Au fil des témoignages et des échanges, les nouveaux venus comprennent qu'ils ne sont pas les seuls à souffrir de ce fléau. Oscillant entre la honte et le besoin d'être là, ils vont oser se livrer davantage. "Au départ, j'étais dans le déni de la maladie, je n'admettais pas que j'étais alcoolique. Un jour alors que j'étais en train de boire à la plage, mon petit garçon a failli se noyer. Le papa a voulu prendre mon fils. Je ne savais plus quoi faire, j'étais vraiment désespérée. Je n'avais pas les moyens d'aller voir un psychologue, mais il fallait que je trouve quelque chose pour m'en sortir. J'avais honte, mais j'ai téléphoné aux Alcooliques Anonymes et j'ai osé y aller", admet la jeune Hanavei, qui vient depuis un mois chaque mercredi aux Alcooliques Anonymes.
Et si pour Hanavei la bataille contre l'alcool est encore toute récente, elle espère tenir bon et ne pas rechuter. "Samedi, je me suis lancé un challenge, je suis allée à une bringue. J'ai réussi à ne pas boire, je regardais les autres s'enivrer, cela me faisait bizarre, c'était un peu comme un film. J'ai résisté en pensant aux phrases que j'avais entendues ici. 'Le premier verre en entraîne un autre', 'chaque heure sans alcool, c'est déjà cela de gagné' (…). Ma mère est venue sentir mon verre, il y avait du jus, elle m'a dit qu'elle était contente pour moi", confie une once de fierté dans la voix Hanavei, consciente que le combat sera long.
*Par respect de l'anonymat, tous les prénoms ont été changés.