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« Je suis toujours à un verre près de l’enfer » : chez les Alcooliques Anonymes, la bienveillance face à l’addiction

Publié le par kreizker

in "L'Est Républicain", 6 Septembre 2026

« Je suis toujours à un verre près de l’enfer » : chez les Alcooliques Anonymes, la bienveillance face à l’addiction

En France, la consommation d’alcool relève presque de la pratique culturelle. Mais elle est aussi un enjeu majeur de santé publique, d’autant plus lorsque la dépendance s’installe. Dans ce contexte, les associations néphalistes apparaissent pour certains malades et leurs proches comme un vrai soutien dans cette lutte de toute une vie contre la maladie. Derrière des portes où l’anonymat est essentiel, les histoires se partagent avec bienveillance et sans jugement.

Toutes les deux semaines, le groupe des Alcooliques Anonymes de Saint-Dié-des-Vosges se réunit dans l’espace Kafé du quartier Kellermann. Pendant un peu plus d’une heure, les membres discutent et se racontent. Toujours avec plus ou moins de pudeur, mais dans le même but d’arrêter de boire ou de ne pas replonger dans l’addiction. 

 

Il est à peine 20 heures, un mercredi soir, lorsque la petite salle qui accueille les permanences des Alcooliques Anonymes (AA) de Saint-Dié-des-Vosges, à l’espace Kafé du quartier Kellermann, se remplit peu à peu.
Sur la table, on dépose des sachets de tisanes, on découpe quelques parts d’un gâteau aux abricots. Ici, il n’est pas question de se vouvoyer. Tout le monde se tutoie, s’appelle par son prénom (ou par un prénom d’emprunt s’ils le souhaitent).

Photo Lucie Robert-Prévot.
Photo Lucie Robert-Prévot.

Sur la vie des uns et des autres, les membres n’en savent finalement pas beaucoup plus, bien que des liens se soient créés avec les années. Reste que tous ont en commun la même pathologie, mélange (selon leurs mots) de maladie physique doublée d’une obsession dévorante : l’alcoolisme. « Nous avons admis que nous étions alcooliques et que l’alcool était plus fort que nous », explique Claude.

 
Photo Lucie Robert-Prévot.
Photo Lucie Robert-Prévot.

Pour faire partie du groupe, il n’y a donc qu’une seule condition : celle de vouloir arrêter de boire. C’est le cas de Laurent, pour qui le déclic s’est produit il y a un an, en août 2025.

En décembre de la même année, il a intégré un suivi en CSAPA (centre de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie). C’est là qu’il a découvert le terme de « maladie » mettant enfin le doigt sur ce qui le rongeait. « Les AA m’apportent une solution, je suis tombé sur des gens accueillants », raconte celui qui compte sur ces réunions pour l’aider à la fin de son suivi.

Au début, je rasais les murs

« Le groupe de Saint-Dié essayera d’être là pour toi », le rassure Angela*. C’est elle qui ouvre d’ailleurs la réunion, ce mercredi, en demandant tout d’abord une minute de silence « pour tous ceux qui ne peuvent pas venir ». Puis elle ouvre le petit livret des AA, dans lequel un thème de discussion est proposé pour chaque jour de l’année. Cette fois, ce sera la sérénité. « Nous tenons tous à avoir une sérénité. Celle qui nous empêche de prendre le premier verre. »

 
Photo Lucie Robert-Prévot.
Photo Lucie Robert-Prévot.

La discussion ainsi lancée, un tour de table commence. Chacun raconte son histoire, la première fois aux AA. « Au début, je rasais les murs, je me cachais, c’était difficile. S’il n’y avait pas eu l’anonymat, je ne serais jamais venue », déclare Angela. 

 

Pour Georges*, pousser cette même porte a été une décision aussi difficile que libératrice. « Le midi, c’était l’apéro ; le soir, c’était le crémant. Quand je suis monté à une bouteille et demie, je me suis dit que ce produit était plus fort que moi. J’ai vu l’annonce des AA dans le journal mais j’avais peur de franchir la porte. Il m’a fallu trois mois », se remémore-t-il. 

Quand j’étais dedans, la mort ne me faisait pas peur.

« Un soir, je voulais ouvrir ma bouteille et je me suis dit ‘Tiens, nous sommes vendredi’ [date à laquelle ont lieu les réunions dans sa ville]. Une personne était là, qui préparait le café, m’a accueilli avec le sourire. Quand ils ont commencé à témoigner, je me suis dit que j’étais dans la bonne salle. »

 

Depuis cette fameuse soirée et à l’âge de 54 ans, Georges n’a pas retouché à l’alcool. Pour autant, il n’a jamais dit à sa famille qu’il faisait partie des AA.

Aujourd’hui, après douze ans d’abstinence, il continue d’assister aux réunions, pour lui mais aussi pour écouter les autres. « Quand j’étais dedans, la mort ne me faisait pas peur. Hier, c’était hier. Aujourd’hui est aujourd’hui. »

L’alcool est à l’origine de 41 000 décès par an en France

En France, la consommation d’alcool est à l’origine  de 41 000 décès par an. Les Français ont ingéré en moyenne 10,3 litres d’alcool pur en 2023 contre 11,7 litres en 2017. Ils rapportent une consommation autour de 92 jours par an, avec une moyenne de 2,2 verres lors de ces occasions.

L’écart entre hommes et femmes demeure et s’est même creusé au fil des années. Les hommes restent désormais six fois plus nombreux que les femmes à boire de manière quotidienne.

Être sobre est un combat de tous les jours. 24 heures après 24 heures. Claude est lui aussi malade alcoolique, abstinent depuis 36 ans. Mais il n’est pas dupe pour autant. « Ça ne veut rien dire, je suis toujours à un verre près de l’enfer. Je ne serai jamais guéri. Si je l’étais, je pourrais boire un verre comme tout le monde. » 

Photo Lucie Robert-Prévot.
Photo Lucie Robert-Prévot.

Cet enfer, c’est celui qui l’a poussé jusqu’au bord du suicide. « À 30 ans, j’avais quasiment tout perdu », raconte-t-il. À cause de l’alcool, Claude a fait un passage en prison. Ce fut là son point de départ vers l’abstinence : « Il n’y avait plus rien qui me retenait. Mais ce sont mon fils et ma mère qui m’ont retenu. C’était : soit je continue de boire et je vais crever ; soit j’arrête et je vis. » 

Aujourd’hui, Claude aime dire que dans l’abstinence, il a « de la bouteille ». Alors il met son expérience au service des autres, intervient dans des structures pour sensibiliser ou faire connaître le groupe de parole. Pour lui, quitter les AA n’est pas envisageable. « Ils m’ont sauvé la vie. C’est une fraternité, un partage. » 

*les prénoms ont été modifiés.

Arnaud Cunin est éducateur spécialisé au CSAPA de Saint-Dié-des-Vosges. Photo Lucie Robert-Prévot

« Arrêter l’alcool, c’est aussi prendre un risque »

Arnaud Cunin est éducateur spécialisé au CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) de Saint-Dié-des-Vosges. Dans son petit bureau, il prend le temps d’écouter, de conseiller et d’accompagner toute personne ayant une conduite addictive.

Comment fonctionne un CSAPA ?

« Les CSAPA se proposent d’accueillir toute personne qui pense avoir un problème avec un comportement lié par exemple à un objet comme la drogue, l’alcool ou l’argent, ou toute personne ayant un problème avec le comportement d’un autre. L’accueil est gratuit, confidentiel et avec une possibilité d’anonymat. Je commence par mener un premier entretien de rencontre, évaluer le problème et le changement envisagé. En fonction de cela, il y a un projet d’accompagnement défini qui peut mobiliser des ressources internes, des rendez-vous avec des psychologues ou des infirmiers, un accompagnement au long cours… Nous pouvons aussi mobiliser des ressources externes comme des centres hospitaliers pour organiser des désintoxications à l’alcool. Ce sont des périodes où les personnes se mettent en sécurité dans un service. Parce qu’arrêter l’alcool, c’est aussi prendre un risque. »

Que se passe-t-il dans la tête d’un malade qui décide d’arrêter de boire ?

« La consommation a un rapport avec l’intime, avec le rapport au plaisir. Nous ne pouvons pas interroger ce qu’il se passe dans la tête des personnes mais nous pouvons travailler sur la consommation. À quoi ça leur sert ? À se détendre après le boulot ? À se couper des obligations familiales et professionnelles ? Cela permet de remettre du sens. Il y a aussi la dépendance physique. Pour quelqu’un de très dépendant, il y a des manifestations physiques comme des crises d’angoisse, des tremblements, des sueurs… »

Pensez-vous que les groupes de paroles puissent être une solution ?

« Je pense que c’est une ressource mobilisable. D’avoir la possibilité de rencontrer des pairs, qui ont une expérience, qui peuvent montrer qu’il y a une issue… Moi j’en parle systématiquement aux personnes que je rencontre, je les invite à réfléchir à cette possibilité. Ça ne correspond pas à tout le monde. Certains y trouvent un réel intérêt, d’autres disent que ce n’est pas pour eux. L’alcool s’inscrit facilement dans le quotidien des gens, c’est accessible. Le regard social, les comportements sous l’influence de l’alcool sont mal jugés. Il y a tout un tas de choses à restaurer. Il y a des choses qui peuvent se résoudre seul. Mais peut-être qu’en étant accompagné, ce sera moins compliqué. »

 

« Je suis toujours à un verre près de l’enfer » : chez les Alcooliques Anonymes, la bienveillance face à l’addiction

Seul un mur sépare le groupe de parole des Alcooliques Anonymes (AA) de celui des Al-Anon à Saint-Dié-des-Vosges. Dans ce dernier, familles et amis de malades alcooliques se regroupent pour parler d’addiction, de lâcher-prise ou d’émotions.

Dans l’espace Kafé du quartier Kellermann, seules des femmes s’assoient autour de la table. Hasard du calendrier, assurent-elles. Tour à tour, chacune se présente : Ambre*, Patricia, Chantal, Pierrette et Marie* sont conjointes, ex-épouses ou veuves de malades alcooliques. Caroline*, elle, est mère d’un fils tombé petit à petit dans l’addiction. « Au début j’étais perdue, anéantie », raconte-t-elle.

Photo Lucie Robert-Prévot.
Photo Lucie Robert-Prévot.

Depuis le mois de janvier, elle assiste aux réunions Al-Anon et perçoit déjà des progrès : « J’ai appris à me détacher de lui. Au début je le suivais avec sa localisation.» Ici, les membres s’appliquent à travailler sur eux-mêmes et non pas sur leurs proches. « En pensant bien faire, nous pouvons empêcher le malade d’évoluer. Nous apprenons à les aimer malgré tout, à nous détacher par amour », confirme Chantal, assise juste en face d’elle.

Photo Lucie Robert-Prévot.
Photo Lucie Robert-Prévot.

« En pensant bien faire, nous pouvons empêcher le malade d’évoluer »

Si Caroline convient qu’elle est encore dans le contrôle, elle peut compter sur le soutien de ses camarades, assidues du groupe depuis de nombreuses années. Peu importe le lien qui les unit à un malade alcoolique, toutes pensaient pouvoir aider leur proche en poussant pour la première fois la porte d’une réunion. « Je suis venue pour le sauver. Maintenant, je viens pour moi », assure Ambre*, qui a souvent dû faire face aux regards des autres sur son couple. 

Il arrive cependant que la maladie prenne le dessus sur la relation. Comme pour Patricia, qui a quitté son mari après plus de 40 ans de mariage : « C’était trop destructeur de rester. Cela fait mal de voir quelqu’un que nous aimons se détruire. » Alors aujourd’hui, chacun vit de son côté, se retrouve pour les repas de famille, mais « nous ne cherchons plus à essayer de l’influencer, de l’arrêter. »

Pierrette a quant à elle découvert le groupe Al-Anon en accompagnant son mari aux AA. Dans la pièce d’à côté, elle a « trouvé une famille. » Le soutien de ses camarades a été d’autant plus essentiel lorsque la Déodatienne a dû affronter le décès de son époux.

Photo Lucie Robert-Prévot.
Photo Lucie Robert-Prévot.

« C’est grâce au groupe que j’ai tenu », poursuit Pierrette, qui n’est pas la seule à être passée par là : Chantal et Marie ont aussi vécu ce deuil mais continuent de venir aux réunions chaque mercredi ou presque. À travers les dialogues, elles se réparent, se débarrassent de leurs peurs, se remémorent les bons comme les mauvais souvenirs. Toujours un jour après l’autre, petit pas par petit pas.

Publié dans AA france

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FRANCE Alcooliques Anonymes®

Publié le par kreizker

FRANCE Alcooliques Anonymes®

1 Rue Saint-Nicolas - 57200 Sarreguemines

 

FRANCE Alcooliques Anonymes®

Espace Barmondière (Salle 5) - Rue de la Barmondière - 69400 Villefranche-sur-Saône

Fondé en 1986

 

FRANCE Alcooliques Anonymes®

Salle Jean Verdier - 3 Rue de Verdun - 77500 Chelles

 

FRANCE Alcooliques Anonymes®
FRANCE Alcooliques Anonymes®
Groupe "Franco-Anglais Stepping Stones"

6 quai du Plessis - Cité Plessis, bâtiment E, derrière la Maison pour tous - 56300 Pontivy

Fondé en Mars 2026

 

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"Je me servais de l'alcool comme d'un médicament, un antidépresseur" : au sein des Alcooliques Anonymes, la parole et l'écoute soutiennent l'abstinence

Publié le par kreizker

France Info Nouvelle Aquitaine, 29 Juin 2026

À Limoges, le groupe des Alcooliques Anonymes se réunit chaque semaine

À Limoges, le groupe des Alcooliques Anonymes se réunit chaque semaine

En France, on estime qu’environ 1,5 million de personnes sont alcoolodépendantes. Pour reprendre le contrôle de leur vie et parvenir à devenir abstinentes, certaines rejoignent des groupes de parole, comme les Alcooliques Anonymes. Rencontre avec le groupe des "AA" de Limoges.

"Je suis un malade alcoolique, ça veut dire que si jamais je m'amusais à reboire "normalement" avec mes amis, je pense que je retomberais vite dans l'alcoolisation forcenée. Parce que mon cerveau a été habitué à ne pas se contenter d'un verre ou deux mais à aller jusqu'à l'ivresse totale. Et je pense que ce fonctionnement serait remis en route par la prise d'un seul verre".

Georges est membre des Alcooliques Anonymes. Il est abstinent depuis 28 ans. Au départ de son histoire avec l'alcool, il y a une dépression, à l'âge de 30 ans. "J'ai appris à me servir de l'alcool comme d'un médicament, un antidépresseur. Quand j'étais seul chez moi, je me levais le matin, je buvais quelques verres de vin blanc et je me sentais mieux. J'étais moins dépressif. Donc ça a commencé comme ça, mais tout doucement. Et à un moment, il fallait que je boive jusqu'à l'ivresse. Ça a duré une dizaine d'années. Et à la fin, les dernières années, je buvais même jusqu'à aller vomir dans les toilettes. C’est-à-dire que je n'étais plus capable, quand je commençais à boire, de me dire stop j'arrête, ce n'était plus possible", se souvient-il.

Georges est alors impuissant face à l'alcool, mais il est dans le déni. Persuadé qu'il peut arrêter quand il le veut. Dix années d'excès, de mensonges jusqu'à toucher le fond avec une tentative de suicide à 40 ans.

Il fallait faire quelque chose, j'étais en train de tout perdre. J'avais deux enfants que je voulais élever. C'est en sortant de l'hôpital que j'ai pris contact avec l'association Alcooliques Anonymes et c'est là que j'ai commencé mon travail sur moi et que j'ai pris conscience que j'étais vraiment malade alcoolique.

Georges

 

Travailler ensemble sur la maladie

Chaque vendredi, Georges participe à la réunion des Alcooliques Anonymes à Limoges. Ce soir-là, sept personnes sont autour de la table, avec un thème à aborder : nous avons admis que nous étions impuissants devant l'alcool et que nous avions perdu la maîtrise de notre vie.

Ici, chacun se livre, écoute l'autre dans la bienveillance. "Quand j'ai commencé à boire le matin je me suis dit bon là j'ai un problème, mais je ne voulais pas le soigner. Et ça a été une amie qui m'a mise devant le fait accompli en me disant que je pouvais perdre mes enfants si je n’arrêtais pas", raconte Marina, Alcoolique Anonyme, abstinente depuis le 22 octobre 2024.

"Mon parrain m'avait dit cette phrase : quand on est alcoolique le chemin mène tout droit à la prison, à l'hôpital ou au cimetière. Et j'en ai fait deux sur les trois", se souvient Guillaume, Alcoolique Anonyme, abstinent depuis 2 ans.

Un cocon et une force

Tous les participants sont unanimes, ces réunions sont une force contre la tentation de replonger. La force du collectif. "Ces réunions aident à la compréhension de la maladie, de son mode d'action, et de ce qu'il faut mettre en place pour continuer à être abstinent", assure Christophe, Alcoolique Anonyme, abstinent depuis le 9 août 2025.

"Moi quand j'ai arrêté, quand j'allais faire mes courses et que je passais dans le rayon alcool, je visualisais les amis puis je me disais tu ne peux pas prendre ta bouteille, tu vas aller en réunion tout à l'heure, qu'est-ce que tu vas leur dire, que tu as une bouteille dans ton sac, ben non quoi", raconte Marlène, Alcoolique Anonyme, abstinente depuis 22 ans.

"C'est vraiment ce petit cocon relationnel où on sait qu'on peut être vrai, on peut être nous-mêmes. On tombe les masques en fait, il n'y en a pas, et ça fait beaucoup de bien de se libérer", décrit Marina.

Ces réunions se font loin de l'hôpital et des blouses blanches, mais les professionnels de santé reconnaissent l'utilité du mouvement.

"On trouve un soutien"

"Le trouble de l'usage d'alcool est une maladie psychiatrique qui a tendance à isoler les personnes, à isoler des proches, de la famille, etc. Et justement, dans ces groupes d'entraide, comme les Alcooliques Anonymes, on retrouve une place à l'intérieur d'un groupe, on trouve un soutien, et c'est ça qui va être porteur", souligne Anne-Laure Virevialle, psychiatre-addictologue au centre hospitalier Esquirol de Limoges.

Marlène considère ceux qu'elle côtoie ici chaque semaine comme ses amis. Et c'est bien l'objectif des Alcooliques Anonymes, de permettre à chacun de trouver là un groupe de personnes auprès desquelles on peut se livrer, et s'appuyer pour maintenir la motivation de rester abstinent, jour après jour.

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Catherine Solano, présidente des Alcooliques Anonymes France : "Dans l’imaginaire collectif, les réunions des AA ce sont des vieux pochetrons"

Publié le par kreizker

in "L'Echo Républicain" (France), 14 Juin 2026

Catherine Solano, présidente des Alcooliques Anonymes France : "Dans l’imaginaire collectif, les réunions des AA ce sont des vieux pochetrons"

Depuis deux ans, Catherine Solano, médecin sexologue à Paris et journaliste médicale, est présidente des Alcooliques Anonymes (AA) France. Elle a fait le déplacement, samedi 13 juin 2026, à la convention de Chartres.

 

Comment avez-vous connu les AA ?"

Lorsque j’étais en quatrième année de médecine, nous avons eu une intervention publique de deux personnes des AA. Je ne buvais pas d’alcool avant et après cette rencontre, je n’en ai jamais bu. Je suis alors devenue administrateur des AA. Nous sommes quatre administrateurs non alcooliques au sein de la fraternité. Puis il y a deux ans, ils m’ont élue présidente.

Quelle est votre mission ?
Notre but est de sauver des vies et des familles, pas de faire du chiffre. C’est important que l’on se fasse connaître. En France, il y a trois fois moins de groupes d’AA qu’en Belgique et cent fois moins qu’aux États-Unis. Il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour aller aux AA.

 
« On pense à un vieux bonhomme, pas à une jeune femme de 18 ans »
Catherine Solano (Présidente des Alcooliques Anonymes France)

Quelles sont vos idées pour mieux vous faire connaître ?
Nous avons besoin de modifier un peu l’image des AA. Dans l’imaginaire collectif, ce sont des réunions avec des vieux pochetrons. Quand on pense alcoolique, on pense à un vieux bonhomme, pas à une jeune femme de 18 ans. Pourtant aux AA, il y a 40 % de femmes et de plus en plus de jeunes.

Justement, comment convaincre ces jeunes de venir aux réunions ?

On a déjà constaté une évolution au moment du covid. Comme les réunions étaient en visio, c’était plus facile pour les jeunes de se connecter. C’était un premier pas pour eux. Je profite d’être ici, à Chartres, ce week-end, pour réaliser des vidéos de témoignages de jeunes abstinents anonymisés. Nous allons lancer la campagne à partir du moins de septembre et diffuser ces vidéos sur nos réseaux sociaux.

Publié dans AA france

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