"Dépendance à l’alcool : l’enfer sur terre"

Publié le par kreizker

in "L'Echo de Repentigny" (Québec), 11 décembre 2013

 

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REPENTIGNY - Plusieurs personnes ont eu, un jour, à vaincre leur dépendance à l’alcool, mais avant de la mettre K.O. il leur a fallu descendre aussi profond que les enfers.

C’est le cas de trois personnes, toutes alcooliques anonymes que l’on nommera Julien, Myriam et Andrée. Si pour Julien tout a commencé parce que chez lui, on faisait son propre vin, pour Myriam, c’est en commençant à vider les fonds de verre dans une famille où l’on recevait sur une base régulière que l’enfer a débuté. Pour Andrée, à huit ans seulement, elle goûtait déjà les vins fruités que concoctait sa grand-mère. Tous ont été grisés et toutes les sortes d’alcool y sont plus tard passées. «Je recherchais le bien-être que cela pouvait m’apporter», dira Myriam à ce sujet. «Toutes les boissons fortes ont pris le relais. Je suis tombée dans le cognac, les mixtes. Au début, je buvais pour le goût, ensuite pour le feeling que cela apportait», relate Andrée.

 

Descente aux enfers

«Quand je buvais, je devenais fou. Je faisais tout ce qu’on me défiait de faire», se souvient Julien. Lors d’une épluchette de blé d’Inde, j’ai jeté 25 personnes habillées dans une piscine. J’ai jeté en bas de mon bateau une personne qui ne savait pas nager. Le fort, ça me donnait des «black out». Comme père de famille, j’ai manqué des remises de gratification à l’école parce que j’avais pris un couple de bière. À 45 ans, je ne voyais plus de lumière au bout du tunnel. J’avais décidé de régler ça à ma manière, en me disant que les assurances permettrait de payer les dettes, parce plus tu bois, plus ça coûte cher. J’ai pris le fusil de chasse de mon père et je me suis tiré. Ma femme m’a trouvé juste à temps», raconte Julien.

«J’ai négligé les enfants. J’étais présente à la maison de corps, mais pas d’esprit. Un de nos enfants a gagné. Un championnat canadien et je n’y étais pas. Jai cru qu’en arrêtant de prendre des alcools forts et en prenant du vin et de la bière. Cela atténuerait le problème, ce qui est faux», affirme Myriam.

«Je suis devenue une buveuse de lux qui n’avait pas les moyens. C’était la déchéance, admet Andrée. Au travail, je ne laissais jamais rien paraître, mais une fois dans mon véhicule pour rentrer à la maison, je pleurais à chaudes larmes, j’aurais voulu que cela s’arrête cette vie sale-là. Je priais Dieu pour qu’il me donne la force et le courage d’utiliser ma carabine et d’en finir une fois pour toute. J’avais perdu ma dignité de femme», décrit Andrée, les larmes aux yeux.

 

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La bouée de sauvetage des AA

REPENTIGNY - C’est par un entrepreneur, venu aménager une 3e chambre pour ses enfants, que Julien découvre les Alcooliques Anonymes (AA).

«Au début, je croyais que c’était une secte», mentionne Julien en parlant du mouvement des AA. Mais après 14 mois, j’ai réalisé que j’étais un alcoolique. Après plusieurs rencontres, j’ai pu reprendre mon travail et commencer à mener une vie normale. L’accueil chaleureux, les poignées de mains, cela m’a marqué», nous dit Julien qui s’est libéré de l’alcool depuis 18 ans grâce aux AA a adopté un tout nouveau mode de vie.

Un membre des AA a prête le gros livre à Myriam. «Cela m’a pris deux ans avant de réaliser. Lors d’une soirée de libation avec ma voisine, elle me lance tout de go que j’étais folle et que je devais me faire soigner. Je sui revenu au gros livre des AA. Je suis retournée aux études, j’ai changé de branche. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus présente, et j’essaie d’aider les alcooliques qui souffrent toujours», confie Myriam.

De son côté, Andrée ne boit plus depuis 18 ans. C’est par son frère, qui a adhéré aux AA qu’Andrée a découvert le mouvement. «Je suis allée à la remise de son jeton de six mois. Lors d’un partage, une femme a témoigné de son expérience et j’ai dit à mon frère qui ne croyait pas que j’étais alcoolique que ce que cette femme boit dans une semaine, moi dans une soirée, je buvais plus que ça, admet Andrée. C’est ce témoignage qui m’a fait réaliser que j’avais un problème avec l’alcool. On m’accueilli comme j’étais chez les AA. On m’a donnée de la douceur, de l’accueil, de l’amour. J’en avais tellement besoin», assure-t-elle.

Pour une main tendue, on compose le 450 581-4011.

Publié dans AA Québec

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