FRANCE, var, sainte maxime
Paru aujourd'hui, mardi 19 janvier 2010, dans VAR-MATIN et NICE-MATIN

Vendredi soir, il y avait fête au sein du local des Alcooliques anonymes (« AA »), au premier étage de la maison des associations.
On y célébrait, en effet, les 25 années d'abstinence de l'un de ses membres les plus actifs, Jean-Claude, qui, grâce à la section maximoise de l'association, a pu, il y a un quart de siècle, se défaire de cette terrible addiction qu'est l'alcoolisme.
« Deux verres au réveil pour arrêter de trembler »
Et depuis tout ce temps, plus une goutte d'alcool. Tout cela valait bien un énorme gâteau orné de 25 bougies que ses amis du groupe ont soufflées avec lui. « J'étais maçon de profession. J'en étais arrivé à un tel point que le matin, il me fallait, au réveil, deux verres pour arrêter de trembler. C'était terrible. Ma femme m'a quitté plusieurs fois, mais, heureusement, elle est toujours revenue. Je suis arrivé à Sainte-Maxime en 1960. Un jour, ma femme a vu dans le journal une publicité pour les Alcooliques anonymes. Au début, j'y allais pour rien. Juste pour lui faire plaisir. Et puis, il y a eu un premier janvier, chez ma soeur dans la Drôme, où je me suis encore saoulé. Au matin, j'ai pris ma décision. Nous sommes repartis à Sainte-Maxime et je n'ai plus jamais bu. »
Une longue quête d'abstinence qui ressemble à un long parcours du combattant : « Je suis allé aux réunions pour moi et non plus pour les autres. J'ai appris à vivre autrement. Au début, j'ai dû prendre des vitamines et des calmants à base de plantes. J'étais très énervé. Et puis, ça a passé. Maintenant, je n'ai plus envie de boire. J'ai retrouvé ma famille, mes enfants, mon travail, la vie. Avant, la chose la plus importante pour moi, c'était ma bouteille ! »
Jean-Claude, qui - évidemment -veut rester anonyme, n'a pas peur toutefois de témoigner de son expérience. Et de la faire partager aux autres. « Aujourd'hui, je ne vis plus dans le mensonge, et même dans le vol. Je n'ai plus peur de prendre ma voiture. Et tout cela grâce à l'association. Grâce aux "AA", je suis vivant. Je serais certainement mort sinon. Lorsque je buvais, je faisais beaucoup de comas éthyliques. »
Aujourd'hui, Jean-Claude anime aussi les réunions du vendredi et du lundi. « Il faut accueillir les autres, les nouveaux, les soutenir et suivre le programme de l'association. A chaque réunion, nous proposons un nouveau thème, avec l'aide d'un modérateur. Cela aide beaucoup. »
Alanon, une association pour les familles et les proches
Vendredi soir, la réunion était ouverte. Tous ceux que la question intéressait ont pu se joindre à cette soirée. Un joli moment qui a permis à Jean-Claude de témoigner encore de son magnifique redressement.
Et s'il en est une dans son entourage qui est heureuse, c'est bien sa femme Patricia, qui a retrouvé son mari. « Moi aussi, je fais partie d'une association, précise-t-elle. Il s'agit d'Alanon. C'est le pendant des "AA" pour les familles et l'entourage des alcooliques. On y apprend comment se comporter. Comment vivre aussi pour soi, lorsqu'on a un alcoolique à la maison. C'est utile aussi pour les employeurs, pour savoir comment aborder un salarié qui a ce problème. Comme les "AA", c'est un programme créé aux Etats-Unis. Et c'est très bénéfique. »
Patricia avait appris à vivre avec l'alcoolisme de son mari. Mais le voir à présent - et depuis de si nombreuses années - si sobre est une somptueuse récompense. Aussi, vendredi soir, était-elle là pour lui témoigner de son amour indéfectible. Une belle récompense pour Jean-Claude qui, à présent, se dévoue pour les autres, ceux qui n'en sont pas encore sortis.
Maison des Associations
Route Jean Corona
83120 SAINTE MAXIME