Reportage aux alcooliques anonymes du Havre

Publié le par kreizker

in "Le Havre Infos", 7 juin 2012

Au Havre, les Alcooliques anonymes proposent des groupes de parole ouverts aux hommes, femmes et jeunes...

Toujours encadrés, ils réapprennent à « vivre heureux », sans plus jamais boire une seule goutte.

 

Les Alcooliques anonymes (AA), association de rayonnement national, possèdent aussi des groupes de parole au Havre : « Tous réunissent des malades de l’alcoolisme. C’est notre force. Car chacun d’entre nous connaît la souffrance dont on vient se libérer. Et la parole, de fait, peut s’exprimer sans crainte d’un jugement », commentent d’emblée Véronique P., déléguée régionale et Patrice D, correspondant média.

L’usage du nom, vous l’aurez compris, est proscrit. Aux Alcooliques anonymes, quelles que soient les circonstances, l’anonymat est préservé. Franchir les portes de ces groupes de parole, ces deux représentants associatifs le disent volontiers : ce n’est pas une évidence en soi. Un numéro indigo (08 20 32 68 83) est donc mis à la disposition du public. Au bout du fil, un permanent, toujours, qui peut proposer à l’appelant un accompagnant pour sa toute première visite.

 

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“Cela m’a paru insurmontable”


Véronique se souvient, elle aura mis quatre ans à revenir vers les AA à l’issue de la toute première réunion. « J’étais en vraie souffrance et j’avais à exprimer une vraie demande d’aide. Mais dans cette association est défendu le principe du zéro alcool. Un programme de rétablissement nous est proposé. Si l’on vient avec l’envie de se rétablir, il faut imaginer pouvoir passer ne serait-ce qu’une journée sans boire une goutte d’alcool. Je vous assure, cela m’a paru insurmontable. Je ne voulais pas dire adieu à l’alcool ». Véronique capitulera seulement quatre ans plus tard.

« Et c’est une vraie capitulation. J’ai enfin admis que l’alcool était plus fort que moi. Nous nous disons capables de le gérer. C’est tout simplement insensé ». Patrice, dans le même élan, insiste sur le fait qu’un malade alcoolique n’est jamais guéri. « Le petit verre de champagne que l’on prend en famille, c’est pour beaucoup le verre de la fête. Pour nous, il peut être le verre de la mort ».

Abstinents depuis bon nombre d’années, ces deux représentants d’AA du Havre souhaitent que leurs témoignages incitent de nouvelles personnes en souffrance à rejoindre l’association, dont les jeunes de plus en plus soumis aux risques de l’alcoolisme. En France, c’est reconnu, 10% des gens sont malades alcooliques.

Publié dans AA france

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