La maladie de l’alcool, en parler pour se libérer
in "Sud Ouest", 11 avril 2013
Une réunion publique est organisée demain sur ce sujet douloureux.
«Le but est de faire connaître cette maladie et de la démystifier, spécifier que c’est une maladie et non une tare, un vice. » Si l’on peut dire, Georges a de la bouteille dans l’aide aux alcooliques et se réjouit de cette grande réunion publique qu’ils ont mis sur pied pour demain (voir ci-après). Lui-même touché par ce « problème », comme il dit avec réalisme, il a rejoint les Alcooliques anonymes (AA) il y a 17 ans. Depuis, la création du groupe de Sarlat voilà 11 ans, il en est un des piliers, avec Marie-Paule qui fréquente également assidûment les réunions du jeudi à 20 heures dans la salle Mounet-Sully au Colombier.
« Quand j’ai demandé à un médecin comment on pouvait aider un alcoolique, il a dit d’oublier tout de ce que l’on avait appris de la notion d’assistance à personne en danger, témoigne-t-elle. Si vous mettez un coussin entre le mur et sa tête, vous retardez sa prise de conscience. »
Un matin Marie-Paule a eu le déclic en se réveillant, le tablier de cuisine encore sur elle, ses plats brûlés sur le gaz. Elle s’est demandée comment elle avait fait manger ses enfants. « Je ne savais plus ce que j’avais fait. J’avais un trou noir et j’ai décidé de réagir. »
Elle connaissait déjà Georges qui l’a immédiatement amenée dans une réunion d’AA. C’était il y a 10 ans. « C’est facile d’arrêter, mais ça l’est moins de rester abstinent, explique Georges. On ne guérit pas, mais quand on vient aux réunions, l’abstinence perdure. C’est un lieu où l’on parle de soi pour se libérer, sans la barrière du jugement de l’autre. Cela fonctionne beaucoup par identification dans ce que disent les autres et l’on se dit qui si les autres y sont arrivés, pourquoi pas soi. »
Au-delà de l’abstinence, la visée de ces groupes de paroles est de changer radicalement de vision de la vie. « Le problème n’est pas l’alcool, mais tout ce qui se cache derrière, estime Marie-Paule. Il faut changer sa façon d’être. Un alcoolique est un idéaliste en faillite. Je n’acceptais pas la réalité, je voulais tout changer alors que c’était impossible. Je me suis donc mise à boire. »
