Proches des malades de l’alcool. Des visioréunions pour continuer à s’entraider"

Publié le par kreizker

in "Ouest-France", 15 avril 2020

Proches des malades de l’alcool. Des visioréunions pour continuer à s’entraider"

Les proches d’une personne malade de l’alcool, ses enfants ou son conjoint, souffrent aussi. Pour les soutenir, l’association Al-Anon propose des réunions régulières, où l’anonymat est strictement respecté. Pour faire face au confinement, elle a mis rapidement en place des visioréunions et des réunions téléphoniques.

On y vient pour écouter, pour se confier, parfois aussi pour dire tout ce que l’on a sur le cœur. L’alcoolisme ne détruit pas seulement ceux et celles qui boivent. Les proches, au sein de la famille, sont aussi des victimes parce que l’alcool détruit de l’intérieur la cellule familiale.

Pour aider ces proches d’un malade, ou ses amis, l'asociation Al-Anon a vu le jour dans le sillage des Alcooliques Anonymes. Et un peu sur le même modèle, elle propose ces réunions régulières où l’on ne demande rien à personne. Elles aident des conjoints ou des enfants à tenir debout, et à se préserver aussi des ravages de l’alcool dont ils sont les victimes collatérales.

 

« Nous avons besoin de ces réunions »

Confinement oblige, ces réunions ont été suspendues. Seulement, impossible pour l’association de ne pas entretenir ce lien précieux avec tous ses habitués.Pour leur permettre de tenir le coup, et ne pas perdre en cours de route le bienfait de ces rencontres régulières avec des hommes et des femmes qui partagent les mêmes tourments. Et puis, il ne fallait pas couper ces liens qui se tissent entre les nouveaux venus à ces réunions et les plus anciens, insiste Annick, habituée de l’un de ces groupes à Rennes.

 

Il n’y avait pas 36 solutions, il y en avait juste deux, des visioréunions et des réunions téléphoniques. Et c’est ce qu’a fait Al-Anon en proposant, sans tarder, deux visioréunions chaque jour (14 h 30 et 20 h 30) dont on peut pousser la porte numérique librement, et toujours dans le plus strict anonymat. Quel que soit l’endroit de France où l’on habite, on peut y participer. Des participants francophones de l’étranger sont aussi venus s’y greffer.

 

Nous avons besoin de ces réunions. Déjà qu’il y a le problème de l’alcool, nous ne voulons pas que les personnes qui ont l’habitude de ces rencontres se retrouvent en plus isolées. Nous ne pouvions couper ces liens, poursuit Annick.

Très vite, ces réunions ont pris leur rythme de croisière, avec une vingtaine de participants. Qu’est ce qui change entre une réunion avec des participants physiquement présents autour d’une grande table, et ces rencontres en visioréunion ? Peut-être rien.Une visioréunion, c’est comme une réunion physique. Il y a la même chaleur. La dernière fois, nous avons pleuré en écoutant un témoignage, raconte Annick.

Pour autant, visioréunion ou pas, les basiques de l’association fonctionnent toujours. Sur le site de l’association (al-alon-alateen.fr), où sont précisés les horaires de toutes les réunions en visio, ou en audio, on retrouve toujours les téléphones, région par région, pour contacter le groupe Al-Anon près de chez soi. Le bon vieux téléphone…

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