GROUPE DE PAROLE : DES FEMMES FACES À L’ALCOOL
Elles sont sept femmes ce mercredi à participer au groupe de parole. Tout démarre par un tour de table pour prendre des nouvelles. Certaines sont abstinentes, d’autres luttent contre elles-mêmes presqu’à chaque instant pour ne pas boire. Aux commandes pour animer l’atelier, Rachida Messen, infirmière, et Elsa Taschini, une psychologue. Ici, on vient pour vider son sac. « Elles utilisent ce groupe de parole comme dépôt, elles déversent tout ici alors qu’elles mentent parfois à l’extérieur, aux autres », expliquent les professionnelles.
Catherine explique qu’elle n’a pas bu une goutte d’alcool depuis quinze jours. Elle a perdu son mari il y a un an et demi, doit s’occuper de son fils et quand la pression devient trop forte, elle s’assomme avec l’alcool. Depuis dix ans, elle se rend régulièrement à des réunions des Alcooliques Anonymes.
Marie prend alors la parole. S’ensuit le récit d’une descente aux enfers entre pression professionnelle et vie de maman solo. Elle raconte comment elle a perdu son boulot et son permis le même jour. Un déclic ? En tout cas, elle ne boit plus une goutte d’alcool depuis 15 mois. Son témoignage est précieux pour celles qui viennent de commencer à se soigner.
La plus jeune des participantes a une vingtaine d’années. Hospitalisée, Sandra ne sort que pour venir assister au groupe de parole et s’inquiète de l’avenir de son histoire d’amour : « J’ai vu mon copain : il dit qu’un truc est cassé entre nous. Quand il était à la maison, je buvais derrière son dos. Il m’en a voulu de lui mentir : quand il me disait ‘tu as bu ?’, je répondais ‘non’. Je n’en pouvais plus, je buvais même au travail. » Gwen explique qu’elle connaît bien ça : « Je prends une petite bouteille de vin blanc dès 10h pour me donner du courage avant d’aller bosser »....
reportage sur ELLE.FR
