« Ne surtout pas boire le premier verre » : les Alcooliques Anonymes de l'Allier confrontés aux difficultés du confinement

Publié le par kreizker

in "La Montagne" (France), 20 avril 2020

Épidémie de Covid-19 oblige, les réunions des Alcooliques Anonymes sont suspendues. Dans l'Allier, les membres de l'association échangent désormais par téléphone ou en visioconférence, pour garder la tentation à bonne distance.

La solitude et le sentiment d'isolement peuvent fortement accentuer l'envie de boire. De fait, le risque de rechute des malades alcooliques est accru en cette période de confinement imposée par l'épidémie de coronavirus. Au sein des Alcooliques Anonymes, il a fallu adapter, autant que faire se peut, le mode de suivi des membres de l'association. Exemple dans l'Allier. 

Des réunions par téléphone ou en visioconférence

« Je suis sortie de l’enfer et je ne compte pas y retourner », lâche Anne (*). À 66 ans, cette vichyssoise ne connaît que trop bien la tentation de l’alcool, « son côté anxiolytique ». Membre des Alcooliques anonymes depuis deux ans , cette vichyssoise est abstinente depuis près d’un an.

Malgré la solitude, elle se dit aujourd’hui « sereine, solide. Mais je sais que certains ne sont pas assez outillés pour le supporter ».

Au sein de l’association d’aide aux malades alcooliques, les réunions jouent un rôle primordial dans la thérapie. « C’est même fondamental », indique Xavier, 65 ans, abstinent depuis trente ans.

Désormais, les réunions se font uniquement en visioconférence, via le site internet des Alcooliques Anonymes. Certaines sont privées, réservées uniquement aux membres des AA, tandis que d’autres sont ouvertes à tous.

Il y aussi plusieurs forums sur Internet, le numéro Cristal des Alcooliques anonymes… Mais c’est toujours plus facile de se confier quand on est physiquement avec les autres. 

 

Xavier, membre des Alcooliques Anonymes depuis trente ans

 

Julie, 45 ans, préfère échanger par téléphone avec les membres du groupe qu’elle fréquente habituellement. « Après, chacun a son truc pour ne pas rechuter. Moi je médite, je lis, je repense à tout ce que j’ai entendu en réunion, indique-­t-­elle. Le plus important, c’est de ne surtout pas boire le premier verre. »

Comme toute maladie chronique, l’alcoolisme peut rejaillir à tout moment. Ainsi, il faut à tout prix éviter de « remettre une pièce dans la machine ». Abstinente depuis trois ans, Julie a connu quelques rechutes par le passé. Assez pour la forcer à la prudence.

« Trouver des occupations, c’est ça la clé de la sobriété »

« Trouver des occupations, c’est ça la clé de la sobriété. Pour l’instant, je suis dans un bon état d’esprit », assure­-t-­elle. Ce qui ne l’empêche pas de s’inquiéter. Surtout pour les autres. « Je connais une personne qui a adhéré il y a quatre mois, j’essaye d’avoir de ses nouvelles tous les jours. »

Pour Anne, l’autre danger c’est « l’alcoolisme mondain », plus que jamais d’actualité au temps des « apéros­confinement ». « On commence par se dire “je vais juste boire un verre pour dormir” et puis c’est la spirale infernale », prévient la retraitée.

Pour contacter les Alcooliques Anonymes : 09.69.39.40.20 ou sur le site internet de l'association.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article