombée enceinte d’un homme dont elle était tombée amoureuse lorsqu’elle travaillait dans un bar de danseuses. «Deux ans après, je rentrais dans les AA. Pas parce que j’étais alcoolique; parce que j’avais perdu la garde de mon fils.»

Dans les débuts, elle a continué à consommer, malgré sa présence aux réunions. «Je prenais un verre de vin, une petite sniff et je trouvais que je ne consommais pas beaucoup», raconte-t-elle.

Lorsqu’elle a demandé si un verre de vin était considéré comme une rechute, on lui a répondu que ça dépendait de son honnêteté. «J’en n’avais pas ben ben… Je suis allée au meeting et j’ai pris mon jeton de deux mois.»

Tout au long de son récit, elle témoigne du mal-être et de la rage qui l’ont longtemps habitée, même si elle était devenue sobre. «J’ai été en tabarnak pendant 10 ans», résume-t-elle. Après 14 ans de sobriété, elle a suivi une thérapie, qui a été libératrice. «J’ai perdu 150 lb de colère. J’étais capable de respirer jusqu’au nombril! Ça ne m’était jamais arrivé. J’ai atteint cette paix.»

Aujourd’hui, après 29 ans d’abstinence, elle n’hésite pas à dire que ces réunions auxquelles elle assiste encore régulièrement, et les rencontres qu’elle y a fait, lui «ont sauvé la vie». Elles ont fait d’elle une meilleure personne.

«Si ne vous m’aviez pas donné autant d’amour, je ne serais pas aussi patiente avec mes parents. J’ai appris à être une mère avec vous. Je parlais à mes enfants comme si j’étais une enfant. Vous m’avez appris à devenir une adulte.»

Encore, elle suit les principes du «Gros livre» des AA, qui détaille les étapes à franchir vers le rétablissement.

«L’important est de vivre le moment présent. C’est difficile. Je veux juste être libre, heureuse et joyeuse.»

*Nom fictif

 

Alcooliques Anonymes: cheminer vers le rétablissement, en mode virtuel

Pas besoin de carte de membre pour entrer dans les AA; la volonté d’arrêter de boire est la seule condition. Désormais offertes aussi en mode virtuel, les réunions deviennent encore plus accessibles et ouvertes, amenuisant la barrière du difficile premier pas.

En moyenne, 2000 participants par semaine se connectent à l’une ou l’autre des réunions virtuelles Zoom sur notre rétablissement; une initiative du groupe 87 des AA, secteur incluant Montréal et couvrant de Sorel à la frontière de l’Ontario, en passant par Granby. Sur le Web, les participants viennent de partout au Québec.

Devant l’interruption abrupte des rencontres en mars, Rénald et Éric, deux résidents de Longueuil membres du groupe, ont voulu offrir rapidement une autre option. Et l’engouement pour les réunions en ligne s’est rapidement manifesté.

«L’alcoolisme est une maladie. Tu es incapable de venir à bout d’une obsession. Quand l’obsession te prend, tu perds tes moyens. Alors s’il n’y a plus de rencontres, surtout au début de ta démarche, quand tu es fragile…», laisse entendre Rénald.

Aux yeux d’Éric, responsable du volet technique des rencontres, pas de doute que le confinement a été particulièrement dur pour les personnes alcooliques. «C’est énorme le nombre de rechutes qu’on a vues, a-t-il constaté. Ç’a été une période très cruciale.»

Rénald seconde. «Le contexte d’isolement a généré du stress. Les gens boivent, ça les détend, mais ça devient vite une idée fixe, le centre de notre vie», soutient-il.

Il prend le temps d’expliquer.

 

«Notre but est de redevenir heureux. On a un mal de vivre coincé quelque part. La pandémie a été un catalyseur, surtout chez les personnes qui en étaient à un moment plus fragile.»

 

– Rénald, membre des AA
 

Il invite tous ceux qui se trouvent «dans un cul-de-sac» à découvrir les Alcooliques Anonymes.

L'amour traverse l'écran

La dynamique d’une discussion sur Zoom est forcément différente des rencontres en personne – qui ont d’ailleurs toujours lieu, dans le respect des mesures sanitaires.

Les participants retrouvent néanmoins ce qu’ils sont venus chercher : le contact humain. Lors des rencontres, un conférencier livre un témoignage, qui est suivi d’une discussion. Un moment où le conférencier reçoit une «belle dose d’amour».

«On est un mouvement de parole, et ç’a un bon effet, dit Rénald. L’amour passe très bien à travers l’écran.»

Le premier pas est aussi plus facile à franchir en mode virtuel. En raison des mesures sanitaires, les participants qui se joignent aux réunions en personne doivent inscrire leur nom à un registre. Cette simple mesure constitue pour certains un frein.

«À ton premier meeting, t’es gêné de passer le cadre de porte. On a chacun notre idée de ce qu’est un alcoolique, et c’est pas très glamour. Les jeunes qui sont aux prises avec cette maladie peuvent avoir un premier contact avec les AA et vont découvrir un groupe qui ne les juge pas.»

«On est une fraternité, ajoute-t-il. Des frères et des sœurs qui, peu importe leur âge, leur sexe, leur orientation, ont un lien en commun. Et c’est pour ça qu’on se sent égaux.»

Les rencontres sont ouvertes à tous. Les réunions virtuelles ont lieu chaque jour, à 9h, 12h, 19h et 23h. Il est aussi possible d’y assister via une ligne téléphonique. Rens. : www.AA87.org.

 

Publié dans AA Québec

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"Tendre une main à ceux qui souffrent"

Publié le par kreizker

in "La Tribune" (Québec), 30 Octobre 2020

 

« La seule chose que je veux, c’est dire à l’alcoolique qui souffre tout seul à la maison qu’il y a une voie pour s’en sortir », lance d’emblée Richard qui, lui-même, a déjà perdu complètement espoir.

À 13 ans, il commence à boire de l’alcool à même les bouteilles de son père. « C’était facile d’en voler, il y en avait beaucoup dans la maison », lance-t-il moqueur.
« Mais l’alcoolisme n’est pas héréditaire alors ce n’est pas parce que mon père était alcoolique que je le suis devenu », ajoute-t-il du même souffle.
Rapidement, sa consommation d’alcool devient un problème. « Au départ, je buvais le soir avec les chums. Après c’était à l’école, au parc. Au début, c’est occasionnel, mais vite, on cherche et trouve beaucoup d’occasions », raconte celui qui quitte les bancs d’école avant d’obtenir son diplôme secondaire.
Richard multiplie les emplois qu’il perd en série à cause de la boisson. « Là, le cercle vicieux commence. J’ai essayé plein de trucs, consulté toute sorte de médecins. J’étais pris dans l’habitude de la boisson. C’est ce qu’on appelle l’impuissance devant la bouteille », raconte Richard.
À 26 ans, il croit avoir épuisé toutes les chances de s’en sortir. L’avenir se noie. « J’étais malade. Tellement malade de boisson. Et là, la vie est bien faite, deux amis d’amis, de vagues connaissances, sont venus me voir et jaser avec moi. Ils étaient dans les Alcooliques Anonymes. Ils sont revenus semaine après semaine et là, un déclic s’est produit. C’est là que j’ai décidé de ne pas boire, 24 h à la fois. »
Aujourd’hui, Richard célèbre ses 35 ans dans les AA. Près de 13 000 fois 24 h.
« Mais mon 35 ans de sobriété, je le considère bien humblement. C’est 24 h à la fois pour tout le monde. »
Au début, Richard allait aux rencontres des AA tous les jours. Il en avait besoin pour combler le vide laissé par la bouteille. Il y a croisé des hommes et des femmes de tous les âges et de tous les milieux sociaux. Certains sont des buveurs fonctionnels qui n’ont l’air de rien. D’autres boivent sans arrêt, car la vie leur paraît intolérable à jeun. Certains boivent cinq verres par jours. D’autres 32.
« Il y en a un qui buvait juste dans le temps des Fêtes. Mais chaque fois, il finissait en dedans, car sa buverie finissait en violence conjugale », note Richard ajoutant que la souffrance est le dénominateur commun de tous les alcooliques. « C’est une maladie de l’âme », résume-t-il.
Richard a eu la chance de devenir sobre avant de rencontrer son épouse et d’avoir des enfants. Ce n’est pas le cas de Robert, son ami des AA qui l’accompagne lors de l’entrevue.
« J’ai détruit mon mariage et mes enfants avec l’alcool. J’en ai magané du monde autour de moi. Mes parents aussi », souligne celui qui a bu de 15 à 43 ans. Après, il a demandé pardon à son entourage et s’est efforcé de se reconstruire une vie.
Pour sa part, Richard a tendu la main à son père, mais quand il lui a demandé de l’accompagner aux AA, ce dernier s’est moqué de lui. Richard, comme Robert, tend aujourd’hui la main à ceux qui croient avoir un problème d’alcool. Et leurs proches. «Comme on dit, avec nous, vous serez condamnés à être heureux», conclut Richard.
Les AA tiendront, en collaboration avec Al-Anon (pour le samedi après-midi), leur 47e congrès au Centre d’éducation aux adultes New Horizons à Sherbrooke les 6 et 7 octobre sous le thème « AA te tend la main ». Le congrès est ouvert à tous et l’accès est gratuit. Les proches d’alcooliques et les professionnels de la santé qui œuvrent avec eux sont les bienvenus. Pour renseignement : 819 564-0070 
Fondé en 1935 en Ohio, AA est aujourd’hui présent dans plus de 180 pays et compte plus de 2 M de membres dont plus de 85 000 au Canada.

 

Publié dans AA Québec

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"L’AUTRE MIDI À LA TABLE DES ALCOOLIQUES ANONYMES"

Publié le par kreizker

in "Urbania" (Québec), 16 Octobre 2020

Un jour à la fois: on a assisté à une rencontre des AA.

"L’AUTRE MIDI À LA TABLE DES ALCOOLIQUES ANONYMES"

« On cumule 130 ans de sobriété à nous quatre! », s’exclame fièrement André, flanqué de Jean-Louis, de Pierre et d’une dame qui n’a pas voulu se nommer. 

Les quatre amis papotent joyeusement devant le Centre Saint-Barthélemy, quelques minutes avant leur meeting se déroulant chaque midi, du lundi au vendredi. 

COVID oblige, le nombre de membres est restreint à 25 à l’intérieur de la salle située au sous-sol du bâtiment du quartier Villeray. 

C’est Jean-Louis, le représentant des services généraux, qui m’accueille. L’idée était de voir comment les Alcooliques Anonymes s’en sortent, à l’heure où notre fil Facebook a l’air d’avoir sombré dans l’alcool et où les plus longues files pandémiques s’étirent devant les succursales de la SAQ.

« Ça me fait du bien, je veux voir mes amis », résume André, sobre depuis 32 ans, lorsque je lui demande pourquoi il préfère assister physiquement aux réunions. 

Parce qu’à l’autre spectre des 5 à 7 virtuel, les meetings AA via Zoom connaissent un vif engouement depuis le début de la crise. Mais ils sont plusieurs à préférer les meetings « physique », où les membres peuvent socialiser autour d’un café filtre gratuit. 

Un baume pour ceux qui vivent des heures sombres, renchérit Lucien Jean, coordonnateur de la région 87 qui représente une bonne partie des AA québecois, regroupant au total quelque 25 000 membres. 

"L’AUTRE MIDI À LA TABLE DES ALCOOLIQUES ANONYMES"

Il admet sans détour que les rechutes sont fréquentes depuis le début de la pandémie, notamment en raison de la solitude. « On entendait la souffrance dans les meetings Zoom. En juin et juillet, c’était rough, on l’a bien ressenti», raconte Lucien Jean, qui se souvient d’un jeune homme de Québec qui se morfondait seul dans son un et demi. « Il nous arrachait le cœur », explique-t-il, sans élaborer.

À la reprise des meetings « en présentiel » en juin, lorsque les rassemblements intérieurs de 50 personnes ont été autorisés, un autre problème est vite apparu : qui peut entrer et qui ne peut pas.

Ces rencontres étaient si attendues qu’il fallait refuser des gens à la porte. Surtout que le nombre de ces rencontres a été réduit drastiquement, passant de 850 à une centaine par semaine dans la seule région du sud-ouest de la province (la plus grosse, qui englobe Montréal et la Montérégie). « Il était quand même temps, puisque plusieurs membres attendaient de se trouver au bord du précipice avant de se tourner vers les parrains, les Zoom et les appels », raconte Lucien Jean, ajoutant que le nombre de participants aux meetings physiques a été restreint à 25 en zone rouge depuis le début de la deuxième vague. « On ne veut pas refuser des gens qui ont besoin de nous et en plus, il faut payer le loyer de nos salles », explique-t-il, ajoutant se débrouiller uniquement avec les contributions volontaires. « Si on a 25 personnes au lieu de 80, c’est problématique », illustre-t-il.

« Beaucoup de nouveaux ont rechuté, c’est difficile pour eux », admet Jean-Louis, qui cumule 51 ans de sobriété. « Les gens se sentent tout seul, le mal-être amplifie », souligne pour sa part Pierre, sobre depuis 21 ans.

"L’AUTRE MIDI À LA TABLE DES ALCOOLIQUES ANONYMES"

Quelques minutes avant le début du meeting, les membres masqués doivent signer un registre à l’entrée, où une dame nous offre un café. 

La salle est pleine, les 25 chaises espacées à deux mètres sont occupées. 

Il y a deux personnes derrière une table à l’avant, installée devant un grand miroir qui recouvre l’entièreté du mur. André, sobre depuis 32 ans, se présente au micro pour le traditionnel accueil des nouveaux. 

Il n’y en a aucun aujourd’hui, juste des vieux de la vieille qui semblent se connaître depuis la nuit des temps. 

Des membres défilent à l’avant pour lire à voix haute les 12 étapes et la prière de la sérénité.

« Nous avons admis que nous étions impuissants devant l’alcool, que nous avions perdu la maîtrise de notre vie », récite Sylvie. 

"L’AUTRE MIDI À LA TABLE DES ALCOOLIQUES ANONYMES"

Un membre va nettoyer le micro avec une guenille et un poush-poush après chaque lecture. 

Parmi les membres assis, certains gardent leur masque, d’autres le retirent pendant la rencontre. 

Jean-Louis s’avance à son tour pour présenter le membre qui fera le partage du jour.

« Salut les amis, Jean-Louis, alcoolique »

– Salut Jean-Louis.

« Ici c’est la dernière porte, mais c’est la bonne. Juste arrêter de boire n’est pas la solution, mais c’est un début. L’important est de prendre les choses une journée à la fois », martèle le vétéran, pendant qu’une membre fait le tour de la salle pour ramasser des dons. « Soyez généreux, c’est notre seule source de revenus et il faut payer notre salle », souligne Jean-Louis.

« Plusieurs groupes ont fermé de peur d’avoir une éclosion dans une salle et de faire ainsi parler du mouvement pour les mauvaises raisons », m’a aussi souligné auparavant le coordonnateur Lucien Jean, ajoutant qu’il n’est pas simple de payer le loyer avec les contributions volontaires de 25 personnes au lieu de 80. 

"L’AUTRE MIDI À LA TABLE DES ALCOOLIQUES ANONYMES"

Pierre s’amène à l’avant pour son partage.

La salle est suspendue à ses lèvres. Une membre opine énergiquement tout au long du témoignage d’environ 45 minutes, solidaire de déboires visiblement vécus par plusieurs. « Si je viens vous parler de mon rétablissement et mon alcoolisme, c’est certain que je vais vous parler de Dieu », lance d’emblée Pierre, un frêle homme de 65 ans qui a cessé de boire il y a 20 ans.  

Avec aplomb, il évoque la mort de son père, ses années de boisson, son divorce houleux. « Je buvais tout le temps. Un alcoolique, c’est pas quelqu’un qui boit trop, c’est quelqu’un qui est pas capable d’arrêter », nuance Pierre, ajoutant se sentir privilégié d’avoir jusqu’à aujourd’hui surmonté ses démons. « J’aurais été malheureux d’avoir la COVID dans ce temps-là, l’alcool était au centre de ma vie et de toutes mes activités sociales, mon obsession », confesse Pierre. 

"L’AUTRE MIDI À LA TABLE DES ALCOOLIQUES ANONYMES"

Il conclut son partage en se confiant sur sa récente crise cardiaque, où il a bien failli y laisser sa peau. « J’ai pensé à vous parce que vous êtes mes frères et sœurs, parce que vous avez souffert comme moi. Aujourd’hui mon cœur marche à 40% mais je suis en vie. Fuck la COVID! », résume Pierre, s’attirant les applaudissements nourris de la salle.

Denis, un autre membre, mentionne également le virus en initiant le traditionnel « Notre Père » pour clore la séance. « Pour tous ceux qui souffrent et qui n’ont pas la chance d’être au meeting à cause de la COVID, notre père qui êtes aux cieux… »

La séance est levée, la salle se vide. Dehors, une dame grille une cigarette sous le soleil. Elle ne rate presque aucune séance, une façon de briser l’isolement. « Pour moi les AA  c’est le contact. Le café et la poignée de main. Bon pas la poignée de main présentement, mais j’aime pas ça en Zoom ou au téléphone (un autre service offert) », explique la membre.

Assis sur un banc dans le parc en face du Centre Saint-Barthélemy, Denis me raconte à son tour son cheminement et les raisons qui l’ont amené à rechuter il y a deux mois, après cinq ans de sobriété. « Il n’y a pas de raisons en fait. J’avais soif », justifie candidement cette armoire à glace de 65 ans, qui a commencé à boire à l’âge de 10 ans.

Il ajoute n’avoir senti aucun jugement de la part des autres membres lorsqu’il a confessé sa rechute lors d’un récent partage. « Je suis déjà à terre, pourquoi on me crisserait des coups de pied », demande-t-il, pendant que des enfants s’amusent dans un module devant nous. 

"L’AUTRE MIDI À LA TABLE DES ALCOOLIQUES ANONYMES"

Cet employé du milieu funéraire admet vivre très difficilement la pandémie, ce qui a accentué son envie de boire. « J’ai vu des deuils très difficiles à faire et je me suis oublié là-dedans. Ces situations m’amenaient à boire après le travail, je me disais que je méritais ma bière », raconte Denis, qui a marqué au fer rouge la date du 29 juillet dernier,  jour où il est entré en thérapie pour « se reposer de lui-même ». « J’étais en boule dans mon lit, rongé par l’angoisse », confie Denis, qui dit prendre aujourd’hui la vie du bon côté, en s’efforçant de voir le verre à moitié plein. « Un bonheur qui n’est pas partagé est un chagrin qui se repose », philosophe l’homme, paraphrasant Léo Ferré. 

J’abandonne Denis sur son banc de parc, pendant qu’il s’allume une deuxième clope.

Je suis déjà loin lorsqu’il m’interpelle d’une voix forte. « Tu lâches pas Hugo, c’est juste une mauvaise passe! »

Bizarrement, cette phrase sortie de nulle part me réconforte. 

Comme les AA, j’essaye de prendre les choses avec optimisme, un jour à la fois.

 

 

Groupe "Midi Villeray"

Centre Saint-Barthélemy - 7111 Avenue des Érables - Montréal QC H2E 2R1

Publié dans AA Québec

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"Alcooliques Anonymes s'attend à une hausse d'appels"

Publié le par kreizker

In "TVA Nouvelles" (Québec), 1° Octobre 2020

L'organisme Alcooliques Anonymes (AA) s'attend à une hausse de 25 à 30 % des appels au cours des prochains jours en raison des mesures de confinement annoncées lundi par le gouvernement Legault pour les régions en zone rouge.

 

Lors des trois premières semaines de la première vague, le nombre d’appels reçu par les AA est passé de 1000 à 2300 par mois. Au niveau des courriels reçus, le nombre a quadruplé pour la même période, souligne le coordonnateur de l’information publique pour le sud-ouest du Québec, Lucien J*.

«Dans le temps, il y avait eu beaucoup de rechutes. On craint beaucoup que s’il y a un reconfinement, ça va être très difficile pour les gens qui ont des problèmes avec l’alcool», a-t-il souligné, en précisant que les journées sont déjà bien occupées aux quatre centres d'appel de l'organisme.

 

Soutien à distance

 

Avec un second confinement, il sera impossible pour les centres situés en zone rouge de tenir des réunions en personne. Mais les AA ont innové en avril et proposent à présent des rencontres par Zoom ou par téléphone, disponibles à plusieurs moments dans la journée.

Certains membres ont d'ailleurs contacté l’organisme, car ils n'ont pas accès à internet. «[Il y en a] plus qu’on pense. Les gens qui arrivent de la rue ou qui ont perdu leur "job" et qui viennent juste d’arrêter de boire, souvent, ils ont tout perdu», a dit celui qui invite ces personnes à composer le numéro de la ligne d’aide.

«On veut qu’il y ait le plus de gens possible qui demandent de l'aide et on veut qu’ils y aient accès. N’importe qui peut nous appeler. [...] C’est important de parler pour sortir le méchant. Les gens ont la chance de parler et ça fait du bien, même si c’est deux minutes», a-t-il expliqué.

*Le nom de famille de Lucien n'est pas mentionné pour préserver son anonymat.

Numéro pour les réunions téléphoniques de l'organisme Alcooliques Anonymes: 1 855 610-2849

Pour consulter les numéros par secteur ou pour contacter l'organisation par courriel : aa-quebec.org

Publié dans AA Québec

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