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Alcooliques Anonymes Cros de Cagnes

Publié le par kreizker

in "Nice-Matin" (samedi 18 octobre 2008-cagnes-région-page 12)
 
 Article 1
en immersion (1)
 
Aux Alcooliques Anonymes avec les forçats de l’abstinence
 

« Je pensais qu'être alcoolique était une tare, un vice. Pas une maladie ». La voix de Jocelyne (2) résonne dans l'église Notre-Dame de la Mer, au Cros. Emue, la voix bordée de larmes, parfois.

 

Il est 20 heures. La réunion des Alcooliques Anonymes commence. Il y a là une cinquantaine de personnes, des membres et des proches. Ce soir, on célèbre les 25 ans d'entraide de la section du Cros. 25 ans de mains tendues à des compagnons de route. La longue route vers l'abstinence alcoolique. Ce soir, on « fête » aussi quatre anniversaires. Les 13 ans de Dominique, le patriarche, le pilier. Les 5 ans de Jean-Marc, les 4 ans de Marie. Et puis, les 3 ans de Jocelyne, coquette et rieuse. Trois ans qu'elle a « posé le verre ».

« Ma deuxième famille »

Elle ouvre le bal aux souvenirs. « Quand j'ai poussé la porte du groupe du Cros-de-Cagnes, je m'attendais à voir des caricatures », se souvient-elle. Elle dit l'ivresse jusqu'à plus soif. Et sa douleur. « Mon enfant... je n'étais plus capable de m'en occuper. Ma vie était ponctuée de mensonges, de tromperies. Ici, j'ai compris que j'avais une deuxième famille. Quand je me sens perdue, je pense à mes amis du groupe, je puise ma force en eux ». Car rien n'est acquis. « La maladie continue, la lutte aussi. » Son plus beau souvenir ? « Le jour où je me suis rappelé ce que j'avais fait la veille... » La salle fait bloc. Chacun se reconnaît dans ses propos. Jocelyne reprend sa respiration pour souffler les 3 bougies du gâteau qu'on lui apporte.

« Une résurrection »

La salle applaudit. Dans l'assistance, Jacques, lance un sonore « merci Jocelyne ». Son visage porte les stigmates de ses années « alcool ». Cela fait pourtant plusieurs années qu'il a, lui aussi, expédié en enfer la divine bouteille. Ancien prof de gym, il se rappelle d'amis qui « y sont passés ». « Un inspecteur des impôts, un flic... Nul n'est à l'abri. » Lui a arrêté huit jours après avoir poussé la porte des " AA ". « Mais, c'est là que tout commence ».

Vient le tour de Marie. « Bonjour, je m'appelle Marie, je suis malade alcoolique » avance-t-elle malgré ses 4 ans d'abstinence. « Bonjour Marie », lui renvoie, en choeur, la salle. Elle dit sa gratitude au groupe, à son fils d'abord. Sa vie sans l'alcool est une « résurrection », assure-t-elle. « Le combat de ma vie ».

Première fois

Les histoires se suivent, toutes singulières et pourtant semblables. Dominique est une figure de l'association, qui ne ménage ni son temps, ni son énergie au service des autres. Il assume son côté « grande gueule » comme ses mauvaises années de violences, ses trois femmes, sa fille qu'il ne voit pas, sa déchirure. « Je suis devenu un agneau par rapport à la brute que j'étais ». Aujourd'hui, beaucoup viennent lui exprimer leur gratitude, il est la référence, le père spirituel.

La salle s'empare à son tour de la parole. Les remerciements fusent. Et puis, tout au fond, un doigt se lève. C'est Cédric. Il dit : « Je suis alcoolique, c'est la première fois que je viens et que je le dis devant autant de monde. Je dois être le plus jeune ici, j'ai 27 ans. ça fait 10 ans que je bois. Je pensais pouvoir arrêter tout seul. On commence à boire en faisant la fête, puis on boit le matin, tous les jours... »

La section du Cros des Alcooliques Anonymes se réunit tous les mercredis, 20 h, à la paroisse Notre-Dame de la Mer.

 

 

 Article 2
 
Ma journée avant…
ma journée après
 
Mercredi soir, Jean-Marc ferait avec ses amis ses 5 ans d’abstinence. Ce jour là, le 23 septembre 2003, il décrochait la lune. Et de se remémorer une journée dans l’enfer de l’alcool.
« Quand je me retourne sur ces années, je vois un homme qui se réveillait la nuit trempé de sueur, qui, tous les matins, essayait de se lever pour aller travailler…Il ne pouvait rien avaler, il ne se rasait plus ou pas souvent. Il finissait par partir au travail…et on le retrouvait sur le parking de Cap 3000. Quand il parvenait à aller au boulot, il trichait pour aller prendre sa dose : une double prise alcool/médicaments.
Ma femme est partie, je voulais arrêter de boire, mais je n’y arrivais pas. Mon corps m’en empêchait. Les six derniers mois dans l’alcool ont été la plus grande souffrance de ma vie.
Un jour, j’ai craqué au travail, devant tout le monde, en plein repas de midi. J’ai crié : « Au secours, j’en peux plus ». En 15 jours, j’ai pu rentrer au C.A.L.M.E.(centre de cure situé à Cabris,ndlr). »
Quel contraste avec l’homme discret et posé qui s’exprime ce soir- là. « Avant, j’étais un gros dormeur. Aujourd’hui, je dors plus mal. La première chose que je fais au réveil, c’est aller sur le balcon -quel que soit le temps -pour dire merci à cette nouvelle journée. Ensuite, je pars discuter dans le monde via Internet. Je ne fais plus de crise d’angoisse. J’ai une passion pour la photo, j’ai fait des réalisations, je participe à des expositions. Et puis, j’ai retrouvé ma fille.
C’est une vie ordinaire : photographier une fleur, discuter avec des amis, le bonheur de venir ici, aux Alcooliques Anonymes, tous les mercredis.
Une vie ordinaire, mais qu’est-ce que je l’aime cette vie. »
 
 

Publié dans medias

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Yann, 7 ans aujourd'hui

Publié le par kreizker

eh oui le temps passe vite ! Voici 7 ans que je franchissais la porte, j'étais abstinent mais c'est là que j'ai vu qu'il m'était possible de le rester. Depuis, ça marche, 24 heures à la fois. Voilà !

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TIME 27 novembre 1950

Publié le par kreizker

Died. Robert Holbrook Smith ("Dr. Bob"), 71, Vermont-born Ohio doctor and co-founder of Alcoholics Anonymous; after long illness; in Akron. In 1935 Smith met a visiting Manhattan stockbroker, "Bill W.," in Akron. Both alcoholics, they decided that the only hope lay in banding together, formed A.A., substituted confessions, coffee & doughnuts, group meetings and trust in a "higher power" for the escapes alcohol had provided. A.A. now has more than 110,000 members in the U.S. and abroad, is credited with keeping about half of them from the bottle.

 

LIEN vers l'article complet dans le numéro de TIME du 27/11/1950

 

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Traduction de Caroline

Publié le par kreizker

Caroline nous propose sa traduction de l'article du Grapevine Janvier 1955 : http://www.aahistory.com/aa/GV1955_01_27.gif
Je l'en remercie vivement !
Voici la traduction que je suggère :
 In the Chips : Toucher le jackpot
L'été dernier, j'ai déménagé mon travail et mes activités AA de l'ouest au sud du pays. Depuis, chaque fois que je mets la main à ma poche pour acheter un paquet de cigarettes, je sens un jeton de poker en plastique. Mon jeton est bleu. Mais, par la grâce de Dieu, il pourrait être blanc, ou d'une autre couleur. Quelque soit sa couleur, il porte les initiales dorées AA d'un côté, et le nom de mon groupe de l'autre.
J'écris au sujet du système des jetons, parce que je n'en avais jamais entendu parler avant de venir dans le sud, et je pense que d'autres pourraient être impressionnés par ce système comme je l'ai été.
Quand un homme prend "La Longue Route" à la fin d'une réunion, en prenant un jeton blanc, il admet à ses aamis qu'il accepte les préceptes des AA et qu'il a démarré son abstinence ; parfois il recommence, après l'avoir rompue. Il faut pas mal de courage pour accepter un jeton blanc, et les applaudissement d'encouragement de ses aamis le soutiennent sûrement tout au long de la route.
Après trois mois d'abtinence, il change son jeton blanc pour un rouge. Peut-être que la couleur suggère qu'il n'est pas encore passé à travers la période la plus dangereuse, peut-être pas. Plus tard, un beau jeton translucide d'ambre indique que le nouveau membre (ou celui qui a rechuté, peu importe le cas), a joui pendant six mois d'une nouvelle façon de vivre. A nouveau, ses aamis applaudissent à sa victoire sur ce que certains considèrent comme la plus difficile partie de La Longue Route.
Le jeton de neuf mois d'abstinence est d'un vert d'eau clair...une joie que de le regarder et un vrai réconfort de le toucher, tout au fond de sa poche.
Un jeton bleu encore plus précieux est offert pour la première année d'abstinence, et pour toutes les suivantes. Dans certains groupes, un parrain offre à son filleul un jeton en argent gravé, après cinq années de raisonnement censé et de vie droite.
Non, je ne crois pas que le système des jetons puisse garder quelqu'un abstinent. Seule une puissance supérieure peut le faire. Mais nous sommes une nation qui vit avec des symboles ; qu'est-ce que le drapeau américain, sinon un morceau de tissu décoratif, à moins d'en apprécier complètement la signification. Franchement, je hais le poker. Pour autant, je n'échangerais pas une fortune en billets contre mon précieux jeton bleu.
R.G.W., Charlotte, Caroline du Nord
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