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"Un verre de trop"

Publié le par kreizker

in "Le Journal de Chambly" (Québec), 30 Janvier 2023

Selon une récente étude du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS), les dangers reliés à la consommation d’alcool sont présents dès le premier verre. Une directive que les Alcooliques Anonymes voient d’un bon œil.

En novembre 2011, le CCDUS recommandait de ne pas dépasser 10 consommations d’alcool par semaine pour les femmes et 15 verres standards pour les hommes. Changement de cap radical la semaine dernière. Selon le Centre, il est désormais établi qu’après deux verres standards ou moins par semaine, le risque de méfaits liés à l’alcool est faible. Le risque est modéré avec de trois à six verres standards et élevé avec sept verres ou plus.

Alors que certains jugent l’étude excessive, les Alcooliques Anonymes estiment qu’« enfin, les vraies choses sont dites. Dire que 10 verres pour les femmes et 15 pour les hommes par semaine, c’est correct, cela n’a pas d’allure. Zéro verre par semaine, c’est zéro risque et je peux vous dire que l’abstinence, ça marche! » Cela fait 24 ans que cette personnes qui souhaite garder l’anonymat explique qu’elle ne se porte que mieux depuis que l’alcool a disparu de ses consommations

Selon le CCDUS, même en petite quantité, l’alcool n’est pas bon pour la santé. « La recherche nous apprend qu’il n’y a pas de quantités ni de sortes d’alcool bonnes pour la santé. Que ce soit du vin, de la bière, du cidre ou un shooter d’alcool fort, ça ne change rien. Boire de l’alcool, même en petite quantité, entraîne des conséquences pour tout le monde, peu importe l’âge, le sexe, le genre, l’origine ethnique, la tolérance à l’alcool ou encore les habitudes de vie.

C’est pourquoi si vous consommez de l’alcool, boire moins, c’est mieux! » peut-on lire dans l’étude.

Les réunions

Il explique aussi que le regroupement Alcooliques Anonymes reçoit de plus en plus d’appels année après année et que l’organisme encadre plusieurs rencontres, matin, midi et soir, partout au Québec ». À Chambly et à Marieville, des rencontres sont organisées régulièrement. Toutes ces réunions sont présentes sur le site des Alcooliques Anonymes (aa-quebec.org).

Une forte consommation

Selon Statistique Canada, au Québec, la consommation d’alcool per capita est passée de 8 litres en équivalent d’alcool pur en 2004-2005 à 8,9 litres en 2011-2012. Elle a ensuite diminué pour atteindre 8,3 litres en 2014-2015 et est demeurée stable en 2015-2016. Depuis, elle a augmenté pour atteindre 8,4 litres en 2020-2021. À titre d’exemple, le volume de consommation de 8,4 litres d’alcool pur équivaut à une moyenne de 494 verres par personne par année, soit 1,35 verre par jour toute l’année.

Selon l’INSPQ, l’alcool est de loin la substance psychoactive la plus consommée au Canada et au Québec. Selon les données du cycle 2017-2018 de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), 76 % des Canadiens et 81 % des Québécois de 12 ans et plus questionnés ont rapporté avoir bu de l’alcool au moins une fois au cours des 12 mois précédant l’enquête (buveurs actuels). Cette proportion est demeurée stable au Québec dans les dernières années, puisqu’elle se situait à 81 % en 2000-2001.

Publié dans AA Québec

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« C’EST UNE DES PIRES DROGUES EVER, EN PLUS D’ÊTRE PROMUE ET ENCOURAGÉE. »

Publié le par kreizker

in "Urbania" (Québec), 26 Janvier 2023

Jaser de consommation d’alcool à un meeting des Alcooliques Anonymes.

La consommation d’alcool est sur toutes les lèvres (ho-ho) depuis quelques semaines. 

D’abord, à cause de l’excellent documentaire Péter la balloune qui explore notre rapport à l’alcool et propose un examen de conscience sur notre relation avec le plus vieux lubrifiant social du monde. Ensuite, en raison du dernier rapport du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS) qui revoit à la baisse la quantité d’alcool jugé à faible risque pour éviter les effets néfastes sur la santé.  

Après des années à se faire marteler à coup de campagnes folichonnes que boire 10 et 15 verres par semaine constituait un plafond de consommation sécuritaire, le nouveau mot d’ordre du CCDUS est reçu comme une bombe : aucune quantité d’alcool n’est bonne pour la santé et boire plus de deux verres d’alcool par semaine présente même un risque « modéré » pour la santé. 

Le groupe d’expert.e.s qui a accouché de ces nouveaux repères a procédé à une revue exhaustive de la littérature scientifique contemporaine, s’alignant avec une méta-analyse publiée dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet. Pour plusieurs, il était grand temps de remettre à jour les dernières recommandations du CCDUS datant de 2011 qui occultaient complètement l’impact de l’alcool sur la santé mentale en plus de minimiser celui sur les risques de cancer.

Bref, l’alcool fait jaser. Tou.te.s les chroniqueurs et chroniqueuses de la médiasphère se sont prononcé.e.s sur ces nouvelles recommandations – la plupart en accord – et notamment sur l’ajout d’étiquettes de mise en garde sur les bouteilles. Vous en avez peut-être vous-même parlé avec vos proches durant le temps des Fêtes et procédé à un examen de votre propre consommation.

De mon côté, j’ai été (et je suis toujours) submergé de témoignages de personnes m’écrivant pour me raconter l’impact de l’alcool dans leur vie. Des gens qui ont cessé de boire, ont perdu des proches, réalisent qu’ils boivent trop ou subissent une pression permanente de remplir leur verre. Somme toute, un gros lendemain de brosse collectif au terme duquel on s’ouvre un peu les yeux sur le fonctionnement de notre monopole d’État (relevant du ministre des Finances) et sur le rôle confus d’Éduc’Alcool, cet organisme de prévention financé en grande partie par l’industrie. 

Tout le monde a sa petite histoire et j’avoue me sentir un brin imposteur de me ramasser du jour au lendemain le porte-parole de la sobriété au Québec. Un chapeau qui doit faire sourciller les gens qui me voient encore régulièrement dépasser le stade de la modération. 

En entrevue, je m’efforce de mentionner que notre documentaire n’a aucune visée moralisatrice, que je ne milite ni pour interdire l’alcool à Tout le monde en parle ni pour apposer des images de foies nécrosés sur mes bouteilles de Brouilly. J’ai refusé d’être ambassadeur du mois sans alcool tout simplement parce que je me sentirais phony-baloney. J’aime boire, je ne m’en cache pas et j’aurais du mal à m’en priver un mois, même le plus court de l’année. 

Mais j’aime aussi être informé, c’est pourquoi le documentaire visait surtout à expliquer les rouages de la vente d’alcool au Québec. À partir de là, à nous d’agir en conséquence. 

ÉCOUTER LES AA

Ce long préambule pour résumer mon état d’esprit en me rendant mardi à une réunion des AA (Alcooliques Anonymes) dans le Vieux-Montréal. Après avoir entendu tout le monde ventiler sa consommation d’alcool, je jugeais intéressant de tendre l’oreille vers ceux et celles pour qui la question ne se pose même pas. Entendre ces gens pour qui l’alcool est une maladie incurable et une seule goutte peut mener à la rechute. 

Une vingtaine de personnes s’entasse sur des chaises en plastique dans cette petite salle attenante à la maison Jean-Lapointe. D’emblée, un premier préjugé est mis à mal : plusieurs membres sont jeunes et détonnent parmi les têtes grises et blanches. 

Du café et des biscuits sont servis à l’entrée. 

La camaraderie est palpable, les gens se connaissent, s’enlacent et rigolent en attendant le début de la séance. Celle-ci s’amorce par un moment de silence, suivi de la prière de la sobriété. 

« Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer… »

La salle récite d’une voix monocorde la prière traditionnelle, puis Sylvain*, l’animateur, amorce le meeting

« Si t’es nouveau/nouvelle, je te souhaite particulièrement la bienvenue », lance Sylvain en proposant une trousse de départ posée sur la table devant lui avec les fameux jetons d’abstinence (personne n’en prendra aujourd’hui). 

Une dame se lève sous les applaudissements. L’animateur enchaîne avec la lecture des douze étapes des AA, ultime crédo des membres.

« Nous avons admis que nous étions impuissants devant l’alcool, que nous avions perdu la maîtrise de notre vie… »

Sylvain annonce que la réunion d’aujourd’hui sera « ouverte », donc tous les gens présents peuvent prendre la parole pour partager leurs émotions, expériences ou un peu de leur vécu.

« Essayez de vous limiter à trois minutes pour donner la chance aux autres », propose l’animateur. 

Un homme brise la glace.

– Pierre, alcoolique.

– Salut, Pierre.

Pierre confie être sobre depuis six jours, même s’il observe le mouvement des AA depuis 25 ans du coin de l’œil. « J’ai tellement perdu de jobs et fait mal à du monde que ça n’a pas de bon sens… », admet-il sans détour, soulignant son désir de se prendre enfin en main. Déjà, il affirme déceler les premières lueurs de changement, même s’il devine que la route sera périlleuse. « J’ai trouvé des patins pour aller au parc Lafontaine. Je n’avais pas réalisé à quel point c’est une maladie. Au moins, ma dernière bière n’était pas bonne », admet Sylvain dans un silence respectueux. « Ça fait juste six jours, on dirait que c’est six ans… »

Au tour de Simon de prendre la parole. À peine âgé de trente ans, il s’estime aussi chanceux d’être encore là et de trouver le courage de se battre malgré la pression sociale. « J’ai deux ans d’abstinence et c’est tough en tabarnak, surtout dans le domaine de la musique », admet-il dans l’acquiescement général. Ici, tout le monde est capable de se mettre dans les souliers des autres. 

«J’AI JUSTE CONNU DES ÉCHECS. C’EST DIFFICILE D’IMAGINER QU’UN JOUR, JE SERAI BIEN ET SEREIN.»

Rose, dans la vingtaine, ne met pas de gants blancs pour partager ses états d’âme. « Hier soir, je suis rentrée à l’appart et mon coloc était écrasé dans le sofa avec une fille et une bouteille de vin. Ça m’a rendue jalouse et ce matin, je me suis levée en tabarnak. Et là, je suis en tabarnak d’avoir été en tabarnak à cause de ça ! », s’exclame Rose qui s’excuse de ses jurons à travers les rires complices. 

La jeune femme se détend. « J’avais tellement hâte de vous voir, je vous aime et ça me fait tellement du bien de venir ici », résume Rose. 

Dominic, un autre jeune, confie revenir au meeting un peu sur la pointe des pieds. « Je reviens d’une rechute et je pensais que tout le monde allait me détester et me juger… », marmonne-t-il, vite réconforté par la salle empathique. Il n’est pas seul, il l’avait juste oublié. « J’ai juste connu des échecs. C’est difficile d’imaginer qu’un jour, je serai bien et serein », ajoute-t-il. 

Maurice ne veut pas dire son âge, mais précise à la blague avoir découvert le mouvement à vingt-deux ans, il y a cinquante ans. « Malgré tout, j’avance lentement et ça ne fait pas très longtemps que j’applique le programme, que j’assume… », révèle l’homme, louangeant au passage sa famille qui l’épaule étroitement dans sa bataille. « Nous avons passé un Noël extraordinaire. J’ai dit à mes fils que si j’avais envoyé chier quelqu’un cette année, c’est parce que je le pensais vraiment! », lance-t-il dans l’hilarité générale. 

Le temps file à vive allure, la séance est levée. L’assemblée empile les chaises en plastique dans un coin de la salle et quitte les lieux.

J’accroche Rose pour lui demander si elle a entendu parler des nouveaux repères du CCDUS, voire du battage médiatique des dernières semaines sur la consommation d’alcool. Pas vraiment, avoue-t-elle, d’avis néanmoins que la société part de très loin. « C’est une des pires drogues ever, pire que l’héroïne. C’est promu, encouragé, mais l’alcoolisme est une vraie maladie », affirme Rose sans ambages. 

«JE NE VOULAIS RIEN SAVOIR DES MEETINGS, AU DÉBUT. JE ME DISAIS : “JE SUIS JEUNE, PAS QUESTION DE M’ASSEOIR AVEC DE VIEUX ALCOOLIQUES”. MAIS JE SUIS VENUE ET ÇA M’A TELLEMENT AIDÉE.»

Elle applaudit l’idée de mettre davantage la sensibilisation de l’avant. « L’alcool est trop présent et banalisé dans la société. J’étudie à l’université et la prof nous a dit l’autre jour : “Si vous êtes stressé.e.s, prenez un verre de vin”. À la télé, il y a toujours de l’alcool dans les émissions », peste Rose qui a dû faire table rase de son entourage pour échapper à la pression sociale de boire à son âge. 

« Je ne voulais rien savoir des meetings, au début. Je me disais : “Je suis jeune, pas question de m’asseoir avec de vieux alcooliques”. Mais je suis venue et ça m’a tellement aidée », reconnaît Rose qui s’est rendu compte qu’il est possible de s’adonner à des activités sans alcool. « Mais à mon âge, si je me lève en me disant que je vais plus jamais boire de ma vie, ça fait peur en tabarnak. D’où l’idée de prendre les choses 24h à la fois. »

Djalil aussi avait des choses à dire, lui qui n’a qu’une trentaine d’années, mais participe depuis dix ans à des meetings. « C’est quand tu veux arrêter de boire que tu prends conscience de l’omniprésence de l’alcool dans nos vies. Tu ne peux pas aller au parc l’été, c’est un bar à ciel ouvert », explique le jeune homme qui calcule avoir fait huit thérapies en plus d’avoir perdu une blonde, un appart et deux jobs. 

Sur une note d’espoir, il observe une certaine ouverture actuellement sur les enjeux liés à la consommation d’alcool. « Plus de jeunes viennent ici, plus de gens parlent de santé mentale et comprennent mieux la maladie. Je constate une prise de conscience, mais c’est toujours un ping-pong pour avoir accès aux services », tranche Djalil. 

PLUS DE 25 000 PERSONNES POUR LE DÉFI SANS ALCOOL

Je fais un saut à la porte voisine pour rencontrer le directeur général de la Maison Jean-Lapointe, Louis-Raymond Maranda. 

Même si j’ai décliné un rôle d’ambassadeur du 28 jours sans alcool, je souhaite néanmoins l’entendre sur son défi qui réunit de plus en plus d’adeptes avec les années. « On avait 10 000 personnes inscrites en 2019 et là, on est rendus à 25 000 cette année, sans compter tous ceux qui le font sans s’enregistrer », se réjouit M. Maranda, en poste à la tête de l’organisme depuis un an et demi.

Il impute cet engouement en partie à une prise de conscience collective, mais aussi à l’essor de plusieurs produits sans alcool. 

«T’ES UN ALCOOLIQUE, T’ES PAS UNE VIDANGE, T’ES UN HUMAIN EXTRAORDINAIRE, TOI AUSSI.»

Mais à l’instar de Rose, M. Maranda aussi estime que le Québec n’est pas sorti du bois dans l’introspection de ses problèmes de boisson. « Moi, ça fait 35 ans que je suis sorti de thérapie et je ne m’en suis jamais caché, mais il y a encore beaucoup de jugement, de pression sociale », constate M. Maranda qui connaît plusieurs personnes – notamment dans le milieu des affaires – cachant leur statut d’alcooliques de peur de que cela nuise à leur carrière. 

Il lance des fleurs au regretté Jean Lapointe qui a trimé fort pour démystifier la maladie. « T’es un alcoolique, t’es pas une vidange, t’es un humain extraordinaire, toi aussi », lance-t-il, saluant l’importance des personnalités qui assument leur problème d’alcool sur la place publique.

Louis-Raymond Maranda invite enfin la population à réfléchir à d’autres options pour décompresser. « Fais l’amour, va marcher, promène ton chien : l’alcool n’a pas le monopole de la détente », résume-t-il. Je repars en me promettant d’essayer de mettre en application certaines choses entendues aujourd’hui. 

Rose, Djalil et M. Miranda ont raison sur un point : la plupart des plaisirs de notre société sont associés à l’alcool. 

Sans me faire accroire que je vais retrouver le même extase dans le jogging, pourquoi ne pas essayer de chercher de nouvelles alternatives au bonheur? Sans pression, sans me forcer à relever un défi de sevrage, à mon rythme.

Un jour à la fois. 

*Tous les prénoms sont fictifs. 

Publié dans AA Québec

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"Une «résolution» qui dure depuis un quart de siècle"

Publié le par kreizker

in "Le Reflet du Lac" (Québec), 20 Janvier 2023

Patrick Mahony a mis un terme à sa relation avec l'alcool en janvier 1998.

Patrick Mahony a mis un terme à sa relation avec l'alcool en janvier 1998.

ALCOOL. Au moment où vous lisez ces lignes, plusieurs Québécois auront déjà mis de côté la bonne résolution qu’ils avaient adoptée dès le début de la nouvelle année. Par contre, d’autres vont respecter le virage qu’ils ont entrepris et qui, sans le savoir, aura peut-être des répercussions sur le reste de leur vie.

Après avoir terminé une bouteille de Jack Daniel’s en compagnie d’un de ses amis dans la matinée du 3 janvier 1998, Patrick Mahony a annoncé à son comparse qu’il venait de prendre son dernier verre d’alcool.

Et il tient toujours parole, 25 ans plus tard!

« Au cours des mois précédents, j’avais cessé de boire à deux reprises (pendant un mois et trois mois respectivement), mais je retombais toujours dans mes mauvaises habitudes. J’ai réalisé qu’il était plus simple d’arrêter complètement que d’essayer d’être raisonnable », se remémore celui qui est bien connu comme communicateur et promoteur d’événements sportifs.

« Ce n’était pas nécessairement une résolution de début d’année. J’ai simplement pris une décision drastique, pour éviter de foncer dans le mur », image-t-il.

Étudiant à l’Université de Sherbrooke à l’époque et parallèlement portier dans les bars, M. Mahony était ce qu’on appelle un gars de party… fidèle à ses origines irlandaises!

« J’abusais très souvent de l’alcool et j’oubliais régulièrement des bouts de ma soirée, reconnaît-il. Comme bien des gens sous l’influence de la boisson, j’ai aussi eu des comportements que je regrette. C’est pour éviter de commettre des gestes encore plus graves que j’ai décidé d’arrêter de boire ».

À sa grande surprise, son choix a été mal reçu par plusieurs. « Il y a des clients au bar qui étaient insultés parce que je refusais des verres. J’ai aussi perdu des « chums de brosse » qui ne comprenaient pas ma décision. Je n’avais pas prévu de telles réactions », admet le Magogois aujourd’hui âgé de 49 ans.

Une publication qui fait réagir

Pour marquer son quart de siècle d’abstinence, Patrick Mahony y est allé d’un long texte aux allures de slam, le 3 janvier dernier sur sa page Facebook, racontant sa quête de sobriété à coups de poésie, de phrases percutantes et de mises en garde. «Arrêter de boire, ça te réduit un cercle d’amis. Mais, ça permet de tourner le coin et voir plus loin. Au lieu de penser que tu vas mourir à 30 ans, tu te dis que peut-être un jour t’auras des enfants», écrivait-il.

Bien que sa publication ait suscité plus de 200 « J’aime » et près d’une centaine de commentaires, le principal intéressé se garde bien de se présenter comme une référence ou de faire la morale à quiconque. « J’explique par où je suis passé et les conséquences engendrées par ma décision. Mais je n’ai pas la prétention d’avoir la recette idéale. Il y a plusieurs chemins qu’on peut emprunter si on veut cesser de boire et je voulais juste dire que c’était possible », fait-il valoir.

"Une «résolution» qui dure depuis un quart de siècle"

Rencontre avec les AA

Étant d’un naturel solitaire, Patrick Mahony a assisté à une seule rencontre des Alcooliques Anonymes (AA) durant son processus.

« J’ai plutôt décidé de régler le problème par moi-même, comme je l’ai toujours fait dans les autres sphères de ma vie. Je sais par contre que plusieurs personnes ont besoin d’être appuyées dans une telle démarche et que le soutien de leur entourage est primordial. Moi, j’avais la chance d’être encore jeune, je faisais du sport et je réussissais bien dans mes études. Ma situation était sans doute moins problématique que d’autres », analyse-t-il.

« J’ai quand même appris des choses durant mon seul atelier avec les AA et j’ai beaucoup apprécié le fait de me retrouver dans un groupe où il n’y avait aucun jugement. D’ailleurs, j’ai lu il y a quelques mois que Brad Pitt avait aussi assisté à des réunions des AA pendant plus de deux ans et que durant cette période, aucun paparazzi n’avait eu vent de l’histoire. Ça prouve à quel point ce mouvement est confidentiel et basé sur le respect », fait-il remarquer.

Un seul regret

Armé d’une volonté de fer et de sa « tête de cochon », Patrick Mahony estime avoir relativement bien contrôlé ses envies de boire au cours des 25 dernières années. « Au début, c’était un combat de tous les instants, mais peu à peu, je suis devenu plus confortable. J’ai aussi arrêté de fumer quelques années plus tard et j’ai même trouvé ça plus difficile ». «

C’est sûr qu’il faut redoubler de vigilance quand on traverse une épreuve. Mais dans mon cas, le seul temps où ça me manque vraiment, c’est lorsque je vais souper chez un de mes amis qui a une cave à vin extraordinaire. Déguster un filet mignon avec un grand cru, c’était vraiment un plaisir », conclut-il avec un brin de nostalgie.

Alcooliques Anonymes – Magog

Pour obtenir des informations sur le groupe d’entraide d’Alcooliques Anonymes à Magog, composez le 819 868-0707.

Un groupe Al-Anon tient aussi des rencontres à l’église Saint-Patrice (salle Sainte-Anne) les lundis à 19 h 15, pour les proches des personnes souffrant d’un problème d’alcool.

Défi 28 jours sans alcool

La 10e édition du Défi 28 jours sans alcool aura lieu du 1er au 28 février 203. Parrainé par la Fondation Jean-Lapointe, cette campagne de sensibilisation vise à encourager les personnes à prendre une pause dans leur consommation d’alcool pendant un mois.

Pour participer, parrainer un participant ou faire un don: www.defi28jours.com.

Publié dans AA Québec

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Dave B., fondateur de AA Québec

Publié le par kreizker

David Marler Vassie Bancroft

Fondateur du 1er groupe AA du Québec (à Montréal).
Son histoire est désormais dans la 4ème édition (pages 216 à 223 , 4° édition française 2003, "La gratitude à l'oeuvre")

Date de sobriété : 7 avril 1944    

Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
Dave B., fondateur de AA Québec
20 Mai 1951 : photo de Bill dédicacée à Dave

20 Mai 1951 : photo de Bill dédicacée à Dave

Publié dans histoire AA, AA Québec

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