Un texte de Roxane Léouzon
Chantal compte beaucoup sur les AA pour tenir le coup pendant les derniers jours de 2017.
« C'est le temps des Fêtes et je n'ai pas encore eu un appel de ma famille », a-t-elle témoigné le 31 décembre devant une quarantaine de personnes réunies au sous-sol de l'église Sainte-Rose-de-Lima, à Gatineau.
Elle a pourtant plusieurs frères et soeurs. Mais aucun n'a été présent pour elle alors qu'elle traversait de terribles épreuves: prostitution pour payer sa consommation d'alcool et de drogue, retrait de ses enfants par la Direction de la protection de la jeunesse, peines d'amour, dépression, prison pour vols.
Rien n'était plus fort que la drogue et l'alcool.
« Je suis émotive, parce que je n'avais jamais de visite de ma famille en prison. Encore aujourd'hui, c'est tout le temps moi qui rends visite. Je leur en veux, je n'arrive pas encore à pardonner », a-t-elle dit après avoir essuyé ses larmes avec un mouchoir.
Il s'agit maintenant du deuxième jour de l'An sans consommation pour Chantal. Et comme plusieurs, partager son histoire et se retrouver parmi des gens qui ont la même dépendance qu'elle lui fait énormément de bien. C'est même nécessaire.


