« Une vie sans alcool me faisait complètement paniquer » : Thierry raconte le rendez-vous qui a changé sa vie il y a 14 ans… il n’a plus touché un verre depuis

Publié le par kreizker

RTL Info (Belgique), 27 Août 2026

« Une vie sans alcool me faisait complètement paniquer » : Thierry raconte le rendez-vous qui a changé sa vie il y a 14 ans… il n’a plus touché un verre depuis

Thierry n’a plus touché à un verre d’alcool depuis 14 ans. Pourtant, lorsqu’un médecin lui a annoncé qu’il devait arrêter complètement de boire sous peine de subir des dégâts irréversibles, il a hésité. Invité ce jeudi matin sur bel RTL au micro de Martin Buxant, le porte-parole des Alcooliques Anonymes raconte sa dépendance, le déclic qui lui a permis d’arrêter et cette première réunion qui a bouleversé sa vie.

 

Thierry se souvient parfaitement de ses derniers jours avec l’alcool. À l’époque, boire fait encore partie de son quotidien. Le dimanche, il se rend au football. « J’ai bu beaucoup de bière, comme d’habitude et je me suis fini au pastis quand je suis rentré à la maison. »

Le lendemain, il doit pourtant lever le pied. Une analyse du foie l’attend à l’hôpital. « Je n’étais pas très bien, je n’ai bu qu’une petite bouteille de vin parce que le mardi, je devais aller à l’hôpital passer une analyse du foie, donc je me suis dit : on va faire doucement aujourd’hui. » À ce moment-là, Thierry n’imagine absolument pas qu’il vient de boire son dernier verre. En se rendant à l’hôpital, il pense même déjà au suivant. « J’avais repéré un night shop en me disant que quand je sortirais, j’irais m’acheter une Gordon 12 degrés selon la tradition. »

« J’aimais surtout l’effet »

Son histoire avec l’alcool commence bien plus tôt, vers 16 ou 17 ans. Dès ses premiers verres, Thierry apprécie autant le goût que les sensations provoquées par l’alcool. « J’aimais le goût du vin, j’aimais le goût de la bière et j’aimais surtout l’effet que ça faisait. Je me sentais bien, je me sentais plus à l’aise, je me sentais costaud », confie-t-il à notre micro.

Pendant de nombreuses années, il boit beaucoup, mais sans avoir le sentiment d’avoir basculé dans la dépendance. Le changement survient autour de la quarantaine, après des bouleversements dans sa vie : « J’ai commencé à boire vraiment sans retenue, à avoir une espèce d’obsession d’alcool qui s’est installée. Je buvais tous les jours ou quasiment tous les jours et, disons que deux fois par semaine au moins, je buvais vraiment à être bourré. » Malgré cette consommation, Thierry conserve son emploi, « un peu à l’arraché », ainsi qu’une vie familiale et sociale, mais « tant bien que mal ».

Une consultation décisive

Le véritable électrochoc arrive lors de cette fameuse visite à l’hôpital. Thierry rencontre une médecin qui identifie immédiatement son problème avec l’alcool. « Elle m’a dit : voilà, vous avez le choix, ou bien vous arrêtez complètement l’alcool, ou bien dans six mois, vous avez des dégâts irréversibles. » La médecin lui demande alors de retourner dans la salle d’attente et de réfléchir à sa décision. Un choix qui pourrait sembler évident, mais qui ne l’est absolument pas pour lui à cet instant.

« J’ai hésité, franchement, j’ai hésité parce qu’une vie sans alcool, ça me faisait complètement paniquer. Moi, je croyais que c’était impossible de vivre sans alcool ou que ça ne valait pas la peine. » Après cette consultation, Thierry prend pendant deux jours les médicaments qui lui ont été prescrits. Mais très vite, une pensée s’impose : « Ça ne va pas aller, c’est impossible de vivre sans alcool pour moi. »

 

Il décide alors de pousser la porte d’une réunion des Alcooliques Anonymes. Ce qu’il y découvre change sa perception de l’abstinence. « Ça a été vraiment un éblouissement, une découverte parce que j’ai vu des gens qui avaient le même problème que moi, qui avaient la même relation pathologique avec l’alcool et qui étaient abstinents, qui étaient sereins, qui étaient heureux. »

Pour Thierry, voir ces personnes vivre sans alcool rend soudain l’abstinence possible. « Je me suis dit : c’est possible, c’est possible de vivre sans alcool et donc je vais essayer. Puisqu’eux ont réussi, pourquoi est-ce que moi je ne réussirais pas ? » Il décide alors de suivre les conseils reçus lors de ces réunions. Quatorze ans plus tard, il n’a plus bu une goutte d’alcool. « Je n’ai plus touché un verre, j’en suis très heureux. »

« Seul, je n’y serais pas arrivé »

Thierry insiste sur le rôle joué par le groupe dans son parcours. Pour participer aux Alcooliques Anonymes, explique-t-il, aucune inscription nominative n’est nécessaire et aucun droit d’entrée n’est demandé. Une petite contribution peut ensuite être proposée pour couvrir notamment les frais du local ou du café.

« La seule condition pour devenir membre des AA, c’est le désir d’arrêter de boire », explique-t-il. Une personne qui pousse la porte d’une réunion ne doit donc pas nécessairement être déjà abstinente : elle doit avant tout vouloir arrêter. Pour Thierry, le témoignage et le soutien des autres membres ont été déterminants. « Moi, je suis absolument persuadé que seul, je n’y serais pas arrivé. »

Après 14 années d’abstinence, il mesure aussi les changements physiques et psychologiques. « On sent tout de suite les bienfaits physiques, on dort mieux, on a moins de problèmes digestifs et puis surtout, on se sent mieux dans sa tête au bout d’un moment. »

Note de Kreizker :

AA Belgique a-t-il vraiment un membre alcoolique porte-parole ? De très gros doutes... 

Publié dans AA Belgique

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