BOX 459 hiver 2010
« C’est très fréquent », dit Constance Ivey, superviseure du service des Contributions du BSG, en parlant des contributions envoyées au Bureau des Services généraux par des gens qui ne
sont pas membres des AA. « Chaque semaine, nous recevons quelques dons de cette nature, dit elle. Normalement, il s’agit de cinquante dollars, de cent dollars ou de trois cents dollars.
Mais celle-ci sortait de l’ordinaire », dit elle en parlant d’une contribution reçue récemment au Bureau des Services généraux.
Comme plusieurs contributions de non-membres des AA, il s’agissait d’un membre de la famille, un fils, au nom de son père, qui est devenu abstinent chez les AA. « Le fils voulait nous
faire savoir que le Mouvement avait fait des merveilles pour son père et il espérait que cet argent de l’héritage de son père nous aiderait à ‘poursuivre notre bon travail’. » Le service des
Contributions est très familier avec ce sentiment. Par contre, le chèque était au montant de 100 000 $.
Pour la plupart des organisations, une telle manne produirait une réaction d’excitation étourdissante. Au service des Contributions des AA, elle a produit une humble réaction d’appréciation. « Notre organisation vise à aider les gens à ne pas boire, dit Constance, une non-alcoolique. Et les gens nous en sont très reconnaissants. » Évidemment, le chèque, comme tous les autres provenant de non-membres des AA, a dû être retourné avec une gentille lettre de remerciements d’un membre du personnel du BSG qui parlait de la Septième Tradition des AA et expliquait les avantages spirituels de l’autonomie financière. La lettre disait, entre autres : « Nous sommes désolés d’apprendre le décès de votre père et nous vous remercions de votre délicatesse et de votre générosité en voulant manifester votre gratitude aux AA par une contribution au Bureau des Services généraux des Alcooliques anonymes.
« Le mouvement des AA est guidé par les Douze Traditions, dont l’une dit : ‘Tous les groupes devraient subvenir entièrement à leurs besoins et refuser les contributions de l’extérieur.’
Cette Tradition nous aide à devenir plus responsables et signifie que nous n’acceptons pas de dons de personnes qui ne sont pas membres des AA, même en mémoire de membres des AA décédés.
Le personnel (non-alcoolique) du service des contributions du Bureau des Services Généraux de AA (GSO) à New York.
De gauche à droite : Winsome Ricketts, Elizabeth Ramdarass, Constance Ivey (superviseure), Joan Alleyne, Raisbel Pena, Awilda Rivera
«Nous vous retournons votre chèque au montant de 100 000 $ avec toute notre gratitude. Nous vous remercions de l’estime que vous portez au mouvement des AA. Nous sommes heureux que votre père ait trouvé le moyen de vivre dans l’abstinence chez les AA, et nous vous offrons nos plus sincères condoléances. »
Si peu de membres des AA soutiennent que l’argent n’est pas important ou que l’abstinence peut avoir un effet important sur les seuls membres des AA, l’expérience nous apprend que le
principe de l’autonomie financière est la base de la capacité du Mouvement de produire des dividendes spirituels inestimables.
En comptant sur ses propres membres pour assurer son soutien financier, le Mouvement s’assure de se concentrer clairement sur sa tâche principale, transmettre le message des AA à l’alcoolique qui souffre encore. Comme le disait Bill W. en 1946, « L’argent n’est pas l’âme des AA. Pour nous, il est très secondaire...
Au coeur de la façon de procéder des AA il y a un alcoolique qui parle à un autre, que ce soit assis sur le trottoir, dans une maison ou dans une réunion. C’est le message, pas l’endroit;
ce sont les mots, pas l’aumône. »
En plus de sa politique de refuser les dons des nonmembres, le Conseil des Services généraux a fixé à 3 000 $ par année la contribution maximale d’un membre individuel des
AA, ou d’un legs non renouvelable. « Nous retournons beaucoup d’argent », dit Constance, en
reconnaissant l’importance du principe de l’autonomie financière dans le passé, dans le présent et dans l’avenir. « Nous survivons parce que les membres des AA nous permettre de continuer », dit-elle.
