Alcooliques anonymes. « Aucun jugement »

Publié le par kreizker

in "Le Télégramme" (France), 16 septembre 2015

Assister aux réunions aide Jean-Luc et Gaëlle.

Assister aux réunions aide Jean-Luc et Gaëlle.

Jean-Luc et Gaëlle (prénoms d'emprunt), tous deux membres du groupe de Ploumagoar de l'association Les Alcooliques anonymes (AA), ont choisi d'apporter leurs témoignages pour montrer comment ils sont devenus abstinents et pourquoi ils ont choisi ce mouvement pour se faire accompagner.

 

Une même souffrance

Ils ont tous deux en commun la même souffrance, même si leur parcours face à l'alcool est différent. Jean-Luc a commencé à prendre de l'alcool à 11 ans, puis de manière festive pendant plusieurs années, et quotidiennement, il aimait l'effet euphorisant. Puis, il est confronté à des problèmes (accidents de voiture, ennuis avec la justice...). Pour lui, le déclic arrive en 2007, « prise de conscience, marre des emmerdes et de la vie aussi, à deux doigts de me foutre en l'air », raconte Jean-Luc. « J'ai beaucoup souffert de l'alcool, il a gâché ma vie. Je suis heureux de ne plus être dépendant. Depuis que j'ai arrêté de boire, j'ai recommencé à vivre. J'avais rencontré les AA lors de ma cure en 2007. J'ai poussé leur porte après cette cure mais ça n'a pas été facile. J'étais désocialisé. Le groupe m'a fait confiance en me confiant les clés du local pour la préparation des réunions et cette confiance donnée est un cadeau qu'on m'a fait. Assister aux réunions m'a aidé à avoir confiance en moi. J'ai commencé par écouter les abstinents, les anciens comme on les appelle, et comme on est dans le partage, on parle et ça libère. Mes venues régulières aux réunions me sécurisent. Aujourd'hui, les AA sont devenus une philosophie de vie et maintenant j'ai envie de redonner ce que j'ai reçu d'eux, pour aider ceux qui souffrent », dit Jean-Luc.

 

Une alcoolisation cachée

Gaëlle dit avoir eu une alcoolisation cachée. Elle commence à consommer de l'alcool pour se détendre, un peu de vin, de bière, puis des alcools plus forts. Les ressentis de ces périodes sont pour elle la honte, le mal-être d'avoir bu. Les AA lui permettent des périodes d'abstinence puis, elle replonge. Demander de l'aide était un échec, mais sans les AA, la souffrance dans l'alcool était telle qu'elle a aussi eu envie de se foutre en l'air. « Depuis ma cure, il y a quelques semaines, je viens aux réunions, je trouve une chaleur humaine, j'ai un accueil sans jugement. J'apprends à vivre dans l'instant présent, c'est-à-dire 24 h sans alcool, puis de nouveau 24 h sans alcool et ainsi de suite. C'est une école de la vie, j'y apprends à appréhender la vie », dit Gaëlle.

 

Pratique Le groupe de Ploumagoar de l'association Les Alcooliques anonymes organise une porte ouverte vendredi, à destination du personnel médical, ses partenaires et des assistantes sociales, à partir de 15 h, à leur local à la communauté de Kerprat au 72, rue Yves-Mazé. Des réunions ouvertes ont lieu tous les vendredis, à 20 h 30, à Kerprat. Contact au 09.69.39.40.20. www.alcooliques-anonymes.fr

 

Publié dans AA Bretagne

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