Prendre des permanences

Publié le par kreizker

in "Le BIG" (Bulletin des Intergroupes Paris-Banlieue), n° 344, novembre 2013

 

 

Chers amis,

Depuis quelques années, on entend ici et là dans la Fraternité, « il y a de moins en moins de serviteurs, on ne vend plus de littérature, les contributions sont en baisse ». Des groupes ferment, il y moins de réunions à Paris qu'il y a dix ans.

Parallèlement, on déplore de plus en plus de trous sur les feuilles de prises de permanences. Il y a dix ans, il y avait en moyenne 3 tranches de permanence inoccupées par mois, soit douze heures.

Depuis le début de l'année, la moyenne des tranches inoccupées est de douze tranches par mois, 48 heures, 4 journées complètes. Si on multiplie par douze mois, cela fait 48 jours. Un mois et dix-huit jours de fermeture pour la permanence. C'est beaucoup si on considère que nous promettons une réponse 365 jours sur 365 !

Il faut se rappeler que 80% des amis sont arrivés par le biais de la permanence. Donc, il y a de moins en moins de nouveaux qui arrivent en AA. Il y a dix ans, le secrétariat de l'intergroupe vendait 170 enveloppes par mois en moyenne. Chaque année depuis, le nombre a baissé, inexorablement. Depuis le début de l'année, le chiffre est tombé à 85, autrement dit la moitié, exactement.


permanence 

 

Or, ce sont les nouveaux qui achètent la littérature, qui témoignent de leur gratitude en mettant dans le chapeau tous les jours, et qui prennent du service dès qu'ils ont compris que c'est bon pour eux. On entend aussi: «la société est de plus en plus individualiste, les gens viennent consommer du AA, etc.. » Prétextes.

Bill disait que si le monde extérieur entrait en AA nous serions en danger. Même si la société change, nous avons un programme de rétablissement, nous sommes un mouvement d'entraide de malades. D'entraide. Si nous l'oublions, si nous oublions de le transmettre, si nous oublions que d'autres ont maintenu vivant cet héritage pour que nous puissions en bénéficier, alors nous jouons avec le feu.

Nous sommes tous concernés, anciens, moins anciens et nouveaux venus. Si nous laissons tomber la permanence, c'est AA dans son entier que nous mettons en péril.

Paraphrasons les indiens d'Amérique en disant que nous n'avons pas reçu le programme des anciens, mais que nous le gardons pour ceux qui souffrent encore, et qu'il leur appartient. Si nous n'en tenons pas compte nous risquons de les rejoindre. Je n'y tiens pas.

Publié dans AA france

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