« Les A.A., le meilleur remède »
in 'L'Avenir", 7 mars 2013 (Belgique)
Quand on téléphone à la permanence des Alcooliques Anonymes (A.A.), on peut tomber sur Michel, Patricia, Maria…. Aujourd’hui, la voix qui décroche est celle de Kitty, à l’approche de la soixantaine.
Elle raconte son témoignage, le chemin qu’elle a parcouru. Elle veut montrer que si elle y est arrivée, les autres peuvent aussi le faire. Et, elle est fière de le dire : déjà 5 ans et demi d’abstinence !
Pour Kitty, ce qui l’a sauvée de ce «poison», qu’est l’alcool, ce sont les A.A. Trois réunions et beaucoup de soutien par la suite, ont réussi à la sortir de cette prison. Une prison dans laquelle elle était enfermée depuis une dizaine d’années. «J’ai été violentée par mon ex-mari et au lieu de le quitter avec mes enfants, j’ai sombré dans l’alcool.»
Kitty a suivi plusieurs cures et un traitement médicamenteux. Cela n’a pas eu l’effet espéré et elle s’est dirigée vers les A.A. «Dès la première réunion, je me suis sentie mieux, j’ai été aidée et comprise tout de suite. C’est devenu ma seconde famille.»
Un jour, elle a vidé dans l’évier la bouteille d’alcool qui restait chez elle. «À ce moment-là, j’ai eu la volonté, la force d’arrêter et depuis, je n’ai plus bu une goutte d’alcool».
La peur de replonger? «Non, pas la peur, je ne vis pas avec une phobie journalière pour savoir si je vais boire un verre aujourd’hui ou non. Mais je suis consciente que je peux replonger, le risque est toujours à notre porte.»
Il est vrai que dès que la personne fait un pas dans la rue, dans un magasin, elle ne peut passer à côté de la tentation. Le matin, elle médite et demande « à la puissance supérieure » de prendre soin d’elle et de lui donner la force de l’abstinence pour les 24 prochaines heures. «Chez les A.A., on vit une journée à la fois car on ne peut pas se dire le matin qu’on ne va pas replonger.»
Le soutien est un des mots clé aux A.A., que ce soit lors des réunions ou des contacts réguliers. «J’ai un parrain, qui a vécu la même situation, qui me suit de très près. Sa présence est importante et lorsque j’ai un “ flash ” (une envie), je le contacte et il est là pour me remettre dans le droit chemin».
Aujourd’hui, le credo de Kitty est le suivant : «La vie vaut la peine d’être vécue et ce serait moche de la bousiller à cause de l’alcool». Et l’alcool? «Je ne voudrais plus y toucher, cela me dégoûte!»