Et ma médaille ?
Ce blog, fondé en janvier 2008, n'engage aucunement le Mouvement des Alcooliques Anonymes ni Al-Anon Alateen. Son unique objectif est d'informer sur AA et Al-Anon Alateen.
Quelques membres A.A. et leurs femmes s'étaient réunis à la maison d'un autre membre pour une assemblée hebdomadaire. L'hôte arriva trop tard pour tenir son assemblée. Lorsqu'il fut interrogé sur son absence, il cria : "Qu'est-ce qui vous prend ? M... , je suis ici et sobre, n'est-ce pas assez ?"
INVENTAIRE QUOTIDIEN
Est-ce que la sobriété morose et bourrue suffit ?
Jusqu'à quel point pouvons-nous nous éloigner de la vérité ?
Est-il possible de bénéficier d'une assemblée ou de lui apporter quelque chose avec une telle humeur agressive et triste ?
MEDITATION SUGGEREE
Il est remarquable que quelques mois de sobriété nous permettront d'oublier que l'ivresse mentale précède toujours la cuite physique. Les membres qui sont physiquement secs et mentalement ivres ne demeurent pas ainsi. Nous devons ou bien améliorer notre sobriété ou bien essayer vainement de supprimer notre alcoolisme. La suppression n'est pas notre réponse. Elle nous laisse à la dérive, comme des porcs mouillés qui retournent se vautrer dans la boue alcoolique.
CONTACT SPIRITUEL
Notre Père, aide-nous à rester avec notre groupe. Remplis-nous d'enthousiasme pour le mode de vie A.A.
Nous demandons la volonté d'améliorer notre sobriété.
EXAMEN PHYSIQUE QUOTIDIEN
Le repos et le sommeil ne sont pas seulement des pratiques de bonne santé, ils sont des besoins essentiels à la vie elle-même. Nous ne pouvons nous en passer pour longtemps et vivre en santé. Les règles de la nature pour l'entretien du corps sont précises et exigeantes. Les alcooliques requièrent systématiquement des périodes quotidiennes de repos pour soulager la fatigue psychologique. Les tissus de notre corps ont besoin de sommeil pour surmonter les changements chimiques causés par le travail durant la journée.
"tabourets et bouteilles", pages 150, 151
in "Sud Ouest", mercredi 27 avril 2011
Les paroles anonymes de femmes d'alcooliques
Deux fois par mois, les proches de malades de l'alcool se réunissent pour partager leurs espoirs et leurs souffrances. Une façon de reprendre le contrôle de leur vie.
Pas de photos, s'il vous plaît. Et surtout changez nos prénoms », demandent… Noémie et ses trois amies. « L'anonymat est la base de tout ici », reprend celle qui coordonne depuis des années le groupe de discussion Al-Anon, qui réunit les proches des malades de l'alcool. Car il faut le dire d'emblée, l'alcoolisme est un mal familial. Il détruit le consommateur aussi bien que son entourage qui finit par être rongé par l'obsession, l'anxiété, la colère, la négation ou la culpabilité.
C'est pour aider les familles d'alcooliques qu'Al-Anon tient une permanence deux fois par mois dans une salle communale du quartier Urdazuri. Alors peu importe le prénom, à partir du moment où ceux et celles qui parviennent à pousser la porte se sentent en confiance : « L'anonymat, c'est une façon de protéger notre entourage. » Une forme de honte ? « Ce n'est pas ça. Tout le monde ne peut pas comprendre ce que nous vivons. Honnêtement, vous pensez que le regard des gens ne change pas quand ils apprennent que mon mari est alcoolique ? »
Femme d'alcoolique à vie
Noémie porte les plaies intérieures d'une vie tailladée par la bouteille des autres. « Mes parents étaient alcooliques, cela a eu des conséquences désastreuses sur mon éducation. J'ai aussi épousé un alcoolique, un acte manqué peut-être… Je l'ignorais, car au début il ne buvait que de l'eau pétillante. Plus le temps passait, plus sa consommation d'alcool augmentait, il buvait du soir au matin. Nous avons frôlé le divorce. Il a suivi plusieurs cures et ne boit plus une goutte depuis dix-neuf ans. Mais un alcoolique, même abstinent, reste un alcoolique. »

Les réunions ont lieu dans le local communal dans le quartier Urdazuri
Noémie vient à Al-Anon depuis vingt ans. Pour partager la parole, mieux comprendre sa souffrance et desserrer l'étau de sa culpabilité. « Car la plupart du temps, l'entourage pense qu'il est responsable de la maladie de l'autre. Le plus dur, au début, c'est d'admettre qu'on ne peut pas faire changer l'être qu'on aime. »
À l'autre bout de la table, Chloé soupire : « Moi aussi, quand je suis venue la première fois à Al-Anon, j'ai cru que je pouvais sauver mon mari… » Mais après treize ans d'abstinence, son époux a mis fin à ses jours. Depuis, Chloé continue de venir deux fois par mois au groupe de parole pour se reconstruire et aider les autres. « Le jour de l'enterrement, ma fille m'a dit : "Maman, tu n'y es pour rien". Elle avait participé à plusieurs séances à Al-Anon. C'est la preuve qu'elle avait réalisé un gros travail sur elle-même en venant ici. » Participer à un groupe de parole, c'est une manière de sortir de l'isolement : « On ne souffre pas moins, mais on comprend mieux les choses », insiste Isabelle.
Mettre du « je »
Al-Anon ne donne pas de solutions miracles mais quelques clés pour réussir à aller de l'avant. Le but est de remettre un peu de « je » dans une vie où la raison s'est évaporée dans les vapeurs d'alcool. « Avant de venir ici, j'avais un spot braqué continuellement sur mon mari. J'ai compris qu'il fallait sortir de ce cercle vicieux qui me détruisait et qui lui mettait la pression. Depuis mon changement de comportement, il a enfin l'espace d'être lui-même. » Noémie va dans son sens : « A trop être sur leur dos, à vouloir jouer les sauveurs, on devient des espions ou des maîtres chanteurs. C'est la tyrannie de la faiblesse qu'on appelle culpabilité. »
Al-Anon est également ouvert aux hommes, même s'ils sont plus rares à pousser la porte de l'association. L'orgueil peut-être. « Ils disent : "Ma femme est déprimée'' mais rarement "elle est alcoolique". Or, ce n'est pas en donnant des antidépresseurs qu'on soigne un malade de l'alcool. »
Le chemin de la guérison est souvent long pour retrouver une tranquillité d'esprit et une certaine joie de vivre. « J'ai connu trois maris, termine Noémie. Avant, pendant et après. Je ne connaissais pas cette dernière personne. » Comment a-t-elle fait pour rester toutes ces années avec lui ? « Je crois que je l'aimais suffisamment pour lui donner l'opportunité de me présenter l'être qu'il est en dehors de l'alcool », lâche-t-elle avant de conclure : « Je l'ai aperçu. »
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