TÉMOIGNAGE. « J’ai pris ma première cuite à 18 mois » : Pauline raconte sa plongée dans l’alcoolisme, puis la délivrance
in "Ouest-France", 15 Mai 2026
Résidente à La Baule, Pauline a participé à la 26e Convention régionale des Alcooliques Anonymes au Croisic, qui s’est tenue du 8 au 10 mai. Celle qui est tombée, très jeune, dans l’alcool, revient sur cette addiction qui l’a coupé d’une vie sociale, avant de trouver la voie de l’abstinence.
Les participants de la convention régionale des Alcooliques Anonymes, du 8 au 10 mai, au Croisic. L’association a sauvé Pauline : « Le programme des Alcooliques Anonymes nous permet de nous découvrir et de devenir la personne qu’on a besoin d’être. »
Pauline, Bauloise, a participé à a 26e Convention régionale des Alcooliques Anonymes au Croisic, qui s’est tenue du 8 au 10 mai.
Comment se déroulent les réunions hebdomadaires des Alcooliques Anonymes ?
Elles ont lieu toutes les semaines, le vendredi, à 18 h 30, dans une salle située sous l’église de Notre-Dame de La Baule. Nous sommes entre dix et quinze personnes. Une réunion est basée sur un thème. Ensuite, chaque personne témoigne sur le thème ou sur ce qu’il a vécu de difficile dans sa semaine. On parle uniquement de notre problème d’alcool et de nos émotions, parce que l’alcoolisme, c’est la maladie des émotions.
Quel est votre passé d’alcoolique ?
J’ai commencé à picoler à 12 ans, donc ne peut pas parler d’accident de vie. On dit que l’alcoolisme, c’est une maladie, j’ai été atteinte dès la naissance. J’ai pris ma première cuite à 18 mois, en finissant les coupes de champagne sur une table basse. J’ai adoré ça, parce qu’en fait, du coup, tout le monde s’occupait de moi. Nous, les alcooliques, on a ce besoin d’être aimé de tous, on a besoin qu’on s’occupe de nous. J’ai bu tous les jours de 15 à 32 ans. Aujourd’hui, j’ai 45 ans.
Quel a été le déclic ?
L’instinct de survie, si je n’arrêtais pas, j’allais mourir. Aujourd’hui, plus une goutte d’alcool depuis bientôt treize ans. J’ai essayé plusieurs fois toute seule. J’ai essayé avec mon médecin, avec des médicaments, etc. Mais la seule chose qui a été efficace pour moi, ce sont les Alcooliques Anonymes et de venir en réunion régulièrement. Cela me permet de rester abstinente
Et que s’est-il passé ensuite avec les Alcooliques Anonymes ?
Ma vie a complètement changé. Le programme des Alcooliques Anonymes nous permet de nous découvrir et de devenir la personne qu’on a besoin d’être. C’est mon traitement, c’est mon médicament. Je n’avais plus de liens familiaux, plus de lien social, plus de vie affective, j’allais perdre mon travail, etc. Je me suis mariée l’année dernière, J’ai retrouvé une vie affective, une vie sociale. J’ai beaucoup d’amis. Je me suis réconciliée avec ma famille. J’ai un travail et je suis bénévole dans cette association.
Que vous a apporté le fait de participer à une convention régionale comme celle du Croisic ?
On se retrouve tous. Ça ne fait renforcer que notre sentiment d’appartenance. On a ce problème commun et les mêmes déficiences. Cela nous unit. On s’entraide, donc c’est ça une fraternité.
Que diriez-vous à des gens qui n’ont pas encore franchi le pas ?
Essayez, la seule chose que vous risquez, c’est d’y arriver ! Contact. Les Alcooliques Anonymes : alcooliques-anonymes.fr, tél. 09 69 39 40 20.
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