in "Les Informations Dieppoises", 24 Septembre 2025
Luka Celik travaille depuis février sur la réalisation d'un documentaire et d'un court-métrage autour de l'alcoolisme. Une séance est prévue à Dieppe (Seine-Maritime) en novembre.
Après Yuki, Luka Celik dévoile un nouveau projet qui sera diffusé à Dieppe (Seine-Maritime) scène nationale le 15 novembre 2025.
Un point noir de la société. Un sujet qui touche forcément une personne de son entourage. Luka Celik, le jeune réalisateur neuvillais, travaille depuis février 2025 sur un projet qui lui tient à cœur : un documentaire et un court-métrage sur le thème de l’alcoolisme.
À l’issue d’une formation, celui qui est également co-organisateur du Dieppe urban challenge a rencontré Seydou Doucouré, un homme qui est devenu aujourd’hui son ami.
Très vite, ces deux-là font connaissance et partagent des valeurs communes. Et tous deux sont passionnés par le cinéma. Après son premier court-métrage, Yuki, Luka Celik aspire à faire encore mieux, « faire quelque chose d’engageant et qui peut aider ». Des mois de recherches C’est de là que le sujet de l’alcoolisme lui vient à l’esprit. Au commencement, Luka Celik se renseigne sur la maladie. Pour s’assurer d’avoir assez de matière sur cette thématique, lui et Seydou Doucouré se rendent à Rouen, lors d’une réunion des Alcooliques Anonymes.
Au premier abord, les participants pensent que les deux Seinomarins viennent parler de leur problématique. Mais en toute transparence, ces derniers expliquent naturellement qu’ils veulent aborder la maladie de l’alcoolisme.
« On voulait être en immersion, voir comment ça se passe », justifie Luka Celik. Très vite, un lien de confiance s’instaure avec les participants. Ils sont même prêts à se confier. En plus des réunions d’Alcooliques Anonymes auxquelles ils participeront plusieurs fois, Seydou Doucouré et Luka Celik vont également aller aux Essarts, dans un centre d’addictologie.
L’occasion pour eux d’interviewer différents professionnels de santé, dont des infirmiers et une neuropsychologue. Un argument de la spécialiste aura d’ailleurs marqué Luka Celik : « Il n’y a pas une personne dans son entourage qui n’a pas de problème avec l’alcool », répète-t-il.
Parce qu’il a voulu en savoir un maximum sur ce sujet de société, Luka Celik a aussi eu l’occasion de rencontrer des al-anon, des groupes de parole qui viennent en aide aux familles et amis qui ont un proche atteint par l’alcoolisme.
« On voulait avoir tous les points de vue », poursuit le Neuvillais.
Essayer de sauver des vies
À travers tous ces témoignages récoltés, un documentaire d’un peu plus d’une heure voit le jour. Mais en plus de cette partie informative, les deux comparses vont aussi produire un court-métrage d’une vingtaine de minutes.
Les deux hommes se chargent du scénario, du tournage. Mais ils vont notamment tous deux endosser le rôle d’un alcoolique. Leur souhait : montrer au maximum la réalité de la maladie : qu’est-ce que l’alcoolisme, comment on le devient, comment on le vit, comment on s’en sort…
« C’est un sujet qui me touche, reconnaît le jeune réalisateur. Ma vision de ceux qui sont touchés par l’alcool a changé. »
Le samedi 15 novembre, Dieppe scène nationale diffusera en séance unique le documentaire et le court-métrage. Pour Luka Celik, cette projection est un symbole fort et synonyme d’espoir : « Le but, ce n’est pas de dire »arrêtez de boire », mais de mettre en avant les Alcooliques Anonymes, les Al-Anon, de montrer qu’il y a des solutions et que si vous êtes touchés par l’alcoolisme, vous n’êtes pas seuls ».
Des moments d’échanges seront aussi possibles. À quelques semaines de la projection, le tournage du court-métrage se poursuit. Des scènes ont été tournées à Rouen et d’autres sont réalisées à Dieppe.
Par le biais de ce projet, Luka Celik est persuadé qu’il pourra aider des gens « et si c’est le cas, on a gagné », sourit-il.
Il tient à mettre en lumière ce problème sociétal qui n’est pas uniquement dieppois mais répandu à l’échelle internationale. Si une seule séance est prévue, le rêve de Luka Celik et de Seydou Doucouré serait de diffuser leur projet dans d’autres cinémas normands, pour susciter les réactions et les prises de conscience du public.
Enfin, concernant l’avenir, Luka Celik est convaincu qu’il travaillera à nouveau avec son ami : « J’ai envie de respecter mes valeurs et mettre en lumière certains points noirs de la société », conclut-il.
Projection de l’Autre moi, le samedi 15 novembre à 20 h à DSN. Tarif : 10 €. Une partie du prix de la place sera reversée à l’association des Alcooliques Anonymes. Une soirée sans alcool conclura la projection, au Barvis.