"Il était judicieux d’ouvrir un groupe des Alcooliques Anonymes à Lunel"

Publié le par kreizker

in "Midi Libre" (France), 12 Mai 2025

L’alcoolisme est un fléau, une maladie qui touche tout le monde.

L’alcoolisme est un fléau, une maladie qui touche tout le monde.

Déjà très actives au sein de l’antenne de Quissac, Isabelle et Nathalie lancent une réunion hebdomadaire de cette organisation à l’Espace Vauban. Premier rendez-vous ce mercredi 14 mai.

Créés aux États-Unis en 1935 par Bob Smith, médecin et chirurgien, et Bill Wilson, qui fut, entre autres, officier militaire, les Alcooliques Anonymes (AA) comptent aujourd’hui plus de 120 000 groupes répartis dans 180 pays. Aujourd’hui, l’organisation inscrit une nouvelle ligne à son actif avec la création du groupe de Lunel, ce mercredi 14 mai, à 19 h 15, à l’Espace Vauban. Isabelle et Nathalie en sont les instigatrices. Rencontres.

Qu’est-ce qui vous a motivées à créer un groupe des Alcooliques Anonymes à Lunel ?

Nous nous connaissons du groupe de Quissac qui a ouvert il y a trois ans (et dont Isabelle est à l’origine, NDLR).
Dans le cadre de nos actions, nous faisons des randos-pharma pour nous faire connaître. La dernière, en février, nous a menées jusqu’ici et beaucoup de personnels de pharmacie nous ont dit qu’il n’y avait rien pour aider les malades sur la commune

Des malades qui se sont fait connaître aussi auprès de la permanence téléphonique nationale…

Tout à fait. Le délégué de région nous a fait remonter qu’il y avait une véritable demande sur Lunel et les alentours. Sauf qu’il n’y a rien entre ici et Quissac, Nîmes ou Montpellier.

De plus, à l’heure où la personne fait la démarche de venir aux AA, elle a souvent perdu son permis de conduire et ne peut pas se rendre sur ces sites. Pour toutes ces raisons, il était judicieux d’ouvrir un groupe des Alcooliques Anonymes ici. Ça s’est fait en tout juste trois mois !

 

Une écoute et un soutien tous les jours

Avez-vous été vous-mêmes du côté des Anonymes ?

Isabelle : Pour ma part, j’en suis à 9 ans d’abstinence. Je suis entrée aux AA en 2014. J’ai fait une rechute et j’y suis retournée en 2016. J’ai passé cinq ans dans le groupe de Castres et c’est là que j’ai tout appris. Et depuis, je n’ai plus consommé une seule goutte d’alcool.

Nathalie : J’ai sombré dans l’alcoolisme en tout juste une année. C’était en 2014. J’ai également rechuté après une cure.
Après mon hospitalisation à la clinique de Quissac, j’ai rencontré les personnes du groupe des AA de cette commune.

Quand ils m’ont présenté leur programme, j’ai senti tellement de positif… Effectivement, depuis, je ne suis plus dans la consommation.

Vous avez rechuté toutes les deux à la suite d’une cure. Qu’est-ce qui vous a manqué à ce moment-là et que les AA vous ont apporté ?

Les cures sont très bien mais lorsque l’on ressort, on se sent seul, face à soi-même. Sans accompagnement. Chez les AA, vous ne vous sentez pas abandonné et l’approche est tout autre !

Justement, qu’est-ce qui est différent chez les AA ?

Déjà, évidemment, l’anonymat. De plus, l’accueil est chaleureux, humain. Il n’y a aucun jugement et beaucoup de bienveillance. Et surtout, on est accueilli par des personnes qui ont été confrontées à l’alcoolisme. Enfin, écoute et soutien sont possibles 24 h/24 et 7 J/7. C’est exceptionnel et précieux.

 

Un programme en douze étapes

Comment se passe une réunion d’un groupe des AA ?

Tout d’abord, il faut que les personnes sachent que le groupe, entouré par un modérateur, est ouvert à tous, quels que soient l’état et l’étape dans lesquels ils se présentent.

Les participants peuvent aussi bien s’exprimer que ne pas parler, donner leur prénom ou plutôt un pseudo. Il n’y a aucune obligation quelle qu’elle soit. Tout est fait pour que la personne sorte de la honte et du désarroi qu’elle ressent à l’extérieur. En général, la réunion dure 1 h 15.

Existe-t-il, à proprement dit, un programme établi au sein de ces rencontres ?

Oui. Il se déroule en douze étapes. Parmi celles-ci, par exemple, il y a la première, primordiale, qui est celle de l’acceptation de sa maladie. C’est d’ailleurs la seule au cours de laquelle on aborde l’alcool en tant que tel.

Toutes les autres étapes s’articulent autour du rejet, du ressentiment, de la colère, de la honte. Comment l’on vit cela, comment avancer, que met-on en place. On parle peu de l’alcool au final. Car l’origine et la raison de l’alcoolisme, ce n’est pas le produit.

 

L’alcoolisme touche tous les milieux

D’où cette question, inévitable et primordiale : quelle est votre définition de l’alcoolisme ?

Déjà, il faut bien prendre conscience que l’alcoolisme touche tous les milieux. C’est un fléau qui n’a aucune limite. On est alcoolique du moment que l’alcool a pris le dessus sur sa vie.

Il est reconnu comme une maladie dégénérative et mortelle. Comme l’on dit des fois entre nous, on a cependant la chance d’avoir la seule maladie mortelle qui se guérit par de l’eau.

Quelle est la condition pour être membre des AA ?

Le désir d’arrêter de boire. On ne demande même pas d’arriver abstinent. Des fois, nous recevons même des personnes autour de la table qui ont bu. Elles reviennent toutes les semaines, s’accrochent. Des fois, ça ne marche pas pour eux. Des fois, ils arrivent à poser le verre et à s’en sortir.

Le groupe des Alcooliques Anonymes de Lunel lance sa première réunion ce mercredi 14 mai, à 19 h 15, salle “ex-bridge” de l’Espace Vauban. Elle aura ensuite lieu chaque mercredi, même endroit et même horaire. Infos et contacts : 09 69 39 40 20 (numéro Cristal) et par e-mail à l’adresse groupeaalunel@gmail.com

Publié dans AA france

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article