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USA Alcoholics Anonymous®

Publié le par kreizker

USA Alcoholics Anonymous®
"The Gold Cup" group

314 Jefferson St - Washington - Missouri 63090

 

USA Alcoholics Anonymous®

Trinity United Methodist Church - 30 W Front St - Youngstown - Ohio 44503

 

USA Alcoholics Anonymous®

Franklin Grove - Illinois

 

USA Alcoholics Anonymous®

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Souvenirs brésiliens

Publié le par kreizker

Souvenirs brésiliens
Souvenirs brésiliens
Grupo "Queluz"

Salão Anexo à Igreja Santa Rita de Cássia - Av. Cipriano Santos, 325 - Belém - Para 66090-340

Fondé en 1973

 

Souvenirs brésiliens
Souvenirs brésiliens

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MEXIQUE Alcohólicos Anónimos®

Publié le par kreizker

MEXIQUE Alcohólicos Anónimos®
MEXIQUE Alcohólicos Anónimos®
Grupo "Xochilt"

Calle Emiliano Zapata - Xochiltepec - Tuzantán - Chiapas

 

MEXIQUE Alcohólicos Anónimos®
MEXIQUE Alcohólicos Anónimos®
Grupo "6 de Mayo"

Calle Francisco Zarco Oriente - Huixtla - Chiapas

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D'anonymes à abstinents: "Ex-alcoolique, ça n'existe pas, on n'en guérit pas"

Publié le par kreizker

in "L'Echo" (Belgique), 19 Février 2021

 

Alors que les interdits et le confinement pèsent sur le moral des gens, l'alcool, pour certains, devient une valeur refuge face à l'anxiété. Un piège dangereux.

"J'étais prêt à me suicider. Les AA m'ont sauvé la vie." En ce mardi soir de la semaine la plus froide de l'année, David n'a pas bravé le gel pour se rendre à la réunion des Alcooliques Anonymes. Mais il est là, bien au chaud derrière son PC. Crise sanitaire oblige, les AA ne se réunissent plus autour d'un café, mais se connectent depuis leur salon. Ce soir, ils sont une petite quinzaine. Dans le dos de certains, une forêt, un paysage urbain. Sans neige. Un arrière-plan factice qui masque leur intimité.

David, lui, laisse apparaître les posters de son salon, son canapé, ses cheveux en bataille. Un intérieur d'artiste, chaleureux, coloré. Ce père de 39 ans n'a plus touché une goutte d'alcool depuis deux ans, après avoir vécu l'enfer de plus de 10 ans de dépendance. Rien ne l'y prédisposait, c'est le milieu professionnel qui l'a fait sombrer. Un milieu artistique, nocturne. "J'ai commencé à boire tous les jours, cela calmait mon stress, mes angoisses. J'y voyais plus d'avantages que d'inconvénients."

Jusqu'au jour où David atteint le point de non-retour. Le moment où ne persistent plus que les effets dépresseurs de l'alcool. Où chaque verre sert à oublier l'état de détresse dans lequel on se trouve. Ce point de bascule, que l'on retrouve dans tous les témoignages d'anciens alcooliques. "D'alcoolique abstinent", corrige Régis, un des "amis" présents. "Ex-alcoolique", nous dit-il, "ça n'existe pas. C'est une maladie dont on ne guérit pas. On sait qu'on sera alcoolique jusqu'au dernier jour. Le seul médicament, c'est de ne pas reprendre un verre."

 

Ne pas prendre un verre. C'est l'injonction classique donnée durant ce mois de février, le mois de la "Tournée minérale", une action qui invite chacun à s'interroger sur son rapport à l'alcool, et à ne pas boire pendant un mois. Pour certains, la "goutte de trop" dans ce flot de contraintes subies depuis un an.

 

 

Pour les professionnels de la santé, cette campagne garde pourtant tout son sens, malgré la fermeture des bars et restaurants, et la déglingue de la vie sociale. "C'est vrai qu'un tiers de la population a baissé sa consommation d'alcool", nous dit Martin de Duve, alcoologue et directeur d'Univers-santé, qui pilote l'action Tournée Minérale. "C'est surtout le cas chez les jeunes, dont la consommation a baissé de manière automatique avec l'arrêt des soirées. Mais parallèlement, 25% de la population boit davantage, pour calmer son stress, son anxiété."

"L'isolement social, les contraintes imposées par le confinement, le côté anxiogène de la situation, le manque affectif,  donnent chez beaucoup de citoyens une surcharge de stress. Ceux qui ont une fragilité face à l'alcool verront dans sa consommation la seule manière de le gérer", précise Philippe de Timary, psychiatre responsable du service d'alcoologie à l'hôpital Saint-Luc.

Aux Alcooliques Anonymes, on confirme. Les nouveaux membres affluent depuis le second confinement, alors qu'au printemps dernier, les préoccupations étaient ailleurs. "On a beaucoup d'appels au secours, y compris de conjoints inquiets. Souvent de personnes plus âgées, au-delà de trente ans. Car l'alcoolisme, c'est un cheminement. Les jeunes, eux, se considèrent juste gros buveurs", nous dit l'un des bénévoles.

C'est quoi, être malade alcoolique?

Mais à partir de quand tombe-t-on du statut de "gros buveur" à malade alcoolique? Chez Univers-Santé, Martin de Duve nous rappelle les critères de "consommation raisonnable" du Conseil supérieur de la santé: 10 unités d'alcool par semaine. Sachant qu'une unité correspond à un verre de 25 cl de bière de type Pils (pour la bière spéciale, comptez la moitié, voire le tiers), 10 cl de vin ou 3,5 cl d'alcool fort. Avec, de préférence, plusieurs jours de la semaine d'abstinence, histoire de ne pas rentrer dans la spirale de la surconsommation.

Doit-on pour autant affirmer que si notre consommation dépasse ces seuils, on est étiqueté alcoolique? Pas nécessairement, mais on entre dans une zone où la vigilance est de mise. Cette zone sombre où, à tout moment, la machine peut s'emballer. Comme l'a vécu Nicou. Cette dame aux cheveux grisonnants a quitté un mari alcoolique. Et pourtant, les enfants grandissant, la solitude s'installant, elle a insensiblement trouvé le réconfort dans sa bouteille de vin. "Cela a commencé par un petit verre de porto, en rentrant du travail. Puis j'ai recommencé le lendemain. Puis le verre est devenu la bouteille", témoigne-t-elle, le regard un peu triste, mais serein.  

Une relation "perturbée"

"Il n'existe pas de définition médicale à l'alcoolisme", dit le Dr Michel Evens, qui épaule le mouvement des AA au quotidien. "Je parlerais de relation perturbée à l'alcool.  Ce n'est pas seulement une question de quantité, ni de dépendance physique." À ses côtés, sur l'écran, Régis lâche un mot, tout simple: obsession. "Je connais des AA qui ne buvaient ‘que' trois verres par jour. Mais ils y pensaient tout le temps. C'est une addiction."

Quand on pense "alcoolique", on voit la personne qui a perdu son travail, sa famille, qui a des problèmes de santé grave. Le SDF qui dort sous les ponts. Mais à côté de cela, il y a toute une frange de la population passée sous silence. "Neuf personnes sur dix souffrant de problèmes d'alcool ne sont pas suivies", explique Martin de Duve. "On essaie de pousser les médecins généralistes à poser plus souvent la question de la consommation d'alcool lorsqu'un patient survient avec des symptômes évocateurs, comme les problèmes de sommeil, de reflux gastrique, de dépression, etc. Comme ils le font pour le tabac. Mais cela reste encore trop souvent absent des anamnèses cliniques."

Quand elle est arrivée chez les AA, Florence avait un a priori bien ancré: "Les AA pour moi, c'était la gare Centrale, les clochards. Ce n'était pas la place pour une femme. Et puis, j'y ai découvert des gens bienveillants, souriants." Des quidams qui ont un job, une famille, des enfants. Qui parfois ont tout perdu, pas toujours, mais remontent petit à petit la pente. Des juges, des médecins, des avocats, des journalistes, des artistes, des commerciaux, des profs, des mères de famille, des pensionnés...

Quand l'alcool devient une prison

"On peut parler de pathologie quand on perd le contrôle de sa consommation, quand elle occupe tout le champ des activités, et empêche de faire autre chose", résume le psychiatre Philippe de Timary.  

 

C'est d'ailleurs ce dont tous témoignent, avec une humilité et une sincérité désarmantes. "Toute ma vie était organisée autour de l'alcool", raconte David. "Chaque matin, je préparais le nombre de bouteilles dont j'allais avoir besoin pour tenir la journée." Thierry, de 20 ans son aîné, enchaîne: "L'alcool, c'était l'élément central de nos vies. Quand je buvais, le seul but était de boire le plus possible. Boire modérément? Cela ne m'intéressait pas. Je ne buvais pas pendant le travail. Mais je me servais un apéro en rentrant, en me disant: c'est le meilleur moment de la journée. C'est pathétique de se dire ça", dit l'homme tristement. "Et puis je n'arrêtais plus."  

 

 

Françoise, elle, a l'impression d'être née alcoolique. "J'ai pris mon 1er verre à douze ans, c'était magique. Adolescente, je ne buvais que lorsque je sortais, mais c'était catastrophique, je me mettais dans des états... Puis, j'ai épousé un homme qui ne buvait pas. Allez savoir pourquoi. Du coup, je passais mon temps à recevoir des amis, ça me donnait l'occasion de boire. Durant la semaine, j'attendais de rentrer du travail pour commencer. Je ne vivais plus que pour ça. Quand mon mari m'a quittée, je n'ai même pas été triste: je me disais que j'allais pouvoir boire sans devoir me cacher. J'en suis arrivée à quatre bouteilles de vin par soir."

Les effets de l’alcool sur les corps

Pour la personne qui en consomme, l'alcool joue souvent le rôle de désinhibiteur, ou de régulateur des émotions. Chez Régis, l'alcool était un calmant. Son but: ne plus rien ressentir, ne plus être là, ne plus devoir gérer.

Mais quand on parle alcool avec les professionnels de la santé, tous évoquent des ravages aussi graves que ceux causés par le tabac. Ils n'y vont pas par quatre chemins: l'alcool est une drogue licite. La seule dont on fait ouvertement la publicité. Pourtant, les dégâts sont nombreux. "Même à petite dose, il comporte des risques", dit l'alcoologue Martin de Duve. "Il perturbe le sommeil paradoxal, or c'est celui qui nous répare psychiquement. On s'endort assez vite en effet, mais on se réveille après deux ou trois heures, on fait des insomnies, des apnées du sommeil, les mouvements réflexes sont en hausse. À cela, il faut ajouter les effets de la déshydratation liée à l'alcool: maux de tête, teint de la peau abîmé, prise de poids aussi. Sans parler des pertes de mémoire, ou encore de l'augmentation des risques de cancer, de cirrhose, de pancréatite."

L'alcool entraîne aussi la dépression. Ces hommes et femmes nous racontent sans pudeur les idées suicidaires qui les ont traversés. Jusqu'au passage à l'acte parfois. Florence, qui a commencé à boire à 13 ans, témoigne: "L'alcool arrosait mes problèmes plutôt que de les calmer. À 18 ans, je suis tombée en dépression, j'ai commencé à perdre mes amis, je dilapidais l'argent. L'alcool est devenu le poison de mon couple. Un jour, j'ai pris ma voiture, j'ai détaché la ceinture, et j'ai foncé. J'ai survécu à l'accident."

Beaucoup nous racontent leur solitude, la fuite, l'éloignement des proches, la perte des amis, du lien social, le regard des autres qui savent, qui sentent, mais qui n'osent rien dire. Le mensonge aussi, permanent.  Régis raconte: "Je me levais la nuit pour boire, je cachais les cubis dans la cave, les canettes dans la voiture. Et je mentais. Tout le temps. J'inventais n'importe quel prétexte pour aller assouvir mon besoin. Une course, conduire les enfants, faire la lessive à la cave… Quand j'ai réalisé que j'étais alcoolique, je me suis dit, ok, je m'en fous. Je n'avais pas envie de m'en sortir."

Le déclic

Un choc brutal: c'est souvent ce qui poussera les dépendants alcooliques à pousser la porte pour se faire aider. Un accident de voiture, comme Florence, mais aussi Régis. Françoise a cru perdre la garde de ses enfants. Victoire, une jeune trentenaire à la vie trépidante, s'est retrouvée un matin couverte de bleus sur le sol de son appartement. Pierrot, alcoolique depuis ses 16 ans, a tout perdu, boulot, famille, foyer, santé, et s'est retrouvé plus d'une fois en prison.  Thierry a  été "coincé" par son médecin traitant au détour d'une simple prise de sang.

L'entourage, lui, a souvent moins de prise. Parce que l'alcoolique, bloqué dans son égocentrisme, n'écoute que lui, se croit plus fort que tout, ou reste dans le déni.  "Mais il faut tirer, encore et encore, cette sonnette d'alarme", conseille le Dr Evens. "On ne peut pas arrêter à leur place. Parfois, cela trouve un écho plus tard, parfois tout de suite." C'est d'ailleurs ce qui s'est passé pour Nicou, dont le fils a un jour brandi la bouteille de vin sous son nez, alors qu'elle se disputait avec lui. "J'ai eu envie de me supprimer. Je ne supportais pas de voir que je faisais exactement la même chose que mon ex-mari. Je voulais être une bonne mère, mais j'étais une mère absente."

La rencontre avec les AA, la libération

Envoyés par leur médecin, un ami, ou arrivés simplement au détour d'une lecture, ces hommes et femmes se sont décidés un jour à frapper à la porte des AA. Parce que s'en sortir seul est quasiment impossible. "Je suis née deux fois", dit Françoise. "Le jour de ma naissance, et le jour où j'ai arrêté de boire." À sa première réunion avec les AA,  cette mère de famille écrasée par la culpabilité a pleuré trois quarts d'heure durant. Mais autour d'elle, les regards étaient bienveillants. "On m'a dit, ne pleure pas, tu es malade, ce n'est pas de ta faute."

L'impression de se sentir enfin écouté, compris, côtoyer leurs semblables. Trouver de nouveaux amis aussi, après avoir abandonné les amitiés alcooliques. "J'ai le sentiment de ne plus être seul. Je cherchais une place, je l'ai trouvée", dit Régis, qui gère aujourd'hui la page Facebook du mouvement.

 "Chez les AA, on ne juge pas. On n'oblige pas. On m'a laissé le choix", dit Pierrot. "Ils me souriaient. J'ai bien essayé de les brusquer, comme je le faisais au café. Provoquer. Ils continuaient à sourire. Les autres, je les manipulais comme je voulais. Mais pas eux. Parce qu'ils étaient comme moi", dit-il. "Alors, mon égoïsme, mon je-m'en-foutisme, j'ai tout mis sous ma chaise. Je suis retourné en prison, mais en tant que bénévole AA."

Aux AA, la philosophie, c'est de vivre un jour après l'autre. Chaque matin, se réveiller et se dire "aujourd'hui, je ne boirai pas".  Le mouvement propose à ses adhérents une boîte à outils pour tenir. Certains, arrivés via les médecins, ont eu un suivi médical pour supporter un sevrage physique parfois difficile, à coups de Valium et de vitamine B. "80% des gens peuvent arrêter sans symptômes de sevrage graves", dit le Dr Evens. Pour les 20% restants, il faut être prudent, au risque de faire des crises d'épilepsie, de délirium tremens ou des encéphalites.

Mais ça paie. Après cinq ans d'abstinence, Florence est devenue maman d'un petit garçon. Comme beaucoup d'adhérents, elle fait du bénévolat et va expliquer dans les écoles qu'avoir un problème avec l'alcool, ce n'est pas nécessairement boire du matin au soir.

Thierry, lui, nous parle de ses trois vies. Celle d'avant la dépendance, celle pendant, et celle d'aujourd'hui. "Incontestablement la meilleure, j'arrive enfin à être la personne que je voulais être."

Rester vigilant, c'est aussi ce qu'ils font tous aujourd'hui. Car la pression sociale reste là. Pierrot s'amuse de nous raconter comment il lui est arrivé de trafiquer ses Coca-Cola à coups de tonic pour faire croire aux autres camarades de bar qu'il y mettait de l'alcool, et faisait toujours partie de l'équipe. Thierry explique qu'il fuit rapidement les fêtes. "À 21h, je m'en vais, je vois les conversations qui se débrident, je ne suis pas à l'aise, je ne m'amuse plus."

Semaines après semaines, mois après mois, tous gardent le lien, assistent encore aux réunions. Si les rechutes existent, la plupart tient le coup. Pierrot le dur le dit ouvertement, la chaleur des réunions "en présentiel" lui manque, la "troisième mi-temps" où l'on discute encore en faisant la vaisselle des tasses de café. Où les langues parfois se délient davantage. Ces petits riens qui ont contribué à nouer des amitiés entre certains membres. Le Dr Evens, lui, craint que l'absence de réunions due au confinement ne fasse des dégâts chez les personnes à peine stabilisées.  Car pour le malade alcoolique, la dépendance est figée au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès qui ne disparaîtra jamais.

www.alcooliquesanonymes.be, et la ligne d'écoute 24h24 : 078/152556
www.reseaualcool.be, une carte interactive y indique les médecins et soignants spécialisés dans l'accompagnement.

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