Les Alcooliques Anonymes ne sont jamais seuls

Publié le par kreizker

in "La Revue" (Gatineau, Québec), 25 décembre 2013

 

Dès qu'on intègre le mouvement des Alcooliques Anonymes (AA), on n'est plus seul. Encore moins durant les Fêtes.

 

Deux journées de partage sont organisées pour tourner l'année en fraternisant, une tradition chez les AA qui rameute environ 150 participants chaque fois.


Denis a décidé de se faire «le plus beau des cadeaux» il y a sept ans et de demander de l'aide après avoir touché le fond. Il s'implique désormais dans le mouvement et a bien voulu se confier pour inciter d'autres hommes et femmes à franchir le pas.

Contrairement à bien des alcooliques, Denis a été chanceux de ne pas tout perdre (travail, maison, famille, amis), surtout qu'il s'est joint au mouvement sur le tard. Il a quand même agi à temps pour s'en sortir, a fait amende honorable auprès de ceux et celles qu'il a blessés et ne regrette pas sa vie d'avant.

Rappelons d'abord que le programme en douze étapes a été fondé en 1935 et depuis, plusieurs branches ont poussé: NA, EA, Al-Anon, OA, etc. Tous fonctionnent sur la même base et mènent vers le mieux-être, l'abstinence (et non la sobriété, qui ne veut pas dire la même chose).

 

Une «maladie sournoise»

Denis essayait de combler ses problèmes émotionnels dans le travail et quand ce ne fut plus suffisant, il est tombé dans la boisson. Aujourd'hui, il n'a plus soif et ne prévoit pas rechuter, car il a traversé de dures épreuves sans avoir le goût de boire.

Mais quand il est entré chez les AA, il cultivait un désir sincère de mourir, comme bien d'autres avant et après lui. «T'arrives pas là de gaieté de cœur en limousine avec le chauffeur qui te débarque sur le tapis rouge. On arrive tous la tête entre les jambes. Quand tu arrives là, c'est que tu n'as plus aucune place où aller», dit-il.

Des réunions, ouvertes ou fermées, ont lieu plusieurs fois par jour à Gatineau. Suffit de prendre sa vie en main et de se pointer avant qu'il ne soit trop tard. «La boisson, ça mène à trois places: la folie, la prison ou la mort. Pour la prison, tu es prisonnier de toi-même, pas besoin de barreaux de fer. Certains sont plus libres derrière les barreaux… Et la folie, je m'en venais là-dedans.» C'est justement ce que Denis a perdu le plus, sa liberté. Liberté de choisir, de contrôler son existence…

Denis courait les 5 à 7 pour s'évader, se promettant de ne pas trop boire. Il s'est aperçu que le seuil à ne pas dépasser se situait à… une bière. Dès qu'il a cessé de boire cette première bière, il a emprunté le bon chemin et a appris le principe de base du mouvement: l'honnêteté.

Denis essaie d'inculquer cette valeur à ses protégés et à ceux et celles qu'il accompagne sans les juger. Il redonne ce qu'il a reçu avec bonheur.

Et il s'assure que personne ne soit seul.

 

Mardi 31 décembre à la salle de l’Église St-François-de-Sales, 799, rue Jacques-Cartier de 9h à 22h30. Souper à 17h30. Le mercredi, Jour de l’an, à la salle de l’Église N.D.de l’Île, 115, boul. du Sacré-Cœur (Hull) de 11h à 21h. Infos: 819 561-2002/819 595-1916.

Publié dans AA Québec

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