"L’efficace et bénéfique cocktail des Alcooliques Anonymes"

Publié le par kreizker

in "L'Avenir" (Belgique), 6 Novembre 2019

La convivialité avec les biscuits, le café et les jus, la chaleur humaine et l’écoute… La recette des «AA» fonctionne.

La convivialité avec les biscuits, le café et les jus, la chaleur humaine et l’écoute… La recette des «AA» fonctionne.

Solidarité, franchise, bienveillance et tasse de café: la recette des Alcooliques Anonymes pour affronter la maladie. Reportage, en réunion, à Bouge.

Le café est bien au chaud, les petits biscuits sont à portée de main. La réunion hebdomadaire n’a pas encore démarré mais la grande majorité des habitués sont déjà là, bien avant l’heure. «La porte des Alcooliques Anonymes est toujours ouverte», rappelle Lucien qui a rejoint le groupe de Bouge, il y a quelques années. «Mais on veut aussi donner l’occasion à d’autres personnes de venir poser des questions, découvrir ce que l’on fait, en quoi on peut être utile.»

La clochette retentit, la réunion peut démarrer. C’est stucturé, ordonné. Mais aussi très direct, franc et vivant. Gisèle trouve les mots justes et touchants pour expliquer comment elle a perdu pied pour sombrer dans l’alcoolisme. Un compagnon qui décède brutalement dans un accident, un frère qui décide de mettre fin à sa vie… Et voilà comment on peut basculer. «Avec ce petit verre de rouge qui faisait tellement de bien avant et puis pendant le repas», détaille-t-elle. Avant que cela ne devienne «les fonds de bouteilles de la veille, bus à sept heures du matin» ou «les cubis dans le coffre, à la place de la roue de secours pour pouvoir boire à n’importe quel moment de la journée.»

Cette femme a aujourd’hui retrouvé une belle assurance. «Cela fait mille jours», totalise-t-elle, sachant que le combat se mène un jour à la fois.

Raymond, artisan réputé dans la région namuroise, parlera de ses Chimay bleues, et ses petites bouteilles de whisky, pour tenir le coup quand le boulot se fait trop pressant. Gisèle et lui rappellent que le déclic, le sursaut, doit venir de soi-même. Mais parfois, un regard, un événement, une parole peut aussi jouer le déclencheur. «On ne peut forcer personne à nous rejoindre», rappelle le coordinateur de la section bougeoise. «Si quelqu’un est un peu en demande, n’hésitez pas à laisser une brochure, un peu de littérature. C’est comme une graine que vous semez…»

Cette dame est venue aux renseignements lundi soir. «Si on ne fait rien, mon frère va bientôt y passer»,souffle-t-elle. «Mais je n’en peux plus. J’ai déjà essayé beaucoup de choses. C’est moi aussi qui risque d’y rester.» Avec une infinie bienveillance, les membres interviennent pour donner des conseils concrets, précis. «Parce qu’on part tous de notre vécu», rappelle ce senior qui avoue avoir lui aussi «touché le fond». Il n’y a pas de remède miracle contre l’alcoolisme, maladie aux causes et formes tellement variées. Mais les AA semblent détenir les recettes de potions qui ont déjà fait leurs preuves.

Pour préserver l’anonymat des participants, nous avons utilisé exclusivement des prénoms d’emprunt.

Publié dans AA Belgique

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