BELGIQUE, nivelles - palais de justice
in "Vers l'avenir" - 11 février 2011
La sanction financière qui pend au nez de l'automobiliste ivre au volant est lourde, mais moins que le poids moral en cas d'accident mortel
Un juge de police profondément humain, une substitute qui l'est tout autant et les Alcooliques Anonymes ravis de fêter leurs 75 ans de présence en Belgique par une rencontre originale au palais de justice. Tel est le résumé de la matinée d'hier à Nivelles.
Pour marquer les esprits, le greffe avait réuni plus de trente cas de conducteurs et conductrices surpris en état d'ébriété au volant. La salle regorgeait d'hommes et de femmes, parfois bien jeunes, ayant, un jour ou plutôt un soir, forcé sur la dive bouteille. Avec, aussi, des cas de récidive.
Les excuses communément alléguées (un anniversaire, un apéro plus long qu'annoncé, etc.) passent au second plan du message que le président Desoignies entend faire passer. «Comment réagiriez-vous si on vous éveillait au milieu de la nuit en vous annonçant que votre enfant a été renversé par un automobiliste dont le taux d'alcool était de 2,58 gr/litre de sang? C'est criminel de prendre le volant dans cet état.» Mme Kesteloot occupe le siège du ministère public. Son rôle consiste à requérir une peine contre le contrevenant tout en le mettant en garde, elle aussi, contre les risques de devoir puiser dans ses réserves pour faire face à l'amende éventuelle.
Le minimum est de 1100 euros, à multiplier par deux en cas de récidive. La déchéance qui pend au nez des habitués est de trois mois avec obligation de passer un double examen médical et psychologique.
Dans la salle, les mines s'allongent, mais les jugements rendus sur-le-champ ont pour effet de calmer la tension. Le juge a manifestement pour objectif de faire prendre conscience à ses interlocuteurs qu'il leur en coûtera bien moins de faire appel à un Bob ou à un taximan qu'à se hasarder à s'installer au volant.
Il manie moins le bâton que la carotte, prononce l'acquittement au bénéfice du doute, une amende ou une déchéance avec sursis, une peine de 100 heures de travail (sans amende, mais avec une déchéance de quatre mois) pour cet enseignant en maçonnerie (2,85 gr) en état de récidive. Il ajoutera, sourire en coin, qu'il espère qu'il apprend à ses élèves à ériger des murs droits.
Mme Kesteloot ne voit pas d'objection à ce jugement, mais elle tempère et tempête. «Attention, à la troisième comparution, une peine de prison sera requise... »
«C'est moi que vous cherchez?»
Tous les cas sont traités séance tenante sauf un. Un dossier «amusant». À Lasne, une femme avertit les policiers qu'un automobiliste circule en zig-zag. Ils arrivent 25 minutes plus tard. L'homme sirote un whisky à la terrasse d'un bistrot. Ce n'est sûrement pas le premier. Il se lève et apostrophe les pandores : «C'est moi que vous cherchez? » De fait, ils dressent PV pour ivresse, ce qu'a contesté son avocat. «On connaît ce policier qui est en croisade perpétuelle contre les automobilistes. Il a outrepassé ses droits. On ne peut intervenir que si l'automobiliste conduit, s'apprête à conduire ou est impliqué dans un accident. Ce n'est pas le cas. L'acquittement s'impose.» On saura si c'est aussi l'avis du juge le 3 mars.
Pour marquer les esprits, le greffe avait réuni plus de trente cas de conducteurs et conductrices surpris en état d'ébriété au volant. La salle regorgeait d'hommes et de femmes, parfois bien jeunes, ayant, un jour ou plutôt un soir, forcé sur la dive bouteille. Avec, aussi, des cas de récidive.
Les excuses communément alléguées (un anniversaire, un apéro plus long qu'annoncé, etc.) passent au second plan du message que le président Desoignies entend faire passer. «Comment réagiriez-vous si on vous éveillait au milieu de la nuit en vous annonçant que votre enfant a été renversé par un automobiliste dont le taux d'alcool était de 2,58 gr/litre de sang? C'est criminel de prendre le volant dans cet état.» Mme Kesteloot occupe le siège du ministère public. Son rôle consiste à requérir une peine contre le contrevenant tout en le mettant en garde, elle aussi, contre les risques de devoir puiser dans ses réserves pour faire face à l'amende éventuelle.
Le minimum est de 1100 euros, à multiplier par deux en cas de récidive. La déchéance qui pend au nez des habitués est de trois mois avec obligation de passer un double examen médical et psychologique.
Dans la salle, les mines s'allongent, mais les jugements rendus sur-le-champ ont pour effet de calmer la tension. Le juge a manifestement pour objectif de faire prendre conscience à ses interlocuteurs qu'il leur en coûtera bien moins de faire appel à un Bob ou à un taximan qu'à se hasarder à s'installer au volant.
Il manie moins le bâton que la carotte, prononce l'acquittement au bénéfice du doute, une amende ou une déchéance avec sursis, une peine de 100 heures de travail (sans amende, mais avec une déchéance de quatre mois) pour cet enseignant en maçonnerie (2,85 gr) en état de récidive. Il ajoutera, sourire en coin, qu'il espère qu'il apprend à ses élèves à ériger des murs droits.
Mme Kesteloot ne voit pas d'objection à ce jugement, mais elle tempère et tempête. «Attention, à la troisième comparution, une peine de prison sera requise... »
«C'est moi que vous cherchez?»
Tous les cas sont traités séance tenante sauf un. Un dossier «amusant». À Lasne, une femme avertit les policiers qu'un automobiliste circule en zig-zag. Ils arrivent 25 minutes plus tard. L'homme sirote un whisky à la terrasse d'un bistrot. Ce n'est sûrement pas le premier. Il se lève et apostrophe les pandores : «C'est moi que vous cherchez? » De fait, ils dressent PV pour ivresse, ce qu'a contesté son avocat. «On connaît ce policier qui est en croisade perpétuelle contre les automobilistes. Il a outrepassé ses droits. On ne peut intervenir que si l'automobiliste conduit, s'apprête à conduire ou est impliqué dans un accident. Ce n'est pas le cas. L'acquittement s'impose.» On saura si c'est aussi l'avis du juge le 3 mars.